‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 426 sur 534 · LA PHILOSOPHIE DE HEGEL A SCHOPENHAUER · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE DE HEGEL A SCHOPENHAUER

eu relles. Après avoir quitté le gymnase et fait son volontariat,

tra à l’école d'artillerie de Berlin, mais son tempérament .

difile: fit renoncer à la carrière militaire. Il ne veut pas, ndant, laisser supposer à ses lecteurs que son pessimisme dû, même en partie, à son état de santé. Voici ce qu'il dit de iême et de son genre de vie, à la fin d'une de ses Études : mMemme bien-aimée représente, dans notre ménage, l’élént pessimiste. Tandis que je défends la cause de l’optisme évolutionniste, elle se déclare sceptique au progrès. A spieds, un bel et florissant enfant, qui s’essaye à combiner semble les verbes et les substantifs, joue avec un chien, son èle ami. Il s’est déjà élevé à la conscience que Fichte prête Moi, mais ne parle encore de son moi, comme Fichte le fait lvent lui-même, qu’à la troisième personne. Mes parents et IX de ma femme, ainsi qu'un cercle d'amis choisis, partagent animent nos entretiens et nos plaisirs ; et un ami philosophe ait dernièrement de nous : « Si l’on veut voir encore des ages satisfaits et joyeux, il faut aller chez les pessimistes !. » iy à vraiment pas de quoi consacrer des volumes, comme afait, à la réfütation d'un pessimisme qui se présente sous ouleurs-là. Édouard de Hartmann avait vingt-deux ans lors- Se mit à écrire la Philosophie de l'Inconscient, qu'il publia ans après, en 1867 ?, Qu'est-ce que l’Inconscient? C'est la itéde Schopenhauer, conçue comme substance universelle ; urrait dire l'Idée de-Hegel, devenue inconsciente en paspar Schopenhauer. Il y avait là à peine un système; en tout ’omme l’auteur l'avoue dans la préface qu'il composa pour ion française, ce n'était pas un système mûri par la tion et par le lent travail des années. Aussi, quel besoin magne avait-elle d’un système nouveau? Mais le charme du est précisément dans ce qu'il a de peu systématique, quoi-

soit parfaitement ordonné dans l’ensemble. Une flamme

Mate, Hamlet, Mephistopheles, drei Aufsätze zur Naturgeschichte des ismus, 2e éd., Stuttgart, 1901. — Foucher de Careil, Zegel et Schopenhauer,

862. — Ribot, Za Philosophie de Schopenhauer, Paris, 1834. — Caro, Le. Msme au XXe siècle, Paris, 1878. — A, Bossert, Schopenhauer, l'homme el:

osophe, 3° éd., Paris, 1912; édition allemande par Fr. Norden, Dresde, 1905. fudien und Aufsätse: Berlin, 1876.

ie Philosophie des Unbewussten, Berlin, 1869.

Müilosophie de l'Inconscient, par Édouard de Hartmann, traduite de atemañé

sédée d'une introduction, par D. Nolen; 2 vol., Paris, 1897. — A consulter : Ws, £. von Hartmanns philosophisches System im Grundriss,Hoidelberg, 1902. JS

is n augmenta Pas DEN le nombre des re

. pour elle= -même. Un Français adopte une Para

/ vent, rêve sa philosophie, mais il si bien qu'on se Re

fines, sur le rôle de l'inconscient dans nétinet 4 da dans les fonctions organiques de l’homme et même dans opérations intellectuelles, daris la création du langage, dän: institutions religieuses, dans tout le développement de l'histe Même le dernier tableau, où il montre l'humanité arrivée terme de son évolution, fatiguée de vouloir, de penser: vivre, ne demandant plus qu’à se reposer dans le néant d'où a été tirée malgré elle, n'est pas sans une certaine, /granc poétique, à condition qu'on le considère comme : Je pur | d'une imagination oisive. | Fe DT |

La Philosophie de l'Inconscient eut un succès immense, : seulement auprès des savants, mais parmi touùt lé publie let

réttire et la dat: Il ÿ a dans. tout Allemand à ñ Re faculté métaphysique spéciale, qui veut étre exercéee

rêve, ét que, pour agir, il faut avoir les yeux ouverts Ana a fréquenté plus ou moins la cité idéale do Schopenhauer, la cité bâtie dans les nuages: il ya laissé

1. Eugène Dühring. — Que le pessimisme ait été combattu par les | philoso idéalistes et par les théologiens, cela ANA ae mais il a aussi rs

publia, en 1865, son livre sur Za Valeur de a vie o (Der Wert dos ga titre indique assez le contenu. L'idée de Dühring est que la vie est. ses joies comme dans ses poines et dans ses devoirs, à condition de pour ce qu'elle est et de ne pas lui demander ce. qu ‘elle ne peut don causes du pessimisme est, selon lui, la déception qui a succédé aux idéalisme Seat Dühring a eu d’ardentes à see ni

artiste qui sait composer un livre. pa philosophe. il sb lo entre Schopenhauer et Nietzsche.

Et CHAPITRE W E

N LITTÉRATURE AU MILIEU DU XIX° SIÈCLE “ LA POÉSIE LYRIQUE ET NARRATIVE

idésie allemande après la Jeune Allemagne; influences politiques. |lä courte agitation de 1840. Robert Prutz. Glassbrenner. La révo- .ution de 1848. La réaction. — 1. La poésie politique. Les chansons de Hoffmann de Fallersieben. Freiligrath; son style. Herwegh. &inkel. Dingelstedt. — 2. L’anacréontisme. Geibel; ses modèies ; son \nfluence. Hermann Lingg. Albert Træger. Jules Grosse. Oscar de Redwilz. Gustave de Putlitz. Otto Roquette. — 3. Jules Mosens ses boëmes et ses poésies lyriques. Annette de Droste-Hülshoff; son l'äractère; son originalité. — 4. La poésie populaire; les Silésiens : Holtei et Kopisch. Le poète peintre Reinick. Simrock et ses adaptaions d'anciens poèmes. — 5. Les dialectes. La poésie des Dithmarles Klaus Groth; le Quickborn. Fritz Reuter; sa vie; ses récits en |Vse ; son art et son style.

lus avons laissé la poésie allemande entre les mains de la le. Allemagne. Cé groupe d'écrivains, peu compact en lui- (ie, obéissait cependant à une impulsion commune. Pénétrés 1étte idée, que la littérature n'avait pas le droit de s’isoler sur

sommets de l'idéal}, ils voulaient la faire entrer résolument dans ,/

lélée des opinions et des partis. Jusque-là, la littérature alle- | ide avait trouvé en elle-même la loi de. son développement. >S“s'être violemment affranchie dans la période Sturm-und- V4 ! g,élle s'était constituée dans sa pleine originalité à Weimar, ,/ 1éavait trouvé un idéal nouveau, qui n’était ni celui de la France AAC siècle, ni celui de la Grèce de Périclès. Elle avait passé l'ile, en remontant à ses origines nationales, de la forme clasjà la forme romantique. Ces états successifs n'avaient été | les phases d'un mouvement régulier, tout intérieur, pour Ildire, et sur lequel les événements du jour n'avaient pas __ R

sa #4 aînée; elle était ns en général, indépendanté politique. DR,

A partir de 1835, la date de l'entrée en scène presque sol nelle de la Jeune Allemagne, les rapports sont changés. La li rature, moins dépendante de la philosophie, marque au contre toutes les étapes du mouvement politique et social. Deux ide deux grandes préoccupations, régnaient sur les esprits dep 1815, et elles s'imposèrent avec une force nouvelle aprèsles tations de 1830 : l'unité nationale et la liberté é politique. Sel nl circonstances, l'une où l'autre de ces idées se se mit désorn is

mande. En 1840, quand la question d'Orient ne q ment de mettre aux prises les grands États dé l'Europe, tous regards se portèrént, en Allemagne comme en France, frontière du Rhin‘. Un pauvre greffier des environs d'Aix: pelle, Nicolas Becker, écrivit alors la chanson du Rhin al dédiée, on ne sait pourquoi, à Lamartine, et à laquelle ; Musset ne dédaigna pas de répondré. Elle fut aussitôt dans les réunions d’étudiants?. La chanson politique est,.det les genres, celui qui supporte le mieux la médiocrité: l'enthe siasme de ceux qui la chantent supplée.à l’indigence de ce ui la compose. Une autre chanson, sentimentale et obscure, cellé Schleswig-Holstein « enlacé par la mer, gardien fidèle de la ve «allemande », n'eut pas-moins de succès®. Les revendicatic libérales fdfénl provisoirement ajournées. Robert Prutz, histor distingué de la littérature, poète lyrique et dramatique estimak protesta contre le pangermanisme, dans une pièce de vers était malheureusement trop longue pour* devenir populaire. disait, dans son style un peu diffus : Perl

Qui donc, aujourd’hui, a le droit de chanter — le libre Rhii fils de l'Allemagne? — Oh!ces chansons qui sonvent si vaill — par l'Éternel! je les trouve dérisoires. — Si vous voi müûrement — cette fière parole qui est tombée de vos lèvn

le lil

1. Voir Ch. Petzet, Die Blüteseit der deutschen politischen Lyrtk, 9. Nicolas Becker, gaté par son succès, publia, l'année suivante, vers (Cologne, 1841), qui donna la vraie mesure de son talent.

3. Fle est de deux auteurs qui ne sont pas autrement connus, Stras nitz; le Second remania l'œuvre du premier |

LA LITTÉRATURE AU MILIEU DU XIX° SIÈCLE. 949 NT LE < ù uriez qu’à baisser les yeux, — avec des larmes amères de colère et Le nte. L s lest à vous que je m'adresse, princes et Vassaux, — qui tenez notre bdans vos mains, — à vous, Allemands, que vous soyez près ou WäNOuS tous — en quirespire un souffle de vie allemande. — C’est dord avec vous-mêmes qu'il faut entrer en lutte. — Si vous voulez

nul cri rauque ne dérange — ni ne trouble le Rhin dans son

rSpaisible, — soyez d’abord vous-mêmes Allemands et libres 1.

“horizon politique se rasséréna plus vite qu'on ne l'avait cru. Rhin continua de couler paisiblement entre ses bords, et le iple allemand s’abandonna pendant quelques années au senent de sa sécurité présente. On entendit bien parler encore irits supprimés ou mutilés par la censure, de fonctionnaires titués, de patriotes expulsés; mais on se résigna, tout en se ignant un peu, à des abus qu’on: avait longtemps supportés en

nce. Le satirique Glassbrenner, dont les feuilles volantes ont

usé les Berlinois pendant plus de vingt. ans, mettait en scène ion peuple dans les strophes suivantes :

ichel, pourquoi pleures-tu, — pleures-tu si fort? — « Parce que je éprouve aucun plaisir — à porter la muselière. = C’est pour cela 1e je pleure, — que je pleure si fort. »

ichel, pourquoi pleures-tu, — pleures-tu si fort? — « Parce que je lis chargé de mille liens — et partagé entre trente-six Etats, — C'est our cela que je pleure, — que je pleure si-fort. »

à LS « Wer hat nun Recht, zu sagen und zu singen

-« Vom deutschen Rhein, vom freien deutschen Sohn ? « O diese Lieder, die so mutig klingen,

à « Beim ew’gen Gott! sie dünken mich wie Hohn.

| 2e « Ja, wolltet ihr erwägen und bedenken,

| « Welch stolzes Wort von eurer Lippe kam,

1% « Ihr müsstet ja die Augen niedersenken

‘4 « Mit bittern Tränen, voller Zorn und Scham.

| 2 « Euch ruf’ ich an, 1hr Fürsten und Vasallen, 4 | «In deren Händen unser Schicksal liegt!

ai « Euch Deutschen gilt es, nah und fern, euch allen,

« So weit ein Hauch aus deutschem Munde fliegt,

« Mit euch zuerst müsst ihr den Kampf beginnen!

« Soll unverführt von heiserem Geschrei F

« Und ungetrübt des Rheinés Welle rinnen; |

« So seid zuerst ihr selber deutsch und frei! »

bert-Ernest Prutz (1816-1872), professeur à l'université de Halle, plus tard Ma Stettin, sa ville natale, a publié une Histoire de l'École de Gattingue tig, 1841), une Histoire du journalisme, inachevée (Hanovre, 1841), une Vie de #4 avec un choix de ses comédies (Stuttgart, 1857), enfin une Aistoire de la ‘ature allemande entre les années 1848-1858 (Leipzig, 1859). Son meilleur ouvrage atique, Eric le roi des Paysans, a pour Sujet les troubles civils qui suivirent | t de Gustave Wasa

» Bossenr. — Hist. de la littér. allemande, 30

Michel, pourquoi pleures-tu, — pleures-tu si tortt = — « Pas « répandu mon sang — et qu ‘on m'a filouté de mon droit. — C « cela que je pleure, — qué je pleure si fort don

Un dernier effort se fit, en 1848, plus puissant qu 100 dents, et qui, du moins en Prusse, ne fut pas tout à fait Puis commença une période de réaction et de fatigue; elle jusqu’en 1866, où l’unité se réalisa, non plus par le libre é la nation, mais par la conquête militaire. Une petite s'éleva, ne ee pas les ie libérales, mais les x

due ton une école de dei tint dà la fois clas romantique par ses antécédents. On l’a appelée l'école an tique, parce qu’elle visait avant tout aux agréments de la Geibel en est le principal représentant; il était bien dans rant de l’époque, lui qui, dans un sonnet, souhaite à l'Alle: «un homme seulement, un descendant des Nibelung « réalise d’une main de fer ce qu'ont vainement tenté les « de tirailleurs des poètes et l’omniscience des journaliste

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