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LES DIALECTES

Les dialectes de la Haute-Allemagne avaient pénétré dans littérature avec Hebel et les poètes autrichiens; ceux de la Bass Allemagne y furent introduits un peu plus tard par Klaus Gro et Fritz Reuter. Mais l’œuvre de ceux-ci était plus délicate q celle de leurs prédécesseurs. Les dialectes de la Haute-Allemag étaient plus près de la langue littéraire ; ils pouvaient plus facil ment empiéter sur elle, lui emprunter certaines ‘tournur: certaines formes de versification; ils pouvaient s’adapter aus sans trop d'effort, à un ordre d'idées qui n'étaient pas cisément celles du peuple. Il suffit d'ouvrir, à-la premièri venue, les poésies allémaniques de Hebel, pour voir ce qu main délicate peut ajouter au fonds primitif d’un lang provincial, De plus, la parenté du dialecte avec la lang raire crée d’abord un lien entre le poète et le lect poésies de Hebel, dites à haute voix, sont comprises de t mand, à quelque région qu'il appartienne, lors même. tains passages l’arrêtent à la lecture. Il n'en est pas de pour Klaus Groth et Fritz Reuter. S'ils veulent être cons avec eux-mêmes, ils ne peuvent exprimer dans leur idiom allemand que les idées et les sentiments dont cet idiome truchement naturel. Autrement, ils ñe sont que des tradu et leur œuvre est artificielle. :

Klaus (ou Nicolas) Groth s’est fait l'interprète de ce petit pe des Dithmarses, qui occupe les terres basses comprises entre le: bouches de l’Elbe et celles de l’'Eider, un peuple de pâtres € À pêcheurs, de vieille souche saxonne, qui avait défendu son indé

I. Éditions. — Gedichte, Elberfeld, 1856 (augmentée dans les éditions si — Neue Gédichte, Leipzig, 1872. de

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idance jusqu’à la fin du moyen âge contre les évêques de me et de Schleswig, les rois de Danemark et les ducs de Stein. Il est né à Heïda, en 1819; il dirigea pendant sept ans école de filles dans sa ville natale, fit ensuite un voyage à vers l'Allemagne, séjourna quelque temps à Bonn et à Dresde, levint, en 1866, professeur à l’université de Kiel; il mourut 1899. Klaus Groth publia, en 1852, son premier recueil de sies, sous le titre de Quickborn; c'était une source vive, penal, où l’âme du peuple s’épanchait librement, où se réflétait ert paysage des dunes !. Il faut bien reconnaître que cà et là filet d'eau classique ou romantique se canalise dans la source mais, en général, le flot est pur, et le ciel se mire dans sa té. Le Quickborn fut suivi de Récits ?, et eut lui-même une onde partie en 1870. Klaus Groth ne se contente pas de trare, dans des chansons, dans des idylles, dans des élégies, les ples impressions des paysans au milieu desquels il a longps vécu ; il remonte aux origines de leur histoire, il raconte luttes de leurs ancêtres contre de puissants voisins. Alors il se dans les chroniques, et il met en dialecte ce qui a été dit mitivement en langue littéraire, ce que lui-même peut-être a Jord pensé en langue littéraire. Il est persuadé que tout tse dire par la bouche d’un Dithmarse: il le démontre même iquement, et il fournit les preuves à l'appui. Dès lors, toute itanéité cesse; le critique prend la place du poète, et l’œuvre ‘ent un pastiche à.

‘itz Reuter n’a jamais disserté sur la noblesse du langage ulaire; il aimait celui de son pays, et il ne le séparait pas, 3sa pensée, des gens qui le parlaient. « Mes poésies, » dit-il, nt des gamins de la rue. Qu'ils sont vilains! dit la baronne ii les regarde de loin avec sa lorgnette, et qui détourne les ux avec dégoût; elle ne trouve pas la moindre trace dehaute ture, pas le moindre trait romantique dans la physionomie de tte canaille. » Pourtant cette « canaiïlle » se montre capable

in haut-allemand, Oueckbrunnen ; voir le sonnet d'Opitz Ueber den Queckbrunüm Buntslau in Schlesien.

lertelin, 2 vol., Brunswick, 1855-1859,

loir : Briefe über Hochdeutsch und Niederdeutsch, Kiel, 1858; Ueber Mundarnd mundartliche Dichtungen, Berlin, 1873, — Il faut citer encore l'idylle eter maïister Lamp un si Dochder (Hambourg, 1862). — Les poésies, Hundert #{Hambourg, 1854) sont écrites en haut-allemand. — À consulter : A. Bar- Klaus Groth, Leipzig, 1899.

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de sentiments profonds, qu elle exprime à sa maniè ra compose d'abord de que figures tout à fait qu |

dé 1 le dell d’une longue expérience. fl pr né en. Stavenhagen, petite ville du Mecklembourg-Schwérin, confins de la Poméranie. Son père, qui était bourgmesf re, municipal et propriétaire campagnard, voulait le préparer succéder un jour dans sa fonction et dans sa culture; sil le donc à Rostock et ensuite à Iéna, pour étudier le d jeune étudiant avait pu suivre son goût, il se seraît Ù Pour donner un aliment à son imagination, il entra AD GRIQ une Asspoa or où l'on discourait HE + b

«e que nous portions aussi en plein j jour qe couleurs nati L La Germania fut dissoute en 1833; Reuter retourna dans mais il eut ensuite l'imor does de se rendre à Ber trouvaient quelques-uns de ses collègues les plus co ñ futarrêté; son procès dura un an, et se termina par Antique à ï mot qui fut commuée en trente année

ceur, tantôt surveillé comme un criminel, selon Th gardien. Enfin, en 1840, il profita de, l'amnistie pi Frédéric-Guillaume IV inaugura son règne; encore fa tervention du grand-duc de Mecklembourg pour le. L mains de ses geôliers. Sa carrière était à recomme ro années de réclusion ne l'avaient pas rendu plus dispo pour vail. Îl se remit d’abord au droit, à à Heidelberg, mais sans Puis il se fit agriculteur, ou strom, comme on disait en mand, dans les domaines de sa fmtie Son père m 4845; la fortune qu'il laissait se trouva moins. considérable ne l'avait pensé; il fallut vendre les propriétés. Pend: It q années, Fritz Reuter vécut d'expédients ; mais sa bonne son esprit de repartie, son talent d’improvisateur partout bien accueillir. Enfin, en 1850, voulant épouser. d'un pasteur, il dut se créer des ressources; ils’ "établit à

“4 LHÉRATURE AU MILIEU DÜ xIX* SILCLE. En

Poméramie, et donna des leçons; en même temps, l'idée lui t, ou plutôt lui fut suggérée par ses amis, de faire imprimér historiettes qu'autrefois il débitait devant ses hôtes. C'est igine de ses Drôleries en vers !, où l'esprit local: s’exprimait IS.sa crudité naïve. Klaüs Groth lui reprochait, avec une vivaqui n’était pas exempte de jalousie, d’avilir le langage popueet de faire de la Muse «une gardeuse de vaches ». Les paysans Mecklembourg et de la Poméranie furent d'un autre avis; ils rachèrent le livre, et bientôt les gens du monde suivirent Mexemple. Dans ces simples histoires, d'une gaîté franche, gnée de toute effronterie comme de tout sarcasme, se lait un fonds de poésie agreste d'une étrange saveur, et la weauté de certaines images montrait quelles ressources d’exssion la nature humaine tient toujours en réserve pour qui les découvrir. Encouragé par le succès, Fritz Reuter écrivit ore d'autres contes en vers, même deux comédies; puis il imenca ses récits en prose, les Vieilles Histoires ?, qui fondèdéfinitivement sa renommée. Dans l'intervalle, il avait isporté son domicile à Neubrandenburg; plus tard, il se fit struire à Eisenach, au pied de la Wartbourg, une élégante où il mourut en 1874. Les meilleures parties des Vieilles otres sont celles que l’auteur tire de son expérience personlé: Du temps de la guerre contre les Français, Mes unnées de forte- 2, et son chef-d'œuvre : Du temps où j'étais fermier *. Fritz Reuter mte peu; il observe et il peint. Il assemble les faits, sans ne chercher à les grouper; il ne compose pas. Ses plans sont eine suivis; son récit est coupé d'épisodes, et les épisodes Bsouvent plus intéressants que l’histoire. Son art se montre out dans la manière de présenter les personnages; en quelsmots, il les met en scène; par quelques traits, il nous les Voir. Il sait même diversifier leur langage, nuancer leur dia-

Läuschen un Rimels, Wismar, 1853. — Neue Folge, Neubrandenburg, 1858. — 10t Lüäusche n'a pas de correspondant én haut-allemand.

Olle Kamellen, sept parties, Wismar, 1860-1868. Littéralement, vieilles camoss oubliées au fond d'un tiroir, où elles ont perdu leur saveur et leur parfum. “une expression courante dans le Nord, pour désigner une chose surannée, itue. Il n'est pas nécessaire de penser, comme le fait M. Albert Sorel, aux iS-calmantes de la camomille, à ces « bons remèdes domestiques qui chassent vapeurs et remettent les sens en équilibre ». (Revue des Deux Mondes, ars 1869.)

44 Franzosentid, 1860; Ut mine Festungstid, 1862; Ut mine Stromtid,

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