‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 452 sur 534 · FL. DE · texte numérisé non relu

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990 SOA RÉALISME ET LE NATURALISME, faits : c'est comme un théorème inscrit en tête du livre, e le Suit est la démonstration. « Il faut, » dit Spielhagen dan: Théorie du roman, « il faut que le romancier ait un point de y « déterminé. Ce qu’il peut y avoir de plus heureux pour luretm « ses lecteurs, c’est qu'il se tienne fermement à son point de v « il est aussi à souhaiter, sans doute, que ce point de vue $ « élevé ?. » Fa

Frédéric Spielhagen est né à Magdebourg, en 1829; il fut élev Stralsund, et il visita les universités de Berlin, de Bonn, de Grei wald, sans s'attacher à une faculté spéciale, et, du reste, étant peu à la vie bruyante des étudiants. Il fut quelque ten précepteur en Poméranie, puis officier, puis professeur dans u école de commerce de Leipzig, sans pouvoir prendre goût à aucu carrière, même libérale. À partir de 1862, il vécut à Berlin, en! rement consacré à son œuvre littéraire, qui est très considérab Il a mis beaucoup de lui-même dans le grand roman qui a fon sa renommée, les Natures problématiques ?. Ces natures sont, réalité, des déclassés, mais des déclassés mystérieux, de. te sorte qu’on ne sait si la faute de leur inaptitude sociale doit Le être imputée à eux-mêmes ou à la société dans laquelle ils vive Le livre à pour épigraphe une parole de Gœthe : « Les natu « problématiques sont des gens qui ne. sufisent “entièremen « aucune des situations où ils se trouvent, et à qui aucune situat « ne suflit; il en résulte une contradiction énorme, dans laque « ils consument leur vie sans en jouir.» Les personnages roman sont multiples; au premier plan nous voyons un jet homme, Oswald Stein, qui vient de terminer ses études unive taires, et qui entre comme précepteur dans une. famille nol et un philosophe pessimiste, le docteur Berger, qui le prend amitié à cause de l'indépendance de son jugement, et qui sera : mentor. Oswald est un héros accompli; il n'est que trop par il a trop de qualités pour en cultiver aucune; ses facultés se k équilibre, se gênent réciproquement, et le réduisent à l'in tion. Il entre dans la vie comme Wilhelm Meister, il en sont comme Werther, et, en passant, il prendra modèle Sur DEL Jui car comment le cœur des femmes serait-il insensible à la de son esprit et à l’élégance hautaine de ses manières? Il ar

1. Beiträge sur Theorie und Technik des Romans, Leipzig, 1883. : 9. Problematische Naturen, 4 vol., Berlin, 1860; seconde partie, Pure zum Licht, 4 vol., Berlin, 1861.

NS

… LA LITTÉRATURE AU MILIEU DU XIX° SIÈCLE. 991 Mä peu au même point que le docteur, qui a fait les mêmes ériences que lui sans avoir eu les mêmes succès mondains, 18, deux trouvent la mort sur une barricade, pendant les Pnées de mars 1848. « Mon cher ami, » dit le docteur à Oswald Issune des premières pages, « le livre de la vie, pour des ens de notre espèce, porte le même titre qu'un roman de fuzac, les Illusions perdues ; chaque jour y inscrit un nouveau hapitre, et plus le livre est court, plus il est intéressant. » Celui itils ont fourni la matière à Spielhagen n’est pas précisément ut, mais il contient beaucoup de parties intéressantes; 1l est it dans un style vif, toujours élégant, souvent humoristique. reproché à Spielhagen de n'être pas resté fidèle à son titre lavoir mélé à son récit des personnages dont le @ractère n’a ide problématique ; mais c'est peut-être un des mérites du le de donner parfois carrière à la fantaisie et de ne pas trop (laquemurer dans une formule.

lus tard, Spielhagen prit des allures de plus en plus démonstives. On peus passer sur les De Hohenstein, qui sont plutôt &satire qu'une peinture de l'aristocratie allemande. Dans les t et Marteau et Enclume marquent leur intention didactique s le titre même !. « Il y a dans tous les pays, » dit un Minage du premier de ces deux romans, « dés hommes qui ont bons, et ces hommes forment une seule grande armée; hacun n’est qu'un soldat dans les rangs. Se sentir les coudes droite et à gauche et marcher au pas, et, lorsqu'on commande 'attaque, crier houtrah du fond de sa poitrine et se jeter sur ennemi, voilà l'honneur, voilà la force! Isolé, l'homme n'est en, membre d'un tout, il est irrésistible. Une ‘balle étend le jldat dans la poussière ; mais le rang se reforme, et la colonne

réste ce qu'elle était. Telle est la puissance de ia discipline, à

äquelle aucun homme, quel qu'il soit, n’a le droit de se souslraire. Quelque fort qu'il soit, il est plus fort dans les rangs; quelque faible qu'il soit, dans les rangs il tient sa place. » Le

t du roman est le socialisme d'État. Le héros principal gagne : % à ses projets, et gouverne un instant le ministère; mais S. établissements font faillite; lui-même tombe dans un duel, mme le AQAAURIE Ferdinand Lassalle; qui semble avoir servi de

4 Die von Hohenstein, 4 vol:, Berlin, 1864. — In Reik und Glied, 5 vol., Berlin, — Jammer und Amboss, 5 vol., Schwérin, 1869.

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