‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 474 sur 534 · ASS · texte numérisé non relu

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: LE NATURALISM

1040: LE RÉALISME ET LE NATURA ne sionomie de ses personnages ; elles manque de finesse dan lyse morale. Et puis, elle produit trop, ne se donne pas toi la peine de composer, de mûrir ses plans. La Garde sur l un.de ses plus grands succès, a pour sujet le mariage d’u gent originaire de la marche de Brandebourg avec la fille aubergiste de Dusseldorf : symbole de l’union des provinces nanes avec la Prusse. L'action, qui se passe entre les années et 1870, et qui s'amplifie encore par d'anciens souye emprunte un intérêt particulier aux événements qui lui consl) tuent une sorte d’arrière-plan épique 1.

Le succès du drame en quatre actes, l’Honneur?, tira au gran jour les romans que Sudermann publiait depuis une huit d'années. Ce succès était dû à diverses causes : là pièce é actuelle, elle s’attaquait franchement aux vices du siècle; elle étai

-bien construite dans son ensemble, et l'intérêt ne languis: pas; enfin elle tranchait sur les imitations souvent malliabil du théâtre français. Deux groupes sociaux étaient opposés l'ur l’autre, représentés par deux familles : celle du consei commerce Mühlingk, composée du père, de la mère, d'unfilse d'une fille, et celle d’un ouvrier, le vieux Heinecke, compost de même, sauf que Ieinecke à une fille de plus, déjà marié. qui n'est pas un des types les moins caractéristiques de la p Les deux familles sont voisines; l’une habité « la maiso «devant », l'autre «la maison de derrière » ; dans l’une on pa le bon allemand, dans l’autre le patois berlinois. Le premier troisième acte se passent chez Mühlingk, le second et lé trième chez Heinecke. Les deux maisonsont un compte à r ensemble. « Nous travaillons pour vous, » dit le jeune Hei son palron; « nous donnons pour vous notre sueur et le ang «nos Cœurs. Pendant ce temps, vous séduisez nos sœurs et nc « filles, et vous payez leur honte avec l'argent que nous avons « gagné. Et vous appelez cela des bienfaits. J'ai travaillé dés « pieds et des mains pour augmenter votre avoir, et je n'ai pas « demandé ma récompense. J'ai élevé mes regards vers

l. Kinder der Eïifel, 1897; Das Kreuz im Venn, 1908; Die Wacht am Rheins 2, Ehre, 1888, er pro di

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PARLE mme on les élève vers les saints; vous étiez ma foi, ma relimn. Et vous, qu'aveéz-vous fait? Vous m'avez volé l'honneur de à maison, Car Ma maison était honnête, quoique ce fût votre iaison de derrière. » Robert Heinecke revient des Indes, où Mirigé un comiptoir de cotnmerce appartenant au conseiller Wingk, et il.a fait pour le compte de son patron des prolits Bidérables. Que trouve-t:il à son retour? Sa sœur à été séduite le jeune Müblingk; ses parents ont fermé les yeux; son re sœur a sérvi d'entremetteuse; enfin le conseiller a cru Marranger en offrant un dédommagement en argent, que les Wies gens ont accepté avec reconnaissance. Voilà Robert mecke en lutte avec lès deux maisons, en état de rupture avec deux classes sociales. 11 se rend dans « la maison de devant », LA ila levé son pistoletsurle coupable, quand son ami, le rai-

éur de la pièce, intervient. « Permets, »lui dit-il, « tu reviens l'un pays lointain, où, par suite de tes relations avec des léntlemen, tu as changé neuf fois de peau, et tu demandes aux iens de sortir, d'un jout à l’autre, par amour pour toi, de la iéau dont ils s'habillaient depuis leur naissance. Cela est indiset, jeune homme. l'honneur de ta sœur lui a été restitué ar la maison Mühlingk, je veux dire l'honneur qui est à son Sâge; car chaque chose sur la terre a son équivalent. L'honeur de la maison de devant se paye peut-être avec du sang, ui de la maison de derrière est couvert par un petit capital. » surs, Le même personnage exprime sa pensée par ces mots : que nous: appelons lPhonneur, c'est l'ombre que nous projétons quand le soleil de l'opinion publique nous éclaire. Le pis, c'est que nous ayons autant d'espèces d'honneur que de

classes sociales. » Robert Heinecke, instruit par son ami, .

sse les deux maisons s'arranger ensemble, et il retourne aux des, cette fois pour son compte, emmenant avec lui la fille 0 qui, elle aussi, s’est détachée du monde où elle a

élevée. Les deux familles et les deux classes qu'elles reprénent sont atteintes du même mal, l’égoïisme, l'envie d'attirer es le plus de jonissances possible; et si l’une d'elles mérite re placée un peu plus haut dans l'échelle morale, c'est la ille pauvre, car elle n’est que corrompue, tandis que l'autre \ la fois corrompue et corruptrice. L'idée générale qui se age de la pièce, c'est que la société est malale, et que c’est Me perdue de vouloir la guérir. Le principe littéraire, qu'il

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* laine nuance de scepticisme et de détachement philosophique

- «dans les déserts du vice, des royaumes de connaissances no

LE RÉALISME ET LE NATURALISM a.

faut peindre le monde tel qu'il est, a pour corollaire natu morale, qu’il n’y à qu’à le laisser aller comme il peut.

Aucun des dramaturges allemands contemporains n'est tout à fait indépendant de l'influence française. L'écrivais Sudermann rappelle le plus, c’est Dumas fils. 11 a, comme Di ses thèses favorites; mais il se distingue de lui par un

fait son procès à la société, mais toute pensée de la corri, loin de lui. Il montre le vice à nu, mais il lui suffit de le mc L'intrigue, chez lui, est moins serrée que chez Dumas moins rigoureux dans ses déductions; mais ses personn plus d'individualité et ne dégénèrent jamais en abstractions en symboles, L'Honneur est resté la plus populaire et peut-êl la meilleure de ses pièces: elle fut suivie de quelques autres « sont intéressantes à divers titres. La Fin de Sodome! est lhist d’un peintre à qui son premier succès devient fatal. Le su son tableau fournit le titre de la pièce, et peut s'appliquer, p Comparaison, à la société au milieu de laquelle il vit. Un artis contemporain a servi, dit-on, de modèle à Sudérmann; il semb plutôt que toute la génération du nouveau Sturm-und-Dran

été présente à son esprit. Le peintre Willy est le héros il est fêté dans les salons ; mais il devient bientôt la pri coquette. Son ami de jeunesse, un simple professeur de essaye de lui ouvrir les yeux. « Tu n’es qu'un philis répond-il. —:« Ah? — Eh oui, mon brave. As-tu jam « Le Sturm-und-Drang de l'avenir mugir sous ton crâne (jamais connu le mépris sacré de ce que la masse stupid « sidère comme juste et vénérable? As-tu Jamais su

« velles? — Très joli! Quel âge as-tu? — Vingt-sept ans. «quoi? — Tu parles comme si tu en avais dix-sept. Ce « te glorifies, je l’ai traversé comme toi, et jen suis re

« coup de grandeur d'âme à peupler les chambres garnies « les femmes des autres? Tu as étudié les femmes : essa} « peu de connaître la femme, mais qu’elle soit pure, pure

« la lumière! » Il l'essaye en effet, mais ce n’est pas la p

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