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LES FEMMES AUTEURS

: La littérature contemporaine de l'Allemagne compte ün à {grand nombre de femmes auteurs. Leur champ favori-es roman et quelquefois la poésie. Si elles n’apportent pas bea coup d'idées nouvelles, elles remplissent un rôle utile en éta dant le cercle du public lettré. Élles seraient évidemment hüm

femmes qu’elles s'adressent d’abord. Plusieurs d'entr reprennent le thème déjà développé par Fanny Levwald

1. Tovote. Ompteda. Ernest de Wolzogen. Bierbaum. — Maupassant e de Goncourt furent, avec Zola, les modèles des nouvellistes allemands of rains de Sudermann. ES j

Heinz Tovote, né à Hanovre en 1854, doit être cité, non pour sa valeu mais parce qu'il fut pendant une dizaine d'années le romancier à la mod société mondaine. Son premier roman, Jvresse d'amour (1m Liebesrause

marque l'ordre d'idées et de sentiments dont il-n’est jamais sorti. Ce r accompagné, en guise de justification, d'un mot où Edmond de G qu'on ne pouvait guère écrire avant quarante ans un vrai roman de

Le baron George d'Ompteda, né en 1863, est le fils du dernier maré cour du roi Gcorge V de Hanovre; il suivit le roi dans son exil, ct ser comme officier dans l'armée saxonne. 11 à décrit, dans Sylvestre de GC: les ennuis et les déboires de la vie d'officier. Le Mattre de cérémonies

-monienmeister, 1898) est un roman passionnel; c'est le dernicr élan d d'un homme -blasé. Ompteda Compose mal; il abuse du « document » des mots expressifs dans les détails. Il a traduit Maupassant. : Que

‘rnest de Wolzogen, un descendant d’une famille apparentée à donné son programme dans un article de la Free Bühne, intitulé Zumor :

de Son Excellence (die Kinder der Barellènz, 1888), a été porté au thé peint la Bohème littéraire dans une-comédie, Lumpengesindel (1892), émancipée dans un autre roman, {e Troisième sexe (das drilte Geschl ch Il produit beaucoup et vite, est tantôt spirituel et tantôt banal. :. +

Le Silésien Otto-Julius Bierbaum (1865-1910) a retracé, lui aussi, les

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grand succès. Ses poésies lyriques (£rlebte Gedichte, 1892; Studentenbe: 1893, 1897; Der Jrryarten der Liebe, 1901, 1907) sont 1antôt sentimentales humoristiques et maniérées, ou elles affectent des formes archaïques {À Frouwe, disen Krans, 1891). Ses opéras ont eu une fortune passagère, Mais baum a eu surtout de l'influence par ses essais, par se revues, Pan (1895-1899) et Die Insel (1£00-1993), et par son Almanach de

(Moderner Musenalmanach, 1891, 1893, 1891). Le plus fastidieux de sés ouy

est Son [ong roman en trois volumes, Prinz Kuckuck (1906-1907)

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Itesse Haho-Hahn, ét discuté par la Jeune Allemagne, celui Ma situation de la femme dans la société. Elles s'élèvent contre

itraves que les soins de là vie matérielle mettent à la culture intéressée de l'esprit. Elles sont surtout originales lorsque, 16e là finesse d'observation qui leur est propre, elles peignent Émœuts d'une région, d'un groupe déterminé. La nouvelle feur ‘issit mieux que la grande composition. |

Houise de François forme la transition entre le roinan du ilieü du siècle, celui de Fanny Lewald et de la comtesse Hahn- Mhn, èt Ié roman de Mine d'Ebner-Eschénbach. Elle sait mener droitément le lecteur, à travers uné intrigüe compliquée, ôupée par des léttres, des confidences, dés incidents de toutes dttes, jusqu'au dénouement, qui est ordinairement heureux. les caractères sont peu nuancés, mais le trait distinctif est bien frqué; ce sont presque des types. Loüise de François est née Mlerzberg en Saxe, en 1847; elle était une descendante de lguénots français. Elle perdit sa fortune par l'infidélité d'un uteur, et fut réduite à vivre de sa plume. Dans sa jeunesse, elle

lé1813, et c’est dans ce milieu qu’elle place la scène de ses fémiers romans. La Dernière des Reckenburg, signalée au public Mr un article de Freytag, lui donna tout d’un coup la célébrité. Mie d'Ebner disait, avec l'enthousiasme d'une amitié sincère, fwelle donnerait tous ses écrits pour cet unique roman. Les Étapes d'un homme heureux, qui se passent aux environs de Hinnée 1848, sont d'une contexture moins conventionnelle. Le Siyle a toujours les mêmes qualités de simplicité expressive èt parfois pittorésque. Louise de François est morte à Weissenfels Sur la Saale en 1893 !.

“Marie d'Ebner-Eschenbach, née en 1830 dans le domaine de sa fille, en Moravié, commença par s'essayer dans tous les genres, sans en excepter l'épopée, jusqu’au jour où elle S'aperçut n e « là surproduction est un signe de faiblesse ». Ce ne fut M. qu'en 1870 qu'elle attira l'attention; elle avait déjà passé là quarantaine. Mais alors sa réputation grandit aussi rapidement

Qu'elle avait été lente à s'établir. Elle fut bientôt reconnue la

d 4 Die letste Reckenburgerin, 1871; Die Stufenjahre eines Glücklichen, 1878. —

A consulter : Briefwechsel mit C. EF. Meyer, herausgegeben-von A. Bettelheim, Berlin, 1905.

“éspotisme du sexé prétenduefort, où elles se plaignent des

{sait à son beau-père presque aveugle les récits de la campagne .

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1038 LE RÉALISME Et LE NAÂTURALISME, | première des femmes auteurs de l'Allemagne; c'est, en Lot à l'heure actuelle, celle qui a le plus de lecteurs. Ses ro | ont été appelés tantôt des romans de salon, tantôt des roman:

d'éducation; ils sont l’un et l’autre, mais dans le meilleur sen: du mot. Ce sont des romans de salon par le ton de la convers lion et la correction élégante du langage, des romans. d'éduca. lion par la manière dont ils montrent comment la direction donnée à l'enfance, ou prise volontairement dès l'enfance, influe sur la vie entière. Elle introduit rarement un personnage Sans rappeler ce qu'il a fait dans ses jeunes années, et l'on pourrait détacher de son œuvre toute une galerie de, portraits d'enfants. Elle aime la vie simple, la vie des champs, et elle sait lire dans l'âme populaire. Elle-voudrait tirer la noblesse de son isolement et de son oisiveté, l’intéresser au sort des classes laborieuses ?. Dans tout ce qu’elle écrit, elle enseigne, sans qu

Paraisse, sans qu'elle parle jamais en son propre nom, 4

l'exemple. On éprouve en la lisant, le contact d’une nature bienveillante : c'est une des causes de son grand succès, que, son seul talent n’expliquerait pas 3. ee RE Une autre Viennoise, Ossip Schubin (Lola Kirschner, née à Prague en 1855), écrit sous le coup de sa fantaisie, qui parfois l'inspire heureusement, qui d'autres fois la promène en de cap cieux dédales. S’assujettir à une composition régulière lui semblerait du pédantisme. La scène ordinaire de ses romans est dans les salons ou dans les boudoirs de l'aristocratie autrichienne. Ell prête à ses personnages le pur « jargon viennois » (le mot d'elle), et elle gâte la langue à plaisir, sous prétexte de vérité. $ premier roman, Honneur, le mieux composé de tous, et qu fondé sa renommée, contient une peinture éloquente de la batai e de Sadowa. L'Histoire d’un génie raconte les tribulations d’un artiste qui à du génie, ou qui croit en avoir, et qui finit par être «un raté ». Gloria Victis montre la lutte entre l'aristocratie race et celle de la finance. Les dénouements d'Ossip Schubi ordinairement tragiques ‘. é Le voisinage du naturalisme. a été

1. Oversberg, 1883; Das Gemeindekind, 1887; Unsühnbar, 1890. a: 2. Zwei Kontessen, 1884. À Re 3. Gesammelte Schriften, 9 vol., Berlin. — A consulter : Moritz Necker, Marit

von Ebner Eschenbach, Leipzig et Berlin, 1900. $11 ete 4: Ehre, 1883; Geschichte eines Genies, 1884; Gloria Victis, 1885,

1 mes auteurs de la fin du siècle, en les poussant aux situations

| 34 même choquantes, ou aux exagérations de langage. Cer-

ins écrits de Marie Janitschek, née à Mœædling en 1859, et surtout

Mm livre De la Femme, montrent ce qu'une plume féminine peut

jer en ce genre, sans doute à bonne intention. Émile Marriot

imilie Mataja, née à Vienne en 1855), dans unstyle moins extra-

igant, a pris en main le sort des opprimés, ou de ceux qu'elle

Mmsidérait comme tels, la femme et le prêtre, les deux victimes

8la civilisation moderne; ses intrigues sont souvent bien con-

éntionnelles, pleines d'incidents rebattus?. Gabrielle Reuter,

ée à Alexandrie en 1859, a eu un grand succès avec son roman

\titulé De Bonne Famille, où elle montre une jeune fille,une nature | élite, perdue dans un monde banal,et qu’une lutte de tous lés

Jürs conduit finalement à la folie. Ailleurs, dans Ellen von der Veiden, c'est une femme sensible et légèrement romanesque

nariée à un homme qui ne la comprend pas, un thème souvent faité, mais qu'elle développe avec beaucoup de tact et de nesure. Gabrielle Reuter est infiniment respectable dans ses ntentions pédagogiques; ce qu’on peut lui reprocher au point de ue de l’art, c'est d'indiquer parfois les situations plutôt qu’elle ie les décrit, défaut moins sensible dans ses nouvelles que dans es grandes compositions *.

Un côté intéressant de la littérature féminine, c'est la peinure des mœurs provinciales, un sujet qui exige surtout de ‘observation, et qui s’äccommode même d’une observation toute uperficielle etjournalière. Ilse Frapan, née à Hambourg en 1852, cherché ses premières inspirations dans ce pays de Souabe ant célébré par les prosateurs et les poètes; mais ses meilleures louvelles sont consacrées à sa terre natale *. Clara Viebig, née kr “Trèves en 1860, a peint d'abord avec un grand charme les nœurs de la province rhénane dans ses Enfants de l'Eifel; puis l e s’est mise à guerroyer contre le philistinisme et contre

Ultramontanisme. Elle sait esquisser une scène champêtre, mais Île perd ses meilleures qualités lorsqu'elle quitte son pays de ques, qu’elle connaît et qu'elle aime. Elle montre bien la phy-

A. Vom Weibe, 1896.

9, Der geistliche Tod, 1884; Novellen, 1887, 1895.

8. Aus qguier Familie, 1895 : Ellen von der Weiden, 1901; Der Lebenskünstler, 897; Frauenseelen, 1902.

4 ve Welt, 1890; Zwischen Elbe und Alster, 1890,

Mas. !

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