‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 476 sur 534 · PAT · texte numérisé non relu

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Suderrann changea brusquement dé ton en don comédie en quatre actes, la Bataille de papillons. @es tableau de mœurs berlinoises dans le monde de la petite indus Une veuve sans fortune guette les occasions d'établir se filles, et celles-ci, tout en gagnant leur pain, se livrent innocen ment à la chasse au mari. Elles ont été élevées dans les principes d'uve demi-honnêteté; leur règle de conduite est qu'il faut venir, cn se compromettant lé moins possible: La plus jeu dont Floccupation est de peindre des fleurs sur des éventa arrive là première à son but. Elle est Pien dégourdie por jeune fille de seize ans; il y à même une scène où elle di pour avoir trop bu; mais elle est bonne pour sés sœurs eb promet de les enrichir. La pièce tomba; malgré-le rôlé de Rose qui seul soutient l'intérêt, et l'auteur revint à sa prémi manière en écrivant le drame en trois actes, le Bonheur dans coin ?. Ge coin, c'est la vie calme, librement choisie et franck ment acceptée, où l’on se réfugie comme: dans un Port, après les tourmentes de la jeunesse. La difficulté est précisément de trouver son coïn, et de ne. pas y apporter quelque ressouv douloureux. Le personnage principal, Élisabeth, est une j fille de naissance noble, orpheline, et qui à été élevée chez parents; elle. a épousé un modeste instituteur, pour éc aux sollicitations d’un baron, caractère despotique et viol mais qu'elle ne peut s'empêcher d'aimer. Le baron vien retrouver, {rois ans après, « dans son coin »:il supplie; il menace elle se sent faible. Sa situation rappelle celle d'Émilia Galo et lon s'attend à un dénouement tragique. EHe-même ne pe qu'à mourir; mais le maitre d'école, dont le rôle grand t à coup, lui dit : « Je ne puis plus te donner ma jeunesse; « tienne aussi s’évanouira lentement: nos'sens se calme « nos désirs s’assoupiront, et peut-être trouverons-nous : « un jour le bonheur dans notre petit coin. Tranquillis « demain la maison sera nette. » Le dénouement est àjt mais le spectateur se demande involontairement ce que dira, que fera le baron, avee le caractère qu’on lui connaît, et ave pouvoir qu'il a sur un instituteur qui vit sur son domaine, dérnière scène entre eux était nécessaire! Un critique a eu

1 Schmetterlingsschlacht, 1894, Sr3 2. Glück im Winkel, 1895. : | HN

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Meuse pensée que, Si Sudermann n’a pas donné cette scène, st qu'il avait personnifié dans le baron, « ce type de la force Futale », une période de sa propre vie qui n’était pas tout à fair fôlue et dont le. souvenir le troublait encore. « Il semble que & nouveau Sudermann ait éprouvé une sorte de crainte de se ouver face à face avec son moi d'autrefois. Il a reculé le débat, mais 1l ne pourra s’y soustraire longtemps. hi s'élève, mais il lui reste encore un grand pas à faire pour atteindre à. la complète maturité 1.» Dans ce cas, le drame serait presque léeconfession personnelle.

Lannée suivante, Sudermann fit paraître, sous le titre commun MMorituri, trois pièces en un acte, la dernière en vers, ou tôt trois nouvelles dialoguées réunies par l’analogie dés inouements. Il s'agit chaque fois d'un personnage à qui le *essentiment de sa mort révèle le vrai sens de sa vie et, trop æd, hélas! les vraies conditions de son bonheur. C'était, pour luteur, un délassement poétique, en attendant qu'il revint au féâtre proprement dit. L'année 1898 vit paraître, en effet, deux èces nouvelles. de lui, différentes de toutes celles qui avaient récédé. L'une, les Trois Plumes de héron?, est un poème drajatique en cing actes, d'un symbolisme obscur. l'autre, Ohannes, tragédie en cinq actes et un prologue, en prose, est me sorte de mystère modernisé, une des créations les plus figinales de Sudermann. C’est la tragédie du précurseur, dont aint Jean-Baptiste est le type. Il prépare les voies à celui qui St plus grand que Jui et qu'il ne comprend qu'à demi. J} est ésté le représentant de l’ancienne loi, au nom de laquelle il ‘énsure impitoyablement une société corrompue; ce n’est que läns la dernière scène qu'il a une vague aperception de la loi douvelle, de la loi d'amour qui doit régénérer le monde. La langue st un mélange de tours bibliques et d'expressions empruntées dla philosophie allemande du siècle. La mise en scène est habile, trop habile peut-être; on a reproché avec raison à Sudermann de trop rechercher les: effets de théâtre dans un: sujet qui s'adresse surtout à la réflexion. Après la tragédie de Johannes; Ja production dramatique de Sudermann diminue rapidement, non en quantité, mais en qualité. Il a repris, lui aussi, la for- 4 B. Litzmann, ouvrage cité.

D, Die drei Reiherfedern, 1898.

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de l’humanité détermine toutes ses pensées et règle t

‘ même un atelier. De retour à Berlin, en 1884, il s’afflià à de

4048 LE RÉALISME ET LE NATURALISME, mule : Vive la vie! C'est le titre d'une de ses pièces, do sonnage principal rappelle la Magda de Heimat. Il a touc sagèrement à la politique, en parodiant les révolutionn de 1848. Mais, sans entrer dans le détail de ses dern œuvres, que dire de cette étrange pièce qui a pour titre F parmi les pierres, dont l'action se passe chez les tailleurs de pi et quise termine par l'effondrement foudroyant d’une charr , au clair de lune°? Ce n’est plus qu’un spectacle pour L Le vrai représentant du naturalisme ‘au théâtre, c’est. Hauptmann. Sa carrière resta longtemps indécise. Il est: Salzbrunn, en Silésie, en 1862. Il montra d'abord du goût po Sculpture, et passa deux ans à l’Académie des beaux-a Breslau. 11 se rendit ensuite à léna, pour étudier les scie naturelles sous la direction de Hæckel. Puis il voyagea; il le pèlerinage de Childe Harold le long des côtes de l’Atlant et de la Méditerranée, et s'arrêta longtemps-à Rome, où.

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groupes socialistes. Arno Holz le gagna au naturalisme. ( Hauptmann est, avant tout, un philanthrope; un sincère à

ambitions. « Aussi longtemps qu'il y aura de certaines : « dans le monde, « dit-il par la bouche d’un de ses person « ce sera un Crime de faire quelque chose qui n’ait pas pt «immédiat de les combattre * » Son théâtre a été: lement une étude des maladies du corps social. L est pour lui un lieu d'expérience, un laboratoire, pre clinique. Il ne se demande pas si elle est bien faite pour elle n’est pas quelque chose par elle-même, si elle n’a pa lois propres; s’il n'y a pas, enfin, des sujets qui lui convier mieux que d’autres, et une manière spéciale de les prés Il ignore, en particulier, l’art des préparations, que l naturaliste considère comme une tradition surannée du th classique. Le spectateur est Jeté brusquement au mili situation dont tous les éléments lui échappent. Les pers entrent en scène comme des étrangers qu’on renc par hasard: ils s’entretiennerit de leurs affaires, san

1. Es lebe das Leben! 1902: Sturmgeselle Sokrates, 1903: Stein unter Steinen

— À consulter : W. Kawerau, Æ. Sudermann, eine kritische Stidier se Magdebourg, 1899. 1500

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