CHAPITRE V
Changement de l'esprit public. — 1. Karl Spitteler et son pl : Pritiemps CEPAE —— “ Hélène Boehtau Ge Jsoldé Kurz; ré retou rs
En Allemagne, c'est surtout la critique qui fait les ren littéraires, mais dans tous les po du JaoEte C est le p |
sait, commençait à se lasser d’une littérature qui allaït, contre de toutes ses habitudes, et qui ne se rattachait à. tradition nationale. Aussi, à mesure que le siècle Ga
de es à en plus pressantes. Hebbel réal possession di on le comparait à Shakespeare; on le mettait au-d Schiller. Dans le roman et dans la nouvelle, on revenait lisme prudent de Freytag. On reprenait dés simples lyriques de Henri Heine, des poètes souabes, du chant po Enfin Gœthe régnait. Gus que jamais, non plus seuler ae de Werther, mais sou tout entier, sa vie et son &@
bte sortis de sa main.
À. — KARL SPITTELER.
Dans la première année du nouveau siècle parut le com ment d'un poème an ue ou RD qui s
hu (héogonie antico-moderne, où Nietzsche donnait la main Micil llésiode. L'auteur, Karl Spitteler, né à Liestal dans le ton de Bâle en 1845, n’en était pas à ses débuts, quoiqu'il fût icore ignoré. Ses poésies lyriques, allégoriques ou satiriques, is nouvelles en prose, furent peu remarquées. D'un contenu très léal, elles tombaient en plein naturalisme, et les poésies n'étaient 1s toujours d’une intelligence facile. Mème la critique bienveilme faisait ses réserves, et reprochait au poète suisse des négliances, des provincialismes, dés incorrections. Le Printemps Olymien fut salué, au contraire, comme l'aurore d’un art nouveau, tle poème justifiait jusqu'à un certain point cet accueil. C'étaient 5 dieux de l'Olympe qui étaient mis en scène, non pas les mortels que Schiller avait peints, « dont la vie s'écoule, toujours sereine et pure, légère comme un zéphir, unie comme un miroir, et qui fleurissent, dans la rose de leur jeunesse, immuables au milieu de la ruine universelle ». Les dieux de Spitteler ont livrés, comme les pauvres humains, aux chances cruelles de
diutte pour la vie. Il s'agit pour eux de conquérir limmortellc
Le. Héra, qui, après la chute de Saturne, est restée en pos-
éssion du ciel. Il s’ensuit une guerre acharnée, une guerre de
use et de violence, où les déesses elles-mêmes interviennent, et qui finit par la victoire de Jupiter, non pas le plus noble, mais le lus fort des combattants. Jupiter offre à Apollon de partager
su
’émpire avec lui, car « dans ce monde ulcéré de misère et rouge
cde sang, il faut un peu d'intelligence et de beauté, un coin de
eciel. » La conclusion est belle, symboliquement parlant; elle est jeu vraisemblable, eu égard au caractère que le poète prête au lieu souverain. C’est le défaut ordinaire des poèmes symboliques : le symbole se superpose artificiellement à la vérité des faits. fiis au-dessus de tous les dieux et de toutes Les déesses plane la em l'Ananké grecque, qui devient ici un personnage mâle, inc sorte de surhomme-divin, dont la main pèse lourdement sur és êtres, mortels ou immortels. Spitteler a une langue riche,
parfois un peu tourm entée et même obscure; il a des néologismes,,
äntôt naturels et expressifs, tantôt barbares etinutiles. Lorsqu'il s'agit d'un poème mythologique, on pense involontairement au ométhée de Gæthe ou aux allégories de la Mer du Nord de Henri ine, où la simplicité du style soutient si heureusement l’élétion de la pensée, et, malgré l'intérêt avec lequel on suit les fautes conceptions de Spitteler, on regrette parfois qu'elles ne
Weimar, née en 1859, a commencé par peindre les mœurs des
1068 © LE RÉALISME ET LE NATURALISME. | se présentent pas sous une forme d’une harmonie plus anti et plus pure, | For
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