‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 486 sur 534 · HÉLÈNE BOŒHLAU ET ISOLDE KURZ · texte numérisé non relu

HÉLÈNE BOŒHLAU ET ISOLDE KURZ

Hélène Bœhlau (Mme Al-Raschid-Bey), fille d’un libraire di ville natale, et c’est peut-être ce qui restera le plus longtemps d'elle. Elle pouvait rappeler de grands souvenirs ; elle le fait « Ïs crélement eten passant, ne raconte que ce qu'elle a vu ou ce qu'elle sait de témoignage certain. Car « il y à eu un temp. écrit-elle, « où cet obscur coin dé l'Allemagne a pris tout à co I «un air d'importance, où Weimar ne se croyait inférieur à « aucune des grandes ou petites villes de l'Europe. Et'il en avai « le droit, car quelques oiseaux rares s'étaient nichés dans 50 « Sein, des oiseaux dont l'Allemagne n'avait pas encore vu les « pareils, et qui n’ont pas non plus laissé de progéniture « sorte qu'ils sont restés des oiseaux extraordinairement rar «jusqu'à nos jours. » Le grand Weimar, celui des écrivains, « dames d'honneur, des hôtes de passage, celui qui attirait és

regards de l’Europe, a eu de bonne heure ses historiens. Mi au-dessous de cet Olympe, où trônaient les dieux et les demi dieux, dormait la petite ville, que ne dorait aucun rayon de gloire C’étaient, sur un étroit espace, deux mondes différents, et, bien que la duchesse Amélie invitât quelquefois les gros bourgeois à ses « redoutes », un abîme séparait la cour et la ville. Il y avait là un contraste à saisir, un de ces contrastes comme les aime

roman humoristique. | #B Hélène Bæœhlau raconte elle-même, avec un grand charme, 1. Der Olympische Frühling, quatre parties; Leipzig, 1900-1905. D Widmann. Avenarius. — Il faut citer à la suite de Spitteler son ami Jo

Victor Widmann, né en 1842 dans un village de la Moravie, mais élevé én Su ev plus tard attaché à la rédaction du Bund à Berne. Widmann commença écrire des drames, qui sont oubliés, des récits de vo ; peuvent se lire encore; puis il donna deux poèmes humoristiques dans la mani de Gottfried Keller, Waikäferkomüdie (1897) et Der Heilige und die Tiere (1 — Ferdinand Avenarius, un neveu de Richard Wagner, né à Berlin en 1856, qui fit une partie de ses études à Zurich, est un épico-lyrique d'un ton plus as et avec des intentions didactiques. Après avoir « Heinisé », comme il di ses premières poésies, il écrivit son poème intitulé Zebe! (1893), où il p enseigner à vivre à un homme réduit au désespoir; le remède qu'il lui prop est la charité. Avenarius a eu plus d'influence par sa revue Der Kunstwart

par ses ouvrages. ne

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iment elle est devenue « bas-bleu », comment, toute jeune,

técoutait les dires des grand'mères, comment peu à peu elle

ris la plume pour fixer ses souvenirs, comment les premiers

illets sont sortis de ses mains, comment enfin la franchise du

ét une honnête liberté de langage lui ont gagné la faveur du

ic et la bienveillance de la critique. Elle se promène par les

S, regarde derrière les fenêtres, visite les jardins et les fau-

fgs, s'incline respettueusement devant Îles Éminences, mais

Ss'arrêter devant elles, et rappelle à la vie lés dédaignés, les

liés, ceux dont la mort a dispersé la poussière. Et elle espère

« cela plaira, parce que c'est dit simplement et tout trandillement, sans solennité et sans lourdeur ! ».

jus tard, elle transporta dans le monde moral, mais non plus Cla même sérénité d'esprit, le contraste qui avait frappé sa nesse. Elle pensa que chaque homme porte en lui un être al, qui est Son vrai moi, sa personne authentique et réelle, et mème temps un ensemble de besoins et de tentations qui le ssent et l’assiègent et entravent sa marche. Ce sont les deux fes ennemis dont parle Alfred de Musset, rivés l'un à l’autre Marchant côte à côte sans pouvoir s'entendre, lun disant : ü fais mal », et l’autre : « C'est ta faute ». Faust avait déjà “« Deux âmes habitent en moi et veulent se séparer l'une é l'autre: l’une se cramponne à ce monde avec ses organes, Autre s'élève du sein de la nuit vers la demeure des êtres üblimes à qui elle se sent apparentée. » Ordinairement, c'est la hière qui l'emporte ét la seconde qui se résigne. Tel est le Me habituel des derniers romans d'Hélène Bæœhlau. On y üve encore de l'observation, mais les personnages sont plutôt is d'une vérité générale et abstraite que de cette naïveté xpression qui se traduit dans le détail des gestes et des mounents; ce ne sont souvent que des types. Et puis, l’auteur est fenue pessimiste, et elle s’apitoie spécialement sur le sort des mes. Si l'homme ne réalise pas tout ce que la destinée semit lui promettre, c'est sa faute : n'est-il pas libre? n'est-il pas plus fort? Mais la femme plie et s'épuise sous le joug des condtions sociales ?.

Dhatsmédelgeschchten, 1888: Altweimarische Liebes- und Lhegeschichten, 1897.

Der schône Valentin, 1885: Der Rangierbahnhof, 189% ; Halbtier, 1899. — Ce mer roman est du plus mauvais goût, et dans le fond et dans la forme.

Isolde Kurz n’est ni pessimiste ni féministe. Elle a b des douleurs à confesser, mais toutes personnelles et inti et qui lui arrachent des plaintes touchantes 1. En g elle accepte la destinée humaine, et même celle de la fer avec un esprit satisfait. « Si tu veux t’affranchir de la doule dit-elle dans un aphorisme, « prends tranquillement ce .q « destinée t'offre, et rafraîchis-toi à la source pure qui j ton sein. » [solde Kurz appartient à une famille d’artist lettrés ?. Née à Stuttgart en 1853,-elle fut élevée sous l’influ des souvenirs que son entourage gardait encore de Schillé au milieu des traditions de cette école de Souabe, discrèt romantique, et restée classique au moins par le style. Ell comme Gœæthe, chercher le secret de la beauté littéra Italie; elle séjourna longtemps à Florence. Ses poésies fines analyses de sentiment, très concentrées, et serrée un cadre étroit, ou quelquefois des morceaux plus étendu un sous-sens philosophique. La partie la plus romantique ( œuvre, ce sont ses contes, où, par un procédé un peu arli elle personnifie les facultés humaines et les forces de la n: Ses Nouvelles Florentines et Italiennes sont tantôt des pei de mœurs, tantôt des récits d'aventures, tantôt des évoc du passé. Isolde Kurz produit lentement et à loisir. sentiment de la mesure, le respect de la langue, la cons: de l’artiste. « Un poème, » dit-elle dans un de ses aphor « est un jeu de patience, comme ceux qu'on donne aux en «Les pièces sont accrochées au ciel: celui qui sait « et les assembler est'le vrai poète. » EE

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