F LA NOUVELLE ÉCOLE VIENNOISE. —— HUGO DE HOFMANNSTHAL
ën 1892 parut à Berlin le premier fascicule d’une revue inti-
Nantes. C'était le manifeste d’un groupe de jeunes poètes, qui lient leur centre d’action à Vienne, et qui donnaient, en même nps que leur programme, quelques échantillons de l’art nou- Lu qu'ils voulaient fonder. Ils se séparaient aussi résolument tnaturalisme que de l’ancien idéalisme. « Le naturalisme,
iaient- ils, « n’a fait qu ’enlaidir là où précédemment on pet Ssait, mais ni l’un ni l’autre n'ont jamais reproduit la réalité. » ir but Sera donc de serrer la réalité d'aussi près que possible ; involontairement, dans la réalité, ils feront un choix, et iBgoût instinctif lés entraînera de préférence vers le beau.
MGedichte, 1894;- Neue Gedichte, 1897: Erinnerungen von Ludolf Ursleu dem jeren, 1893; Aus der Triumphgasse, 1901; Die Geschichte von Garibaldi, 1906-
ée Feuilles pour l'art, qui se continua pendant les années
. thal sont des artistes très sérieux. Déjà le soin qu'il
phrase poétique, est de première importance. Une voye
revendications. Ces poètes ne on aucune i er révolutionner la littérature; ils ne songent ni à comb
défendre ni à corriger l’ordre social : « cela ne regard « poésie ! ». Ils arborent franchement le drapeau de Pa
l'objet a HAE sur lui, et il pit la ni ‘par dede la communiquent directement au lecteur. A chaqu d'impressions correspond- une série particulière de soi choix des sons qui doivent servir à transmettre une impr
à la place d'une voyelle sonore dérangerait tout léqui vers. Bref, les nouveaux poètes font par système Ces grands prédécesseurs faisaient par instinct. Ils ne pas : c’est une de leurs nouveautés; le rythme du ver indiquer la coupe de la phrase. Même l'aspect d'un It papier, le caractère, le cartonnage, ne sont pas indiffére tout ce qui sort de leur officine se reconnaît d'abord tume. À première vue, on serait tenté de trouver à cett quelque chose de puéril. Pourtant Stefan George et. Ho
à la forme, l'effort qu'ils exigent du poète et même. u enfin leur indifférence pour le succès, ont été d'un utile à une époque de production hâtive et de popule à
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a donné les premiers modèles de l'art nouveau. La forr
1. « Der Name dieser Verôffentlichung sagt schon zum Teil was sié « Kunst, besonders der Dichtung und dem Schriftum dienen, alles St « Gesellschaftliche SAR Sie kann sich nicht beschäftigen
«ein andres Gebiet gehôren als das der Dichtung. » (Blaätter für. de Berlin, 1892.)
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Nilisation, et consigne l'impression qu'il en reçoit. « On ne S'attendra pas, » dit-il dans la préface du Livre des Pätres, « à trouver ici le tableau d'un développement historique : ces pages “contiennent les miroitements d’une âme qui s’est réfugiée pasfsagèrement dans d’autres temps et dans d’autres lieux, et qui :s'y est laissée bercer. » Mais l'impression se dérobe trop souvent dus les recherches du langage, et les bercements trop proingés fatiguent l'attention. Les syllabes tombent comme une tite de notes musicales, mais le son frappe surtout l'oreille, et @ va pas toujours jusqu’à l'esprit !.
| serait injuste de rendre Stefan George responsable des exagéâtions et des paradoxes de ses disciples, quoiqu'ils n'aient fait ue développer sa pensée. Pour Richard Schaukal (né à Brunn n 1874), une œuvre poétique, que ce soit un drame ou une imple chanson, n’est qu'une « réponse à une excitation du “dehors? ». Les facultés poétiques se réduisent à la sensibilité, et élle-ci s’affineet s’aiguise de plus en plus par un exercice immoéré. Félix Dœrmann, un Viennois, né en 1870, est le type du écadent ; il m'aime, comme il le dit lui-même, que « ce qui est fétrange et malade 5 ». Un autre Viennois, Pierre Altenberg, né M 1862, très prisé par Hofmannsthal, ne donne plus que « de la | 7 concentrée,» que le lecteur dégagera comme il pourra. « Mes petites choses sont-ce des poésies? » demande-t-il. « Nullement. ÉCe sont des extraits de vie : c’est la vie de l’âme, concentrée en “deux ou trois pages, et débarrassée de son superflu, comme la ‘viande dans le creuset de Liebig. Il est loisible au lecteur de ldissoudre ces extraits, de les accommoder à son goût et d’en faire “un bouillon délectable +. » En d’autres termes, et sans figure, & poète donne l'impression, c’est au lecteur à faire l'ouvrage. “Hugo de Hofmannsthal est le vrai poète de ce groupe. Il a la
flarque de l’école, la phrase harmonieuse et fluide; mais il à
les qualités personnellés, un fonds d'études et d'expériences,
in besoin de se diversifier, de sortir du cadre étroit de la sention individuelle. IL aime l'antiquité; il admire Gæthe; il. a
mn
1. Die Bücher der Hirten und Preisgedichte, Berlin, 1899; Das Juhr der Seele, 899 ; Der Teppig des Lebens und die Lieder von Traum und Tod, 1900; Der siebente Ring, 1907; Zeitgenôssische Dichter, 2 vol. (de traductions), 1905. #2. ausgewählte Gedichte, 1904.
"3 Neurotica, 1891; Sensationen, 1892.
M4. Wie ich es sehe, 1896; Was der Tag mir zuträgt, 1900; Bilderbügen des kleinen
Lebens, 1908.
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