‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 487 sur 534 · RICARDA HUCH · texte numérisé non relu

RICARDA HUCH

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Isolde Kurz et Hélène Boœælhau sont des classiques dans de Weimar, Ricarda Huch se raltäche plutôt au roman

1. Voir, dans son premier recueil de poésies, la suite intitulée Aspho Gedichte, 1889; Neue Gedichte, 1905. | SE CE 2. Elle est la fille de Hermann Kurz, l'auteur de ce roman intitul Heimatsjahre, dont le titre fit principalement la fortune, ct où Schill introduit que comme personnage secondaire. Un autre roman de Herman J der Sonnenwirt, supérieur au premier, quoique moins célèbre, repose s nouvelle de Schiller, l'Homme devenu criminel pour avoir perdu l'honneur. 3. Phantasien und Müärchen, 1890; Florentiner Novellen, 1890; Jtal Erzählungen, 1895. FRET NE

t un génie varié, souple et abondant. Elle s’est essayée avec Sgal succès dans la poésie lyrique, dans le roman et dans la ique littéraire. Elle a écrit deux volumes très intéressants la naissance, l'apogée et le déclin de l’école romantique t; le iier parut en 1899, à une époque, dit-elle, « où les ie imantiques, après avoir été impitoyablement proscrites, semäient renaître à une vie nouvelle ». Elle recherche surtout, à le romantisme, l'influence qu’il a exercée sur les mœurs ur l'esprit public, et la sympathie avec laquelle elle traite cer ês figures est caractéristique pour ses propres idées. Elle de Caroline Michaëlis, qui fut successivement la femme du lecin Bæœhmer, de Guillaume Schlegel et de Schelling

était un principe de sa philosophie, que l’homme est destiné jouir, plus que toute autre créature, et qu'il manque son it, s'il ne le fait pas; être heureuse lui semblait un devoir. «nous lui demandions son opinion sur elle-même, elle nous pondrait sans. doute, avec un sourire aimable et mélancoque : « Ne voyez-vous pas à ma figure que mon cœur est bon? » icarda Huch est née à Brunswick en 1867; elle a fait ses les en Suisse, a pris le grade de docteur en philosophie, a été attachée pendant quelque temps à la a EUR hicipale de Zurich. Elle a vécu ensuite à Trieste, à Munich. À Zurich, elle a connu Gottfried Keller et Conraddinand Meyer; mais on a peut-être exagéré l'influence que deux écrivains ont exercée sur elle ; ses vraies affinités sont >urs. Elle revient au conte, ce genre aimé des romantiques, Worme canonique de la poésie ». Un de ses contes commence init par une danse au clair de lune, et semble vouloir prouver Me meilleur de l'existence humaine est le rêve. Elle veut que mme s’arrache à la vulgarité, « qu’il rende sa vie belle ». Et est la beauté de la vie? C’est dans les impressions qui secouent

1e et la soulèvent, et qui compensent, par leur intensité et.

succession rapide, la brièveté de toute destinée terrestre.

e la souffrance a sa douceur : être ému, de quelque manière KE. soit, c’est toujours vivre. Le pire malheur c'est l’immoté, la stagnation. C°tte idée du droit et même du devoir de é a été souvent exprimée depuis le temps du romantisme; , Huch l’a formulée à son tour et avec éclat dans une

lütezeit der Romantik, 189 ; Ausbreitung und Verfall der Romantik, 1902.

à Florence

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ss partie de ses poésies et dans le meilleur de ses ro: Souvenirs de Ludolf Dé Elle dit dans un sonnet :

C’est seulement nie ces bras se raidissent, — quand ces + dirigés vers un but, — quand la pensée a pris corps dans un à c'est alors que je puis bannir loin de moi la mélancolie de Pexi:

Je voudrais être portée par un élan surhumain. — Où est le qui n’a pas encore été dénoué, — l'illusion que les siècles n encore dissipée, — le prix qu'aucun lutteur n’a encore pu gagner?

Un instant m'a fait naître, l'instant prochain — Mme fera dispai après le rêve de quelques heures : — je veux me sentir Tag dussé-je ne sentir que des blessures. 2

C'est quand mon sang s'écoule que j'ai le sentiment de mon. 6 Ce n’est pas dans le repos du nid, c’est quand il SÉIEYe vers le — que l'aigle sent qu’il a des ailes1.

L'imagination de Ricarda Huch lui fait chercher la vie pa 0 jusque dans le Royaume des morts. Dans une de ses poésies | pis achevées Ph à la forme, elle «HNpReee in une ÔI

« out. elle ete vous en apporte le eu j'ai mis un LH | « de violettes sur ma poitrine. — Et aussitôt les Danaïdes se re « sent de leur labeur, Tantale ne sent plus sa soif ardente, et « rocher de spRe, raie par sa at roule dans la raie

effet, ce n’est pas le bonheur, tel que Jentendent la plup less, mäis une vie sn a 2 qui mette en Jeu +:

À « Nur dire, wenn diese Arme straff sich spannen, « Wenn diese Aügen auf-ein Ziel gerichtet, | « Wenn der Gedanke sich zur Tat verdichtet, « Kann ich des Daseins Schwermut von mir bannen.

« Zum Ungeheuren môcht' ich mich ermannen!

« Woistein Wirrsal, das noch nicht geschlichtet?

« Ein Wahn, den kein Jahrhundert noch vernichtet? « Ein Preis, den keine Streiter noch gewannen ?

« Der Augenblick gebar mich; die Minute « Raïfft mich dahin nach Sohnoll durchträumten Stan des | ge « Empfinden will ich mich, sei s auch an Wunden!

NTE

« Fühl' ich mich doch, indem ich mich verblute! « Nicht träg im Nest, — wenn sie zur Sonne dringen, « Dann erst Rerepins der Adler seine da ».

pl 7 qu'importe ? ils auront du moins « mis 440 l'éternité » $ leur courte existence. Un tel sujet rentrerait dans les nées les plus banales du romantisme, sans les perspectives ile prolongent en avant et en arrière. Derrière les personnages incipaux, nous voyons apparaitre dans le cours du récit une le d'ascendants, dont les dispositions morbident se transmet: it de génération en génération et amènent par degrés l’usure lextinction de la race. Le dernier des Ursleu, Ludolf le Jeune, stretiré dans un couvent, moins par vocation que par dégout monde, et il écrit dans sa cellule les souvenirs qu'il a gardés ‘ses ancêtres. La langue a du mouvement et de la couleur; | peu de rhétorique s’y mêle par moments. L'auteur ne s'arrête ÿ à la description des localités; elle ne s'intéresse ni au costume même à la physionomie de ses personnages; toute son atten- Best concentrée sur l’homme intérieur. Parmi les romans qui lirent, le plus curieux est celui où elle nous promène, avec (mélange de pitié sereine et de détachement humoristique, au lieu des misères d’un: quartier pauvre dans une ville italienne. Îs quelle faute de goût de célébrer les victoires de Garibaldi üs un roman historique en trois gros volumes !!

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