NIETZSCHE
sh.
d Un mot revient souvent sous la plume des historiens et des ritiques qui s'occupent de la période contemporaine de la litérature allemande : c’est le mot de décadence. Ils lui laissent nème volontiers sa, forme française, comme pour lui donner: ine valeur scientifique. Les moralistes et les philosophes vont .. loin : ils parlent de dégénérescence, comme si la décadence était pas un fait momenñtané et par conséquent réparable, ésultant peut-être d’une direction fausse ou exclusive des forces ationales, mais une chute profonde et irrémédiable, tenant à
rtemps sous le jour le plus sombre, c’est Frédéric Nietzsche. “Il est né en 1844; fils d’un pasteur de campagne de la Saxe russienne, il prétendait descendre d’une famille de noblesse jélonaise, que la persécution religieuse avait fait fuir en Allenagne. 11 fut d'abord élève de la célèbre école de Schulpforta, uis étudiant aux universités de Bonn et de Leipzig. L'un de ses. aîtres fut le philologue Ritschl. En 1869, il fut nommé profesur à l’université de Bâle. L'année suivante, il s’engagea au érvice des ambuülances de l’armée allemande pendant la cam-
Œuvres complètes, 19 vol. grand in-8° (œuvres, 8 vol.; œuvres posthumes, .; Philologica, 3 vol.), Leipzig. — Correspondance : Gesammelle Briefe, 5 vol., ipzig ({nsel- Verlag). — Noir aussi la Correspondance de Nietzsche avec Henri de +, publiée par Mme Fœærster Nietzsche dans la Veue Deutsche Rundschau Îlet 1900). — À consulter : Élisabeth Fœrster Nietzsche, Das Leben Friedrich ësche's, 3 vol., Leipzig, 1895-1904; — Frans Overbeck und Ir. Nielssehe, Freundschaft, dargestellt von C. A. Bernouilli, Iéna, 1908; -— Raoul Richter, Nietzsche, Sein Leben und seine Werke, Leipzig, 1209; — Henri Lichteuberger, Philosophie de Nietzsche, Paris, 1898; #%. Nietzsche, Aphorismes et l'ragments is, Paris, 1899; — D. Halévy, la Vie de Frédéric Nietzsche, Paris, 1910, raduction française des œuvres, publiée sous la direction de Henri Albert bliothèque du Mercure de France),
ne maladie du corps social. Un des écrivains qui ont vu le mal de /
pagne de France; mais sa santé précaire l'obligea à rentr avant la in de la guerre. En 18379, il dut renoncer à ses foi tions. Il lutta courageusement, pendant une dizaine d’ann es contre la maladie qui finit par le dompter. Dans les premier jours de janvier 1889, la folie se déclara, et, à partir de € moment, il resta confié aux soins de sa mère et de sa sœur, . Naumboure et plus tard à Weimar; il est mort le 25 août 1900.
= Nietzsche procède de Schopenhaüer. Pour lui, comme pou Schopenhauer, c’est la volonté qui est le principe du monde Mais il n’aborda pas directement le problème philosophique. Se dix années d'enseignement à Bâle furent consacrées principale ment à la philologie; il est même curieux de voir par soi exemple comment la philologie peut s’allier au pessimisme « La philologie, » dit-il dans son discours d’inauguration, « n'es « ni une Muse ni une Grâce; \c’est une messagère des dieux. Et « comme les Muses descendirent un jour vers les paysans de |: « Béotie, dont l’âme était inquiète et troublée, ainsi elle vien « visiter aujourd’hui notre monde plein de LAURE sombres e « d'images funèbres, plein de souffrances qui défient toute gué « rison; et elle nous apporte le mythe consolateur des belle « Hivinitée lumineuses qui séjournent dans les bleus lointain « d’une terre fortunée !. » Nietzsche comprénd la philologie à]: manière de Wolf; c’est, pour lui, une science très complexe qui touche, « d'in côté, à l’histoire, en ce qu’elle cherché « saisir A dut peuple d'aptis les manifestalion: « diverses de son génie; de l’autre, à l'esthétique, en ce que « parmi toutes les antiquités, elle s ‘attache de préférence à l'an
« tiquité classique, qu'elle présente comme un type idéal. d « beauté; enfin aux sciences naturelles, en ce qu'elle pénètre « jusqu'à l'instinct le plus profond de l’homme, l'instinct du lin . « gage. » Le but spécial des études philologiques de Nietzsch est de rechercher comment les peuples les plus remarquable: par l'action ou par la pensée. ont résolu, avant nous, le pro blème de l'existence, ou, pour parler son langage, commen
1. « Dic Philologie ist weder eine Muse noch eine Étude aber cine Gë
« botin; und wie die Musen zu den trüben, geplagten bôotischen Bauern nieder « stiegen, so kommt sie in eine Welt voll düsterer Farben und Bïlder, voll X vo « allertiefsten und unheilbarsten Schmerzen, und erzählt trüstend von den schi « nen lichten Gôüttergestalten eines fernen blauen. glücklichen Zauberland (Homer und die RU Philologie, Antrittsrede an der Universität Baièl 2° volume des Œuvres complètes.)