‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 499 sur 534 · TL HISTOIRE “ET LA PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

TL HISTOIRE “ET LA PHILOSOPHIE

k -ont supporté « la douleur de vivre ». Les Grecs n avaient pas ame aussi sereine que nous nous l’imaginons; ils n'ont pas Mhappe plus que nous au sentiment de l'univérselle souffrance. À combats de Titans qu'ils ont placés à l’origine de leur histoire,

nexorable Destin qui pesait sur toute vie humaine, le vaütéur

jui rongeait le cœur de Prométhée, « parce qu'il était l'ami des hommes », le sort terrible du « sage Œdipe », la malédiction qui tar tous les membres de la famitié des Atrides et jui poussa Oreste au meurtre de sa mère, étaient autant d’éléfenis d’une philosophie qui aurait pu porter les Grecs au déses-

joir. Comment y ont-ils échappé? D'un côté, par le rêve »

üétique, ou, comme dit Nietzsche, par la vision apollinienne, ource des arts plastiques et de l'épopée homérique, la vision fun monde intérieur, image du monde réel, et dont l'apercepion n'a plus rien de douloureux, parce qu'il n’est fait que d’apärences ; et, de l’autre côté, par l'ivresse dionysiaque, qui a créé é chœur tragique, et dans laquelle l'homme s’exalte au sentinent de sa communion avec la nature. Apollon et Bacchus, le eu qui interprète les songes et celui qui préside aux orgies @ l'imagination, expriment les deux faces de l'inspiration he et personnifient les pôles opposés du génie grec. Il

ait inutile de rechercher ce que cette théorie, qui est exposée äns le premier ouvrage important de Nietzsche, la Naissance éla Tragédie?, à de vrai au point de vue historique ; ce n'est, n réalité, qu'une formule imposée arbitrairement à la littéra-

üre grecque. Mais on voit déjà quel est le fond de la pensée e Nietzsche. La vie, en elle-même, est sans valeur ; l'art est un ;

ioyen, le seul peut-être, qui nous aide à la supporter. « La vie rest digne d’être connue, dit la science; l’art peut dire avec Plus de raison : La vie est digne d'être vécue, car l'image de la vie est belle. »

La Naissance de la rrégétsé est l’œuvre la plus mûrie et la eux composée de Nietzsche; cern’était, du reste, qu'une partie ‘un grand travail, où il se Meet d'étudier tout le dévelopment du génie grec, et pour lequel il avait amassé une quan-

. « Notre idéal Per » dit Nietzsche dans le même discours, « n’est peut-être uc la fleur merveilleuse née de l’ardent amour qui porte l'homme du Nord vers Midi. »

+ Die Geburt der Tragüdie, oder Griechentum und Pessimismus, Leipzig, 1872; Done volume des Œuvres complètes.

1088 LE RÉALISME ET LE NATURALISME Re

tité de notes et de documents 1 Les cases spéciales

Nid, Dans le prémier, Ï Niebsche se sSépar ait de Schopenha U ; son ancien maitre, qu'il accusait maintenant de reculer dey les dernières conséquences de sa doctrine ;1ln ’admettait plus q ; eût un Raheqi quote, volonté ou RAMes cause a

ment, de la pitié pour Le es de la charité envers le DE6c Dans Aurore, il s’attaquait à la morale elle-même, qu'il montr variant de siècle en siècle et d'homme à homme; et c'est le de dire qu'il en sapait les fondements, car il se compare; dans la préface, à « un travailleur souterrain, qui creuse, qui foui « qui avance lentement et sûrement sa mine, qui se pr « volontairement d'air et de la lumière, et qui en arrive presque « à aimer la nuit, sachant que le jour est proche et que. déjà

« l’Aurore commence à luire ». Le jour qu'il attendait, c'était . où une race nouvelle, robuste et libre, remplacerait l'hu manité dégénérée d'aujourd'hui. Le ton de ces livres est Liste et je Une seule passion les anime, une soif cruelk de vérité, « boisson amère mais réconfortante da un tes ec

tout d’un coup, dans la, (raie Science à, le ton one. on pa de la satire au dithyrambe. Que s'est:1l passé dans l'intervalle? La préface nous l’apprend : « IL semble qu'un vent de dégel

« tape” dans ce ira ; c'est l'antéRqan tés ts

#« chaque page, comme si la chose la plus inattendue él « arrivée ; c'est la reconnaissance d'un SOA TAISER ER ee

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