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CHAPITRE PREMIER LA BOURGEOISIE DANS LA LITTÉRATURE

influence croissante de la bourgeoisie. — La poésie se transporte des manoirs féodaux dans l’enceinte des villes. — Caractère de la poésie nouvelle.

IM£a noblesse allemande, déjà décimée par les croisades, se cuina pendant le grand interrègne. Les empereurs, qui se succé- Aèrent rapidement depuis la chute des Hohenstaufen jusqu’à : favénement des Habsbourg, gouvernèrent à peine. Ils dépendaïent de leurs vassaux, plutôt qu'ils ne leur commandaient. babsence de toute autorité reconnue laissa le champ libre aux intreprises privées; toutes les rivalités, toutes les convoitises se iéurtèrent, et la noblesse retomba dans l’état de barbarie où elle wait vécu pendant les premiers siècles du moyen âge. L'ancienne loyauté disparut, et, avec elle, les sentiments généreux qui avaient ait l'âme de la poésie: chevaleresque.

Dans les guerres de surprise que les seigneurs se faisaient entre lux, les richesses des villes servaient tour à tour à satisfaire la : rupidité du vainqueur ou les rancunes du vaincu. Le chevalier jardait toujours son épée; et quand son domaine était envahi, il 'ivait de rapine. Mais lebourgeoïis était la proie du premier venu; : ‘omme il n'avait aucune place dans la hiérarchie sociale, il pou-

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des souverains et des grands vassaux certaines franchises, e

114 LA LITTÉRATURE BOURGEOISE DU MOYEN AGE. : vait disparaître sans que personne songeât seulement à le venge Exposés à tous les hasards d’une guerre incessante, les habitan

des villes s’armèrent enfin pour leur propre défense! Ils obtinré

échange de l’appui qu'ils leur prêtaient contre une nobles turbulente. Ils constituèrent un ordre nouveau, qui prit bient dans la littérature l'importance qu'il avait acquise dans l'État.

À la fin de l’interrègne, beaucoup de châteaux étaient € ruines, et ceux que le pillage avait épargnés n'’offraient plus à chanteur la même hospitalité qu’autrefois. Les réunions brillant: devant lesquelles se débitaient les poèmes d'aventure étaient di persées. Ce qu'on appelait du nom de courtoisie, dans la littératw

. comme dans les mœurs, était perdu sans retour. . poésie dut che

cher d’autres asiles : elle suivit le mouvement de la vie national elle passa de la cour des seigneurs dans l’enceinte des villes] chanteur, ne pouvant plus frapper à la porte des manoirs, ent) chez le bourgeois riche, ou il se fit entendre, comme aux tem héroïques, devant les assemblées populaires. Une littérature no velle se forma, moins hardie, moins originale que celle de là précédent, mais plus simple, plus intime, pour ainsi dire, plus en rapport avec la vie. |

Cette littérature se prolonge jusqu’à la fin du moyen âge; not allons la suivre dans ses diverses manifestations. Les ancienni légendes héroïques continuèrent à se transmettre, dans d rédactions plus ou moins altérées. Quant à la poésie chevaleresq proprement dite, elle se perdit dans des conceptions de plus plus or Là poésie lyrique, un instant désorienté reprit son essor. Des ouvrages intéressants se produisirent da le genre didactique et satirique. Le drame naquit des Jeux de Passion et des Jeux de Carnaval. Enfin la prose prit de l'impo tance dans une société qui, ayant ses propres intérêts à un | était portée au raisonnement et à Ja critique.

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