SIFRIT L'ENCORNÉ
Tel est, par exemple, le genre d'intérêt qui s'attache à Sifrit lEncorné1, ou l’invulnérable, un petit poème qui nous à été con-
|. Hiürnen Seyfried, dans le Livre des Héros de Von der Hagen et Primisser, deuxième partie. — Nouvelle édit'on, par Golther, Halle, 1599,
Tu Re & A
servé dans des éditions imprimées du XVIe Siècle, mais qui a di
de cette ville. Cette victoire ne suffit pas pour lui assurer la pos:
être écrit longtemps auparavant. Dans les Anar, Sifrit obtien la main de Krimhilt par les services chevaleresques qu'il rend & a roi Gunther. D’après une autre tradition, qui remonte jusqu’au temps paiens, Krimhilt est la récompense d’une victoire qu Sifrit a remportée sur un dragon. Le dragon, symbole mythique représente la nuit qui enveloppe la terre de ses replis sombrés l'hiver qui tient la nature captive et la frappe de stérilité, en w
mot, tout ce qui, dans l’univers visible, répond à l’idée dd mal
Sifrit est le dieu bienfaisant qui s'annonce dans les premier rayons de l’aurore, et qui donne la fécondité à chaque printemp nouveau. Il est remarquable que la vieille légende, consigné dans les Eddas !, inconnue dans les Nibelungen, reparaisse tou à coup dans une sorte de conte rimé au déclin du moÿen âge Il est vrai que le symbole qu'elle renfermait à l’origine est bier obscurci. Le dragon est devenu un chevalier, à qui une f6 maligne a jeté un sort, et qui, après un délai fixé, doit reprendr forme humaine. Il tient Krimhilt enfermée au fond d'une caverne tout en la traitant avec les égards dus à une châtelaine prison nière. Le vainqueur la ramène à Worms, et l’auteur inconm renvoie, pour la suite, à un ouvrage qu'il appelle les Noces de Sifrit et qui formait sans doute la première partie des Nibelungen. Li plupart des petits poèmes qui, comme Sifrit l'Encorné, se rangen autour de la grande épopée, mériteraient à peiné d’être cités, l’on ne tenait compte que de leur valeur littéraire. Ils tirent leu intérêt des sujets qu'ils nous ont conservés; ils montrent la tra dition épique dans sa complexité féconde, se développant en plu sieurs séries de fictions parallèles et souvent contradictoires.