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LES MAÎTRES CHANTEURS

| Frauenlob et Regenbogen ont été réclamés plus tard par école des maîtres chanteurs: ils ne lui appartiennent qu’à noitié, Ils forment la transition entre le Minnesang et le Meisergesang, entre l’ancien lyrisme chevaleresque et la nouvelle oésie bourgeoise. Le Meistergesang n’est pas, comme on le pré-

nte quelquefois, une pure création du xve siècle; il repose, ,

‘omme toute institution solide, sur le passé. Ses grandes métroroles sont les mêmes que celles de la poésie chevaleresque: ce ont les régions riveraines du haut Danube et du Rhin. Sa forme dinaire est l’ancienne strophe à trois compartiments, les deux

remiers (s{ollen) correspondant l'un à l’autre, et le troisième /

ormant la conclusion (abgesang). Seulement, par un développehe 1. « Ir pfaffen und ir ritter, tribet von iu nît, | ir prüevet anders grôzer ungenâde zît.

ir sult gedenken rehte, wie ez umb iu lit.

« der pfatfe, ritter, büman, die drie solten sîn gesellen. « der bûman sol dem pfaffen und dem ritter ern : « sô sol der pfaffe den bûüman und den ritter nern « vor der helle, und sol der werde ritter wern dem pfaffen und dem büman, die in tuon iht Lbœæses wellen. | « nu dar, ir edelen werden drie gesellen!

stôl unde swert, welt ir ein ander helfen wol, : « sû wirt diu kristenheit von iu genâden Vol. SR « stôl unde Swért, der pfluoc tuot allez daz cr sol : T 1e « sîtir mit triu cin ander bi, iuch kan nieman gevellen. » (Bartsch, Deutsche Liederdichter.)

Rent Haduel, Hév blé, la RE toute pie. a longe, s’enchevêtre, et prod à la fin une construction tout à fa artificielle.

L'ancien chanteur chevaleresque faisait déjà école; il avait dé disciples qui le suivaient, comme lécuyer suivait le chevalier. Quand la poésie devint sédentaire dans les communes, le chat teur s'établit à demeure, offrant son enseignement et son exemp à qui pouvait en profiter, rassemblant ses élèves autour de lui, ‘les produisant à l’occasion devant le public. Ce fut un premier pas; le second fut l’organisation du chant sur le modèle de ces corporations qui régissaient toute la vie communale du moyen âge. > à L'association des maîtres chanteurs, une fois constituée, eu sa légende, celle des douze chanteurs qui, au x° siècle, avaien! fondé l’art du chant, et qui avaient recu de l'empereur Otton le une charte avec une couronne d’or. Elle eut ses armoiries. Elle . se ramifia en un grand nombre d'écoles, échelonnées de ville € ville. Chaque école avait, ses trois présidents, ou marque (Merker), chargés de veiller au maintien des règlements. avait ses réunions privées ou publiques; celles-ci se tenai dans les églises. Les adhérents avancçaient par degrés; on 6 ‘ poète (Dichter), lorsqu'on savait composer une pièce de vers Si l’un des tons inventés par les maîtres; on était maître soi-mê : lorsqu'on avait imaginé un ton nouveau. La composition € chant étaient réglés par une législation minutieuse, Ja tablat qui fut définitivement constituée au commencement du xvi° siè Les fautes commises par les débutants étaient scrtbule so notées, et ce n'étaient pas seulement des mots détournés de let sens ou des rimes défectueuses, mais aussi des erreurs de d trine ; car les Meistersänger étaient parfois de grands théologiens ils savaient dire, par exemple, où Dieu s'était trouvé avant création du ronde. comment il avait pu naître de sa propre créa ture, comment enfin la vierge Marie avait dû exister avant Son fils, c'est-à-dire avant l’origine des choses. | L'art des maîtres chanteurs se perdit de bonne heure dan minutie littéraire et théologique. De leurs œuvres, il n’est x resté qui mérite seulement l'impression. Les vrais écrivains se sont rattachés à eux se sont illustrés en dehors de l’école chants de maître de Hans Sachs, par exemple, constituent partie morte de ses écrits. Le mérite des maîtres chanteurs,

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leurs que dans la poésie ; ils ont créé un intérêt supérieur au 170 ein d'une bourgeoisie vouée au travail matériel, et leurs écoles ”

nt été pendant plusieurs siècles des foyers d'instruction et de ioralité pour le peuple !.

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