CHAPITRE n. DRYDEN
fectations de poëteà la mode, il a gardé le naturel énergique et âpre. Sauf une scène d'injures, son Octavie est une matrone romaine, et quand, jusque dans / Alexandrie, jusque chez Cléopatre, elle vient chercher ^ Antoine, elle le fait avec une simplicité et une no- r blesse qu'on ne surpassera pas. a La sœur de César ! » lui dit Antoine en l'abordant. — « Ce mot là est dur. « Si je n'avais été que. la sœur de César, — je serais « restée dans le camp de César. — Mais votre Octavie, « votre femme tant maltraitée, — quoique bannie de « votre lit et chassée de votre maison, — quoique « sœur de César, est encore à vous. — Il est vrai, j'ai « une âme qui dédaigne votre froideur, — qui me « pousse à ne point chercher ce que vous devriez « offrir. — Mais la vertu d'une épouse surmonte cet « orgueil. — Je viens pour vous réclamer comme mon « bien, pour vous montrer — ma fidélité d'abord, pour « demander, pour implorer votre tendresse. — Votre « main, mon seigneur; elle est à moi, et je la de- « mande. » Et quand Antoine, humilié, se révolt j contre la grâce qui lui vient d'Octave et lui dit que sans doute elle a demandé pardon pour lui pauvremen et bassement : « Pauvrement et bassementi Je n au- « rais pas pu faire une pareille demande, — ni mon « frère l'accorder.... — Ma triste fortune, je le vois, « me soumet toujours à \os désobligeantes méprises. « — Mais les conditions que je vous apporte sont telles « — que vous n'aurez pas à rougir de les accepter. « J'aime votre honneur — parce qu'il est le mien. On « ne dira jamais — que le mari d'Octavie fut l'esclave
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c d'un autre homme . — Seigneur, vous êtes libre ; libre « même de Tépouse que vous avez en aversion. — « Car, quoique mon frère veuille acheter pour moi c votre tendresse, — et me fasse la condition et le « ciment de votre paix, — j'ai une âme comme la vô- « tre : je ne puis recevoir — votre amour comme une « aumône, ni implorer ce que je mérite. — Je dirai « à mon frère que nous sommes réconciliés. — Il re- « tirera ses troupes, et vous vous mettrez en marche « — pour gouverner rOrient.Vous me pourrez laisser « à Athènes; — n'importe où; je ne me plaindrai ja- « mais, — Je ne garderai que le stérile nom d'épouse c — et vous serez quitte de tout autre ennui ^ •