CHAPITRE II. DRYDEN
Cela est grand ; cette femme a un cœur fier, et aussi un cœur d'épouse; elle saitdonneret elle sait souffrir; ce qot est mieux, elle sait se sacrifier sans emphase et d'un ton calme ; ce n'est point une âme vulgaire qui a conçu une pareille âme. Et le vieux général Ventjdîus qui, avec elle et avant elle, vient pour retirer Antoine de son illusion et de son esclavage, est digne de parler pour l'honneur, comme elle a parlé pour l€ devoir. Sans doute c'est un plébéien, un soldat rude et railleur, qui a la franchise et les plaisanteries de so^ métier, maladroit parfois, qu'un habile eunuque de sérail pourra duper, « héros au crâne épais, » et qui, par simplicité d'âme, par grossièreté d'éducation, ramènera Antoine sans s'en douter dans le rets qui semblait brisé. En attendant, il triomphe avec un gros rire: «Voilà des nouvelles pour vous, cours, mon cf- « ficieux eunuque. Ne manque pas d'arriver le prfr- « mier; presse-toi. Vite, mon cher eunuque, vite. En « avant, mon cher demi-homme. » Et, tombant dans un piège, il dit à Antoine qu'il a vu Cléopatre infidèle avec Dolabella: — «Ma Cléopatre? — Votre Cléopatre. « La Cléopatre de Dolabella. La Cléopatre de tout le K monde. — Tu mens. — Je ne mens pas, mon sei- « gneur. Cela est-il si étrange? Est-ce qu'une maî-
For tho' my brother bargains for your love,
Makes me the price and cernent or your peace,
I hâve a seul like yours; I cannot take
Your love as alms, nor beg what I deserve.
ril tell my brother we are reconcil'd.
He shall draw back his troops, and you shail marcli
To ruie the East. I may be dropt at Athens;
No matter where, I never will complain,
But only keep the barren name of wife.
And rid you of the trouble.
202 uvRE m. L'Age classique.
« tresse quittée ne se pourvoit pas? Vous savez bien c qu'elle n'est pas accoutumée aux nuits solitaires ^«» Voilà justement le bon moyen de rendre Antoine jaloux, et le ramener furieux à Gléopatre. Mais quel brave cœur, et comment on entend, lorsqu'il est seul avec Antoine, le mâle accent, la profonde voix qui a tonné dans les batailles 1 II aime son général en bon et honnête dogue, et ne demande pas mieux que de mourir, pourvu que ce soit aux pieds de son maître. Il gronde sourdement, en le voyant abattu, tourne autour de lui et d'un coup il pleure : « Regarde, empa- « reur, voilà une rosée qui n'est pas ordinaire. — Je « n'ai pas pleuré depuis quarante ans, — mais à pré* « sent la faiblesse de ma mère me revient aux yeux.» — « Par le ciel, dit Antoine, il pleure le bon vieil « homme, il pleure — et les grosses gouttes rondes « courent les lines après les autres sur les sillons de « ses joues*. »» Et là- dessus Antoine, lui-même, pleure.
1. There*s news for you ; run, my officious Eunuch. Be sure to be the first. Haste forward,
Haste, my dear Ëunuch, haste.
0D| sweet KuQuch^ my dear half-man, proceed..,*
AN TONY
My Cleopatrat
VENTIDIUS
Your Cleopatra.
Dolabella's Cleopatra.
Every man's Cleopaira.
ANTONT.
Thou ly'st
VENTIDIO
I do not lye, my lord.
Is this so strange? Should mistresses be lefl. And not provide against a lime cl change?
You kaow slie's not much us'd to lonely nighls.