‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 178 sur 271 · CHAPITRE m. LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. LA RÉVOLUTION

« les courtisans se filoutent entre eux ; nous du « moins, messieurs, nous avons gardé assez d*hon - « neurpour nous maintenir purs parmi les corrup- « tions du monde*. » Au reste, il est galant, il a une demi-douzaine de femmes, une douzaine d'enfants, il fréquente les mauvais lieux, il est aimable avec les beautés qu'il y rencontre, il a de l'aisance, il salue ' bien et à la ronde; il tourne à chacune son compliment: * Mademoiselle Slammekin, toujours votre « abandon et cet air ne^gligé du grand monde I Vous « toutes, dames'à la mode qui connaissez votre beauté, « vous aimez le déshabillé. Mademoiselle Jenny, dai- « gnerez-vous accepter un petit verre? — Je ne bois « jamais de liqueurs fortes, excepté quand j'ai la co- « lique. — Justement l'excuse des dames à la mode : m une personne de qualrté a toujours la colique ^ » N'est-ce pas le vrai ton de la bonne compagnie? Et douterez-vous encore que M.Macheath soit un homme de qualité quand vous apprendrez qu'il a mérité d'être pendu et qu'il ne Test pas? A cette preuve tout doit céder. Si pourtant vous en voulez une autre, il ajoutera que « en matière de conscience et de morale « moisie il n'est point du tout vulgaire; cette consit dération-là rogne aussi peu sur ses profits et sur « ses plaisirs que surceux d'aucun gentilhomme d'An-

î. You see, gentlemen, I am nota mère court friend, who pfc Tesses every Ihing and will do nolhing.... But we, gentlemen, hâve still honour enough lo break through the corruptions of tlie world.

2. Mistress Slammekin! As careless and genteel as everl ail you fine ladies who know your own beauty, affect an undress....

« gleterre*. » Après un tel mot, il faut bien se rendre. N'objectez pas la saleté de ces mœurs; vous voyez bien qu'elle n'a rien de rebutant, puisque la bonne compagnie s'en régale. Ces intérieurs de prison et de mauvais lieu, ces tripots, cette odeur de gin, ces mar* chandages d'entremetteuses et ces comptes de filous, rien ne dégoûte les dames, qui applaudissent dans leurs loges. Elles chantent les chansons de Polly; leurs nerfs n'ont peur d'aucun détail; elles ont déjà respiré ces senteurs de bouges dans les pastorales limées de l'aimable poète*. Elles rient de voir Lucy qui montre sa grossesse à Macheath, et qui verse à Polly de la mort aux rats. Elles sont familières avec toutes lesgracieu-

If any of tbe ladîes chose gin, I hope they will be so free to call for it.

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