CHAPITRE III. LA RÉVOLUTION
tonnerre sitôt qu'un imprudent touche ou semble toucher à Téglise. On le voit à la vente des livres de piété protestants, le Pilgrim'sprogresSj le Whole duty ofman^ seuls capables de se frayer leur voie jusqu'à l'appui de fenêtre du yeoman et du squire, où dorment, parmi les engins de pêche, quatre volumes, toute la bibliothèque. Vous ne remuerez les hommes de cette race que par des réflexions morales et des émotions religieuses. L'esprit puritain attiédi couve encore sous terre et se jette du seul côté où se rencontrent l'aliment, l'air, la flamme et l'action.
On s'en aperçoit quand on regarde les sectes. En France, jansénistes et jésuites semblent des pantins de l'autre siècle occupés à se battre pour le divertissement de celui-ci. Ici les quakers, les indépendants, les baptistes, subsistent, sérieux, honorés, reconnus par l'État, illustrés par des écrivains habiles, par des savants profonds, par des hommes vertueux, par des fondateurs de nations*. Leur piété fait leurs disputes ; c'est parce qu'ils veulent croire qu'ils diffèrent de croyance; les seuls hommes sans religion sont ceux qui ne s'occupent pas de religion. Une foi immobile est bientôt une foi morte, et quand un homme devient sectaire, c'est qu'il est fervent. Ce christianisme vit, car il se développe; on voit la sève toujours coulante de l'examen et de la foi protestante rentrer dans de vieux dogmes, dtsséchés depuis quinze cents ans. Vol taire, arrivant ici, est surpris de trouver des ariens,