Penn
282 LIVRE m. L'AGE CLASSIQUE.
rt parmi eux les piemiers penseurs de TAnglcterre, Clai ke, Newton lui-mênae. Ce n'est pas seulement lo dogme, c'est le sentiment qui se renouvelle; par delà les ariens spéculatifs perçaient les méthodistes pratiques, et derrière Newton et Clarke venaient Whitelield et Wtsley.
Nulle histoire n'éclaire plus à fond le caractère anglais. En face de Hume, de Voltaire, ils fondent une secte monacale et convulsionnaîre, et triomphent chez eux par le rigorisme et l'exagération qui les perdraient chez nous. Wesley est un lettré, un érudit d'Oxford, et il croit au diable; il lui attribue des maladies, des cauchemars, des tempêtes, des tremblements de terre. Sa famille a entendu des bruits surnaturels; son père a été poussé trois fois par un revenant; luimôme voit la main de Dieu dans les plus vulgaires événements de la vie ; un jour, à Birmingham, ayant été surpris par lagréle, il découvre qu'il reçoit cet avertissement parce qu'à table il n'a point exhortéles gens qui dînaient avec lui; quand il s'agit de prendre Ufi parti, il tire au sort, pour se décider, parmi les textes de la Bible. A Oxford, iljeûneetse fatigue jusqu'à cracher le sang et manquer de mourir; sur le vaisseau, quand il part pour l'Amérique, il ne mange plus quedu pain et dort par terre ; il mène la vie d'un apôtre, donnant tout ce qu'il gagne, voyageant et préchant toute Tannée, et chaque année, jusqu'à quatre-vingt-huit ans*;
1. Dans une tournée, il coucha trois semaines sur le plancher. Un jour, à trois heures du matin, il dit à Nelson, son compagnon : « Mon