‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 210 sur 271 · CHAPITRE III. LA RÉVOLUTION. 3P · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. LA RÉVOLUTION. 3P

On s'empiCfre aux frais du candidat; Taie, le gin et Teau-de-vie coulent en plein air; la mangeaille descend dans les ventres électoraux, les trognes deviennent rouges. Mais en même temps elles deviennent furieuses, « A chaque verre qu'ils entonnent, leur a aniraoslté croît. Maint honnête homme, qui aupat ravant était aussi inoffensif qu'un lapin apprivoisé, « une fois rempli, devient aussi dangereux qu'une « coulevrine chargée. » Le débat devient une lutte, et l'instinct batailleur, une fois lâché, a besoin de coups. Les candidats s'enrouent l'un contre l'autre. On les promène en l'air sur des fauteuils, au grand péril de leur cou; la foule hue, applaudit et s'échauffe par le mouvement, la contradiction, le tapage; les grands mots patriotiques ronflent, la colère et la boisson enflent les veines, les poings se serrent, les gourdins travaillent, et des passions de bouledogues manœuvrent les grands intérêts du pays; qu'on prenne garde de les tourner contre soi : lords, communes ou roi, elles n'épargneront personne, et quand le gouvernement voudra opprimer un homme en dépit d'elles, elles contraindront le gouvernement à abroger sa loi. On ne les musellera pas, car elles s'enorgueillissent de ne pas être muselées. L'orgueil ici s'ajoute à l'in-

down, serves to increase their animosity. — Many an honest man, before as harmless as a tame rabbit, when loaded with a single élection dinner, bas become more dangerous than a cbarged culverin.

Tbe mob meet upon the debate; fight themselves sober; and hen draw off to get drunk again, and charge for another encounler. (Goldsmiih.) Voyez aussi Hogarth.

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stinct pour défendre le droit. Chacun sent que « sa c maison est son château, » et que la loi veille à sa porte. Chacun se dit qu'il est à Tabri de l'insolence privée, que l'arbitraire public n'arrivera pas jusqu'à lui, qu'il « a son corps, » qu'il peut répondre à des coups par des coups, à des blessures par des blessures, qu'il sera jugé par un jury indépendant et d'après une loi commune à tous. < Quand un homme en « Angleterre, dit Montesquieu, aurait autant d'enne- « mis qu'il a de cheveux sur la tête, il ne lui en ar- « riverait rien. Les lois n'y étant pas faites pour un « particulier plutôt que pour un autre, chacun se re- « garde comme monarque, et les hommes dans cette « nation sont plutôt des confédérés que des conci- « toyens. » Cela va si loin, « qu'il n'y a guère de jour « où quelqu'un ne perde le respect au roi d'Angle- « terre.... Dernièrement milady Bell Molineux, mat- « tresse fille, envoya arracher les arbres d'une petite « pièce de terre que la reine avait achetée pour Ken- « sington, et lui fit procès sans avoir jamais voulu, « sous quelque prétexte, s'accommoder avec elle, et fit « attendre le secrétaire de la reine trois heures.... » Quand ils viennent en France, ils sont tout étonnés do voir le régime du bon plaisir, la Bastille, les lettres de cachet, un gentilhomme qui n'ose résider sur sa terre, à la canipagne, par crainte de l'intendant; un écuyei de la maison du roi qui, pour une coupure de rasoir, tue impunément un pauvre barbier*. Chez eux, « au-

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