‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 211 sur 271 · CHAPITRE III. LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. LA RÉVOLUTION

« Clin citoyen ne craint aucun citoyen, » Causez avec le premier venu, vous verrez combien cette sécurité relève leurs cœurs et leurs courages. Tel matelot qui mène Voltaire en barque, et demain sersi pressé pour la flotte, se préfère à lui et le regarde avec compassion en recevant son écu. L'énormité de l'orgueil éclate à chaque pas et à chaque page. Un Anglais, dit Chcsterfield, se croit en état de battre trois Français. Ils diraient volontiers qu'ils sont, dans le troupeau des hommes, comme des taureaux dans un troupeau de bœufs. Vous les entendez s'enorgueillir de leurs coups de poing, de leur viande, de leur aie, de tout ce qui peut entretenir la force et la fougue de la volonté virile. « Le roastbeef et la bière * font des bras « plus forts que l'eau claire et les grenouilles. >» Aux yeux de la foule, leurs voisins sont des perruquiers affamés, papistes et serfs, sortes de créatures inférieures qui n'ont ni la propriété de leurs corps ni le gouvernement de leurs consciences, marionnettes et machines dans la main d'un maître et d'un prêtre. Pour eux, ils sont « les princes de Tespèce humaine, » « Je les vois passer, l'orgueil dans le maintien, le défi « dans les yeux, tendus vers de hauts desseins, troupe « sérieuse et pensive. Les formes ne les ont point po- « lis ; ils sortent intacts des mains de la nature, âpres «dans leur hardiesse native de cœur, fidèles à ce «c qu'ils croient le juste, supérieurs à la contrainte. M. Chez eux, le paysan lui-même se glorifie de sur-

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« veiller ses droits et apprend à vénérer son titre

« d'homme*.

Des hommes ainsi faits peuvent se passionner pour les affaires publiques, car ce sont leurs affaires; en France, ce ne sont que les affaires du roi et de ^'me de Pompadour*. Jci, les partis sont ardents comme les sectes : gens de la haute et de la basse Église, capitalistes et propriétaires fonciers, noblesse de cour et châtelains rustiques, ils ont leurs dogmes, leurs théories, leurs mœurs et leurs haines, comme les presbytériens, les anglicans et les quakers. Le squire de campagne déblatère, après boire, contre la maison de Hanovre, et porte la santé du roi au delà de Teau; lewhigde la ville, le 13 janvier, porte celle de l'homme au masque^, et ensuite de l'homme qui fera la même chose sans masque. Us se sont emprisonnés, exilés, décapités tour à tour, et le Parlement retentit tous les jours de la fureur de leurs invectives. La vie politique, comme la vie religieuse , surabonde et déborde, et ses explosions ne font que marquer la

1. Stern o*er each bosom reason holds her state; With daring aims irregularly great.

Pride in their port, défiance in their eye, I see the lords of human kind pass by; Intent on high designs, a thoughtfui band , By forms uniashioned, fresh from nature's hand ; Fierce in their native hardiness of soui, True to imagined right, above control , While even the peasant boasts thèse rights to scan^ And learns to venerate himself a man.

(Goldsmith.)

î. Lord Cbesferfield remarque qu'un Français d'alors n*entend point le mot de patrie; qu'il faut lui parler de son prince. 3. L'exécuteur de Charles I".

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