CHAPITRE III. LA RÉVOLUTION
Puis se retournant vers les communes:
Un Parlement ainsi lié et contrôlé, sans cœur et sans liberté, au lieu de limiter la prérogative de la couronne, Pétend, l'établit et la consolide au delà de tout précédent, de toute condition et de toute limite. Mais quand la cbambre des communes anglaises serait si ignominieusement morte à la conscience du poids dont elle doit peser dans la constitution, quand elle aurait si entièrement oublié ses anciennes luttes et ses anciens triomphes dans la grande cause delà liberté et de Phumanité, quand elle serait si indifférente à l'objet et à l'intérêt premier de son institution originelle, j'ai la confiance que le courage caractéristique de cette nation serait encore au niveau de cette épreuve ; j'ai la confiance que le peuple anglais serait aussi jaloux desinQuences secrètes qu'il est surpérieur aux violences ouvertes; j'ai la confiance qu'il n'est pas plus disposé à défendre son intérêt contre la déprédation et l'insulte étrangère qu'à rencontrer face à face et jeter par terre cette conspiration nocturne contre la constitution *.
Voilà les explosions d'un naturel par excellence doux et aimable; jugez des autres. Une sorte d'exagération passionnée règne dans les débats que soulèvent
1. A parliamenï tnus feltered and controlled, without spirit and wlthout freedom, instead of limiting, extends, substantiates, and cslablishes beyond ail précèdent, latitude, or condition, the prérogatives of the crown. But though the British House of Common3 were so shamefuUy lest to its own weight in the constitution, were 80 unmindful of its former struggles and triumphs in the great cause of liberty itnd mankind, were so indiffèrent to those primary objecls and concerns for which it was originally inslituted, I trust the characterislic spirit of Ihis country is still equal to the trial; I trust Englislimen will be as jealousof secret influences as superior to open violence ; I trust they are not mo7e ready to défend their interest against foreign déprédation and insuit, than to encounter and defeat liiis midnight conspiracy against the constitution. (Fox* speeches t. H, 2G2.)
le procès de Warren Hastings et la Révolution française, dans la rhétorique acrimonieuse et dans la déclamation outrée de Sheridan, dans le sarcasme impitoyable et dans la pompe sentencieuse du second Pitt. Ils aiment la vulgarité brutale des couleurs voyantes; ils recherchent les grands mots accumulés, les oppositions symétriquement prolongées, les périodes énormes et retentissantes. Ils ne craignent point de rebuter, et ils ont besoin de faire effet. La force, c'est là leur trait, et celui du plus grand d'entre eux, le premier esprit de ce temps, Edmund Burke. « Prenez Burke à partie, disait Jonhson, sur tel sujet « qu*il vous plaira; il est toujours prêt à vous tenir « tête. » Il n'étiit point entré au Parlement, comme Fox et les deux Pitt, dès Taurore de la jeunesse, mais à trente-cinq ans, ayant eu le temps de s'instruire à fond de toutes choses, savant dans le droit, l'histoire, la philosophie, les lettres, maître d'une érudition si universelle qu'on l'a comparé à lord Bacon. Mais ce qui le distinguait entre tous les autres, c'était une lirg; intelligence compréhensive qui, exercée par des études et des compositions philosophiques*, saisissait les ensembles, et, par delà lestextes,les constitutions et les chidres, apercevait la direction invisible des événements et Tesprit ii.time des choses, en couvrant de son dédain a ces prétendus hommes d'État, troupeau « profane de manœuvres vulgaires, qui nient Texi- « stence de tout ce qui n'est point grossier et maté-
l . Recherches sur l'origine de nos uUes du beau ei du sublime^