Voy. les trente derniers numéros du Spectator
lettres de toutes sortes de personnages, ecclésiastiques, gens du peuple, hommes du monde, qui cha^ cun gardent leur style et déguisent le conseil sous Tapparence d'un petit roman. C'est un ambassadeur de Bantam qui raille, à la façon de Montesquieu, les mensonges de la politesse européenne. Ce sont des contes grecs ou orientaux, des voyages imaginaires, la vision d'un voyant écossais,- les Mémoires d'un rebelle, l'histoire des fourmis, les métamorphoses d'un singe, le journal d'un oisif, une promenade à Westminster, la généalogie de Vhumour^ les statuts des clubs ridicules; bref une abondance intarissable de fictions agréables ou solides. Les plus nombreuses sont des allégories. On sent qu'il se plaît dans ce monde magnifique et fantastique; c'est une sorte d'opéra qu'il se donne; ses yeux ont besoin de contempler des couleurs. En voici une sur les religions, bien protestante, mais aussi éclatante qu'ingénieuse : l'agrément là-bas ne consiste point, comme chez nous, dans la vivacité et la variété des tons, mais dans la splendeur et la justesse de l'invention. « La « figure du milieu, qui attira d'abord les yeux de tout « le monde, et qui était beaucoup plus grande que les « autres, était une matrone habillée comme une dame « noble et âgée du temps de la reine Elisabeth. On M remarquait surtout dans son habillement le cha- « peau avec une couronne en clocher *, l'écharpô plus
1. Voir les coiffures tous Elisabeth pour comprendre ces termes spéciaux.