‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 28 sur 271 · CHAPITRE I. LA RESTAURATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. LA RESTAURATION

polissonne maladroitement et dogmatiquement; il est impie sans élan , en périodes développées. Un de ses galants s'écrie : « Est-ce que l'amour sans le prêtre « et l'autel n'est pas l'amour? Le prêtre est là pour ce son salaire et ne s'inquiète pas des cœurs qu'il unit. « L'amour seul fait le mariage *. » — « Je voudiais, dit « Hippolyte, qu'il y eût un bal en permanence dans « notre cloître, et que la moitié des jolies nonnes y « fût changée en hommes pour le service des autres'.» Nui ménagement , nul tact. Dans son Moine espagnol, la reine, assez honnête femme, dit à Torrismond qu'elle va faire tuer le vieux roi détrôné pour l'épouser, lui Torrismond> plus à son aise. Bientôt on leur annonce le meurtre : « Maintenant, dit la reine, ma- « rions-nous. Cette nuit, cette heureuse nuit, est à « vous et à moi '. » A côté de cette tragédie sensuelle,

do over mice, and ihen let Ihem get a liUle way, and ail the plea« sure is to pat them back again. »

Wildblood dit à sa maîtresse : • I am none of those unreasonable lovers tbat propose to themselves the loving to eternity. A month is commonly my stint. » — Et Jacintha répond : « Or would not a fortnight serve our turn? » (Mock Astrologer.)

Souvent, à la barbarie de ses plaisanteries, on dirait qu'il traduit Hobbes.

1, Is not Love love without a Priest and Altars? The temples are inanimate, and know not

What vows are made in them; the Priest stands ready For bis hire, and cares not what hearts he couples. Love alone is marriage....

2, I wished tha bail might be kept perpetually in our cloysier, md that half the handsome nuns in it might be turned to men, foi ihe sake of the other.

3, This night, this happy night is yours and mine.

Et tout à côté on rencontre des allusions politiques. Cela peint le

44 uvRE in. l'Agb classique.

rintrigue comique , poussée jusqu'aux familiarités les plus lestes, étale l'amour d'un cavalier pour une femme -mariée qui à la fin se trouve être sa soeur. Dryden ne trouve dans ce dénoùment rien qui froisse son cœur. Il a'perdu jusqu'aux plus vulgaires répugnances de la pudeur naturelle. Quand il traduit une pièce hasardée, Amphitryon^ par exemple, il la trouve trop modeste; il en ôte les adoucissements, il en alourdit le scandale. « Le roi et le prêtre, dit Jupiter, « sont en quelque manière contraints par convenance « d'être des hypocrites bien masqués*. » Là-dessus, le dieu étale crûment son despotisme. Au fond, ses sophismes et son impudence sont pour Dryden un moyen de décrier par contre-coup les théologiens et leur Dieu arbitraire. « Un pouvoir absolu, dit Jupiter, « ne peut faire de mal. Je n'en puis faire à moi- « m'^me, puisque c'est ma volonté que je fais, ni aux « hommes, puisque tout ce qu'ils ont est à moi. Cette « nuit je jouirai de la femme d'Amphitryon , car lors- « que je la fis, je décrétai que mon bon plaisir serait « de l'aimer. Ainsi je ne fais point de tort à son mari, n car je me suis réservé le droit de l'avoir tant qu'elle « me plairait*. » Cette pédanterie ouverte se change

temps. Par exemple, Torrismond dit pour s'excuser d'épouser la reine :

Power which in one âge is tyranny

Is ripeu'd in th& next ta succession»

She's in possession.

1, For Kings and Prîest are in a manner bound For révérence sake^ to be dosa hypoerileft»

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