‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 29 sur 271 · CHAPITRE I. LA RESTAURATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. LA RESTAURATION

en luxure ouverte sitôt qu'il voit Alcmène. Nul détail n'est omis : Jupiter lui dit tout, et devant les suivantes, et le lendemain, quand il sort, elle fait pis que lui, elle s'accroche à lui, elle entre dans des peintures intimes. Toutes les façons royales de la haute galanterie ont été arrachées comme un vêtement incommode ; c'est le sans-géne cynique au lieu de la décence aristocratique; la scène est écrite d'après Charles II et la Castlemaine* au lieu d'être écrite d'après Louis XIV et Mme de Montespan.

J'en passe plusieurs : Crowne, l'auteur de Sir Courtly Nice; Shadwell, l'imitateur de Ben Jonson; mistress Afra Behn, qui se fit appeler Âstrée, espion et courtisane, payée par le gouvernement et par le public. Etheredge est le premier qui, dans son Homme

By Tirtue of omnipotence hâve made it.

And Power omnipotent can do no wrong.

Not to myself, because 1 will it so ; Not yet to men, for what they are is mine.

This night I will enjoy Amphytrion's wife :

For when I made ter, 1 decreed her such As I shou'd please to lové.

1. Lorsque Jupiter sort, alléguant qu'il est jour, Alcmène lui dit;

But you and I will draw our curtains close, Extinguish day-light, and put out the sun.

Come back, my lord.

"ïou hâve not yet laid long enough in bed To warm y our wido'wed side.

Ctomparez la matrone romaine de Plante et Thonnôte dame française de Molière à cette personne expansive.

46 LIVRE m. L'Age classique.

à la mode, donne Texemple de la comédie imitative et peigne uniquement les mœurs d'alentour; du reste franc viveur et contant librement ses habitudes. « Pourchasser les filles, hanter le théâtre, ne songer à rien toute la journée, et toute la nuit aussi, direzvous : » c'étaient là ses occupations à Londres. Plus tard, à Ratisbonne, « il fait de graves révérences, converse avec les sots, écrit des lettres insipides* , » et se console mal avec les Allemandes. C*est avec ce sérieux qu'il prenait ses fonctions d'ambassadeur. Un jour, ayant trop dîné, il tomba du haut d'un escalier et se cassa le cou ; la perte n'était pas grande. Mais le héros de ce monde fut William Wycherley, le plus brutal des écrivains qui aient sali le théâtre. Envoyé en France pendant la révolution, il s'y fit papiste, puis au retour abjura, puis à la fin, dit Pope, abjura encore. Privées du lest protestant, ces têtes vides allaient de dogme en dogme, de la superstition à l'incrédulité ou à l'indifférence, pour finir par la peur. Il avait appris chez M. de Montausier l'art de bien porter des gants et une perruque ; cela suffisait alors pour faire un gentleman. Ce mérite et le succès d'une pièce ignoble, V Amour au boîsj attirèrent sur lui les yeux de la duchesse de Cleveland, maîtresse du roi et de tout le monde. Cette femme, qui ramassait

l. From hunting whores and haunling play, And minding nothing ail the day, And ail the night too. you will say,...

To make grave legs in formai fetters, Converse with fools and write dull letters....

{Lettre à lord Middleton)

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