‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 49 sur 271 · CHAPITRE I. LA RSSTAURATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. LA RSSTAURATION

« changée*. » Il voulut énumérer les plus grands écrivains modernes et oublia dans son catalogue, « parmi « les Italiens *, Dante, Pétrarque, l'Arioste et le Tasse; « parmi les Français, Pascal, Bossuet, Molière, Cor- « neille. Racine et Boileau ; parmi les Espagnols, Lope « et Calderon ; parmi les Anglais, Chaucer, Spencer, «L Shakspeare et Milton; » en revanche il y inséra Paolo Sarpi, Guevat-a, sir Philip Sidney, Selden, Voiture et Bussy-Rabutin, « auteur des Amours de Gaul. » Pour tout combler, il déclara authentiques et admirables les fables d'Ésope, cette pesante rédaction byzantine, et les lettres de Phalaris, cette méchante fabrication sophistique; deux ouvrages, selon lui, « qui, ^nt les plus anciens dans leur genre, sont « aussi les meilleurs dans leur genre. » Enfin, pour s'enferrer lui-même sans remède, il remarqua gravement que « sans doute quelques savants, du moins « de ceux qui passent pour tels sous le nom de cri- « tiques, n'avaient point estimé ces lettres authen- « tiques ; mais qu'il fallait être un bien médiocre « peintre pour ne point y reconnaître une peinture « originale. Une telle diversité de passions dans une « tçll^ variété d'a^ctions et de circonstances de la vif

1. VihZti are become of Uie çbarms of music^, hij which men and l)easts, fiches, îcyyfU and serp^ts, were ao f^equepUy encbanted, and Uieir vary natures changed > by which tb|^ pas§l(uis çf men were raisad to the greatest beigkt and violencç, aad tî^en ^ ^ij^denlyapr p^i^y so a^ they ini|^ ba justly ^d Xq b^ tumed iplp llona or lairt)s, into w^v^ (» ipfo^aBU,^y Uua Vfifi^ fA 9i^mkv» lidBHrabla art T

« et du gouvernement, une telle liberté de pensée, t une telle hardiesse d'expression, une telle libéra- « lité envers ses amis, un tel dédain de ses ennemis, « une telle considération pour les hommes savants, « une telle estime pour les gens de bien, une telle « connaissance de la vie, un tel mépris de la mort, en « même temps qu'une telle âpreté de naturel etnine « telle cruauté dans la vengeance, n'ont pu être ja- « mais manifestés que par celui qui les a possédés ; « et j'estime Lucien auquel on les attribue aussi in- « capable de les écrire que de faire ce que Phalaris a « osé *. » Très-belle rhétorique; il est fâcheux qu'une

1. It may, perhaps, be further affirmed, in fayour oftbeancient», that the oldest bocks we bave are still in their kind Ihe best. The two most ancient Ihat I know of in prose, among those we call prorane authors, are still Esop's Fables and Phalaris's Epistles,. both ïiving near the same lime, which was that of Cyrus and Pytbagoras. As the first has been agreed by ail âges since for the greatest master in bis kind, and ail others of that sort bave been but imitations of bis original, so I think the Fpistles of Phalaris V) bave more race, more spirit, more force of wit and genius, than any others I bave ever seen, eitber ancient or modem. 1 know several learned men (or that iisually pass for sucb, under the name of critics) bave Dot estcemed them genuine, and Politian, with somé others, bave attributed them to Lucian ; but I thlnk he must bave little skill in painting, that cannot find out tbis to be an original ; sucb diversity of passions, upon such variety of actions and passages of life and govemment, such freedom of thought, such boldness of expression, such bounty to bis friends, such scorn oi bis enemies, such honour of learned men, such esteem of good, such knowledge of life, such oontempt of death, with such fierceness of nature and cruelty of revenge, could never be represented but by him that possessed them; and I esteem Lucian to bave been no more capable of writîng than of acting what Phalaris did. In ail one writ, you find the icbolar or the sophist ; and in ail the other, the tyrant and the ccmmander. {Of ancterU and modem learning, 469.)

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