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s'étaient succédés dans la colonie dans l’espace de 26 ans, à
partir de la cession en 1759. Mais ces gouvernements, dif- férents de noms, se ressemblaient tous sous le rapport tyrannique et autoritaire. Le conseil législatif fut divisé en
plusieurs comités chargés de s'enquérir de l’état de la justice,
de la milice, des chemins, de l’agriculture, de la population,
du commerce, de la police, de l'éducation, et de faire rapport séparément sur la matière qui Jui était confiée:
La commission de l'éducation, formée en 1789, était présidée par M. W. SMITH. Composée de neuf membres, elle ne contenait que quatre canadiens: MM. De Sr. Ours, DE LERY, Bay Sr. GeorGE, Durré.
&« Les travaux du comité de l'éducation étaient plus importants pour l'avenir du pays que ceux des autres comités. Il n'existait, en Canada, aucun système général dans l’instruction publique. Il n’y avait d'écoles que dans les villes. Les campagnes en étaient totalement dépourvues, à moins qu'on veuille donner le nom d'écoles aux leçons répandues par quelques moines mendiants dans leurs tournées rurales, ou à la réunion de quelques enfants par un curé ami des lettres, qui leur enseignait les premiers rudiments de la grammaire.
« Les Jésuites faisaient faire un bon cours d'étude dans leur maison de Québec ; et c’est de leur classe que sont sortis les canadiens dont l’histoire appartient aux premiers temps de nos annales. Mais cet établissement n'existait plus ; et sans les séminaires, qui changèrent en partie le but de leur institution pour venir en aide à l'éducation, le flambeau de la science se fut entièrement éteint parmi nous. Mais les institutions destinées aux garçons et dues au dévouement et à la munificence ecclésiastique, ne pouvaient répondre qu'aux besoins des cités. Le reste du pays demeurait toujours dépourvu de moyens d'instruction. Le Séminaire de St. Sulpice; à Montréal, entretenait depuis son établissement, une école gratuite, où il assista jusqu’à 300 enfants. La fabrique de cette ville avait encore un collége assez fréquenté, où l'on enseignait les belles-lettres depuis 1773, et l'on commençait
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à enseigner le géographie, l’arithmétique et l'anglais. Les propriétaires venaient de s'adresser à l'évèque de Québec pour avoir un professeur de mathématique et de philosophie. Le Séminaire de Québec rendait alors, comme il le fait aujourd’hui, des services éminents aux lettres. Voici ce qu’en dit l’évêque de Québec, qui fut interrogé par le comité : “ Le Séminaire se soutient de ses revenus, dont l'emploi est soumis à l'inspection de l’'évèque, qui, chaque année, examine les comptes de dépenses et de recettes, ainsi que l'acquit des fondations. Cette maison n’est obligée, par ses titres, qu’à former de jeunes ecclésiastiques. Cependant, depuis la conquête, le Séminaire s’est chargé volontairement et gratuitement de l'instruction publique. Outre la théologie, on y enseigne les humanités, la rhétorique, la philosophie, l’arithmétique et toutes les branches des mathématiques. Ilen est sorti et il en sort tous les jours des sujets habiles pour toutes les sciences, dont ils ont la clef, et capables de faire honneur à leur patrie. Témoins M. de Léry, M. de Salaberry, M. Cugnet, fils, M. Deschesneaux, sans compter un grand nombre d’ecclésiastiques qui se distinguent dans notre clergé.”
‘ Le eomité passa ensuite à l'éducation des filles. Les Sœurs de la Congrégation de Montréal et de Québec tenaient plusieurs écoles dans les villes et dans les campagnes, où elles se multipliaient. Les religieuses Ursulines et de l'Hôpital Général enseignaient aussi à Québec et aux Trois-Rivières.
‘Après avoir recueilli tous ces matériaux, le comité présenta son rapport et proposa d'établir :
19 Des écoles élémentaires dans toutes les paroisses:
29 Des écoles de comté, où l'on enseignerait l’arithmétique, les langues, la grammaire, la tenue des livres, le Jaugeage, la navigation, l'arpentage et les branches pratiques des mathématiques. |
3° Enfin, une Université pour l’enseignement des sciences:
et des arts libéraux, formant une corporation composée des juges, des évêques catholiques et protestants, et de seize ou vingt citoyens notables qui se renouvelleraient à la majorité des voix.” (1) |
(1) Garneau, Histoire du Canada, vol. III, p. 68.