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de connaître et d'apprendre, enthousiaste des belles-lettres et des beaux-arts, a fait, non sans difficultés et sans quelques fatiques, l'ascension du parnasse littéraire des différents peuples; quand il a, comme le voyageur, moissonné une ample provision de belles choses en appréciant la mérite de ces grands hommes qui ont vécu par la pensée ; alors, lui aussi tourne ses regards vers sa patrie.
Et, saisissant d’une main timide le flambeau de la critique, il se prépare à descendre dans le palais de l'intelligence, ce vaste domaine qu'il a trouvé chez tous les peuples, au miliea duquel trône le génie.
L'étude de l’histoire de la littérature européenne donne un avant-coùt de l'étude des productions littéraires de notre pays. Cetteétude, une des plus fructueuses à cause du cadre immense qu'elle embrasse, met en rapport celui qui s’y
adonne, avec toutes les célébrités qui ont illuminé de leurs
rayons majestueux l'atmosphère littéraire des peuples qui les ont vu naître. On a dit quelque part: voulez-vous aimer votre pays ? Quittezle. Cette maxime peut trouver son application sous différents aspects.
Lorsque vous avez cons-
taté à l'étranger l'existence d'un progrès quelconque, un sentiment noble et naturel vous fait désirer le voir se manifester au sein de votre patrie, s’il n’y est pas déjà. Onenvie le bien d'autrui pour son pays comme on le convoite pour soi-même :
en certaines choses l’'égoisme national est aussi profond que l'égoïsme individuel.
de chercher à transporter chez les siens l'empreinte du bien qui se manifeste chez les autres.
La sagesse, en ce cas, est
I y a trois siècles un homme de bonne volonté, mû par une ambition noble, voulut doter sa patrie d'un territoire nouveau. [l part, accompagné de quelques braves, traverse
un océan de quinze cents lieues, et, après un long et périlleux voyage, entrevoit, au lever de l'aurore, des terres nouvelles, couvertes de forèts superbes et dont la solitude majestueuse n'était troublée que par le doux rumage des oiseaux et les cris dispersés de quelques indiens: cet homme, c'était Jacques-Cartier, et le vaste territoire qu’il légua à son roi
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c'était autrefois la Nouvelle-France ; c'est aujourd’hui le Canada.
Depuis cette époque, quels changements! Les forèts sont disparues, la colonisation a défriché des terrains fertiles,
la civilisation a pénétré dans ces solitudes sauvages ; des
villes populeuses sont disséminées ça et là, actives et commerçantes, riches et prospères; des institutions sages et libres y progressent, assurant le bien-être à la société et la liberté à l'individu.
Mais aussi quelle lutte! quel travail! Deux grandes phases divisent l’histoire de la colonie : la domination française et la domination anglaise. Chacune de ces deux époques est caractérisée par des luttes différentes. Dans la première,nos pères luttèrent contre l'astuce du terrible enfant des bois; dans la seconde, ils défendirent dans les parlements leurs droits nationaux menacés par les descendants d'Albion.
Rien de beau comme le coup-d'œil que nous offre l’histoire de notre passé, Garneau l'a pleinement démontré dans
json grand monument national (1), “ L'histoire de la
découverte et de l'établissement du Canada, dit:il, ne le cède en intérêt à celle d'aucune autre partie du continent. La hardiesse de Cartier, qui vient planter sa tente au pied de la montagne d'Hochelaga, au milieu des tribus indiennes à près de trois cents lieues de locéan ; la persévérance de Champlain, qui lutte avec une rare énergie, malgré la faiblesse de ses moyens, contre l’apathie de la France et la rigueur du climat, et qui, triomphant enfin de tous les obstacles, jette les fondements d’un empire dont les destinées sont inconnues ; les souffrances des premiers colons et leurs senglantes gnerres avec la fameuse confédération iroquoise ; la découverte de presque tout l’intérieur de l'Amérique Sep tentrionale, depuis la Baie d'Husbon jusqu'au Golfe du Mexique, depuis la Nouvelle-Écosse jusqu'aux nations qui habitent les rives occidentales du Mississippi; les expéditions guerrières des Canadiens dans le Nord, dans l'Ile de Terre-
(1) Histoire du Canada
neuve, et jusque dans la Virginie et la Louisiane; la fonda tion par eux ou leurs missionnures des premiers établisse. ments européens
l'Ouisconsin, de la Louisiane et de la partie occidentale du Texas, voilà, certes, des entreprises et des faits bien dignes de notre intérèt et de celui de la postérité, et qui donnent aux premiers temps de notre histoire un mouvement, une
variété, une richesse de couleurs, qui ne sont pas, ce nous J
semble, sans attraits.’
En effet, quoi de plus grand, quoi de plus noble, quoi del
plus généreux, quoi de plus fécond que cette sève française,
cette poignée d'hommes de la race latine, semée sur les bords du St. Laurent! L'avenir dira peut-être que ce sang français a été placé en Amérique, au milieu d’un monde matériel,
comme la France en Europe, pour régénérer ces peuples et
perpétuer le règne des idées. Dieu Pa voulu: Gesta Dei per Ts Ü Q Francos
Cette action providentielle né tardera pas à s'accomplir
d’une manière plus manifeste encore, Tout le monde est
dans l'attente d’un grand évènement politique qui aura desk
conséquences incalculables, Le régime colonial a trop duré, ou du moins, à fait son temps.
La tutelle ne va plus au
peuple eanadien., Donnez-lui tous les privilèges acquis aux
nations indépendantes, enlevez ce bandeau qui laisse suppo ser |:
de vivre de lui-même, jouissant de toutes les prérogatives
qui accompagnent la majorité; vous le placerez dans sa véri.
able sphère d'action, attirant chez lui le courant de l'immi: tabl l'action, attirant chez lui le courant de 1
gration étrangère et retenant dans son sein sa propre popula
tion. Alors, s'agrandissant, se repeuplant, devenant prospère
et iorte, la nation canadienne jouiera d’une influence véri-
table sur les destinées américaines, influence que sa condition
actuelle, sa pauvreté et sa pénuerie matérielle lui enlèvent.
Avec l'abondance renaitront la confiance, le crédit, le tra vail. [aisance sociale fera la fortune des arts et des lettres
Spectacle étonnant! T/idéal, cette chose immatérielle, cs principe pur et divin dont le germe, animé par le soufile
ans les Etats-Unis, du Michigan, deb
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