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de nos travaux d'histoire. Ce volume offrirait un double intérêt au lecteur. D'abord, il verrait défiler devant lui les noms les plus recommandables de notre littérature, accompignés d’une biographie étendue et d’une critique sérieuse de leurs travaux littéraires ; ensuite, cette étude même serait tout un cours d'histoire du Canada sous une forme variée et détachée, par conséquent fort attrayante. Le fonds de connaissances historiques, commun à la plupart des hommes instruits de ce pays, s'agrandirait encore d’une manière spé: ciale, en ce que ces critiques offriraient assez de peri: ‘tion et de véritable science pour indiquer les erreurs de faits commises par chaque historien, outre les fautes de style, de langage et de tendances. Ce serait done une belle œuvre à accomplir et je suis prf£à avouer que les queiques pages que ma plume a esquissées sur cette matière sont insuffisantes et inachevées. On comprend d’ailleurs que le cadre de cet ouvrage, qui embrasse toutes les parties de notre littérature, ne me permet pas de m'appesantir longuement sur chaque genre ;que mon devoir d’historien et de critique s’arrète et ne va pas audelà de l'énoncé d’un jugement sain, mais fort résumé de nos travaux littéraires. Il m'aurait été infiniment plus agréable, et le lecteur en comprendra la raison, de borner mon analyse à un sujet spécial, à la poésie, à l’histoire ou au roman par exemple, que j'aurais tâché d'approfondir; mais le but de cet ouvrage-ci aurait été manqué. J'ai donc été forcé d’être court afin d’édifier ce modeste monument que j'ose élever en l'honneur des lettres canadiennes. L'idée qui a présidé à cet ouvrage, qui est d'offrir au lecteur un panorama de toute nos richesses littéraires, sufira, je crois, pour excuser la ligne de conduite de l’auteur.
Quoiqu'il en soit, j'ai indiqué les sources principales de notre histoire et la nomenclature la plus recommandable de nos annalistes. J'ai déjà dit que l’histoire de notre passé était une mine inépuisable. Quelque nombreux que soient les travaux accomplis, il reste encore plusieurs filons à découvrir. Rien n’est obscur comme le passé d’un peuple qui a longtemps vécu dans l'ignorance de lui-même et des autres,
Isolés comme nous l’étions du reste de l'humanité, séparés des continents civilisés par des océans de plusieurs centaines de lieues, à une époque où l’art de la navigation n'avait pas atteint les proportions gigantesques de notre temps; vivant au sein des om breuses forêts de l'Amérique, cotoyant chaque jour des peuplades barbares et ignorantes qui ne pouvaient que gagner à notre contact tandis qu'elles n'offraient en échange que des notions rétrogrades; engagés constamment dans l'exploitation matérielle et la culture du sol, privés pendant longtemps de tous les grands éléments qui instruisent les ‘peuples, dénués de l’aisance matérielle qui permet de songer à l'amélioration intellectuelle, pendant longtemps soumis à des règles arbitraires et exposés chaque jours à changer do forme de gouvernement, conduits par une minime portion de la population qui ne possédait mème pas les éléments des connaissances sociales, politiques et scientifiques ; n'ayant point, comme de nos jours, une administration régulière et des rouages gouvernementaux qui permettent d'enregistrer minutieusement les faits importants relatifs à chaque département; mêlés à tous les événements et à tous les essais de colonisation sur le continent,—ce qui agrandit encore le champ de notre passé, —les canadiens se sont trouvés dans des conditions exceptionnelles, La somme de matériaux à recueillir pour édifier le noble édifice de notre histoire est donc énorme. C’est pourquoi celui qui s’adonne à ce travail fait un acte méritoire pour lui-même et pour la patrie.
Cependant, il n’y a pas à se le cacher, la route commence à être déblayée, grâce à un travail incessant, On commence à voir clair dans ce dédale autrefois si obscur, Sion vous cite un fait on peut y faire correspondre la date et la portée; si on vous parle d’un homme public qui a présidé à nos destinées, on peut accoler à son nom le protocole officiel qui confère à ce personnage l'autorité dont il a été revètuy; si on vous parle d’une époque, d’une phase quelconque du passé, on peut de suite en déterminer la valeur et faire ressortir, les uns à la suite des autres, les principaux événements poli-
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tiques, législatifs, militaires, religieux, intellectuels où même purement administratifs. Les archives et les dépôts de paperasses d'Europe et d'Amérique ont été fouillés. La partie officielle, authentique, est presque toute découverte; pour ce qui reste nous en sommes au domaine de l'hypothèse et de l’investigation, C’est beaucoup, c'est énorme même!
Mais il n’y a pas longtemps encore que tout était à faire. Garneau, le premier, a porté un flambeau éclatant dans la nuit obscure de notre passé. Son œuvre, qui durera aussi longtemps qu'il y aura une poignée de la race française sur les bords du St. Laurent, reste suspendue à la voûte de notre temple historique d'où elle répand une lumière vive et féconde; elle éclaire tout le gros de l'édifice, ilne reste plus que les compartiments séparés, les racoins éloignés, les retraites cachées. À l'œuvre done, jeunes et vigoureux athlètes de la pensée, à l'œuvre! l'heure presse et ce qui reste à faire mérite votre attention. Emparez-vous d’une ville, d'une région du pays, d'un homme dont le nom résume une époque, d’une phase encore obscure de notre histoire, Gun côté même de cette histoire; travaillez et alors l'édifice, illuminé et resplendissant, jettera au loin les feux de la renommée et de la gloire,
Nos historiens peuvent se résumer en trois groupes distincts, Le premier, que j'appellerai groupe principal, comprend GARNEAU, FERLAND, FAILLON, BiBauD et DouTre, Ces noms forment, à mon sens, la plus haute expression de nos études historiques par la grandeur de leurs œuvres qui embrassent l’histoire du pays depuis son origine jusqu’à nos jours, par la profondeur de vue, le talent et le sens large qui distinguent leurs écrits; le deuxième, que j'appelle le groupe anglais, comprend Surrx, le plus ancien de tous, mais non le plus sincère, et dont les travaux se rapportent à l'époque la plus précaire pour l'avenir de la race française sur ce continent; CHRISTIE, qui prend là où finit Smith, en 1791, et qui perpétue le système et les idées de son devancier, en ne s’écartant pas cependant du modeste rôle d’annaliste; MoMuzzin, le plus complet de tous en ce qu’il part à
l'origine de la colonie, qu'il se rapproche le plus de la mé. thode de Garneau, enfin parce qu'il a suivi et étudié le développement social de la colonie dans les deux Provinces avec prespicacité sinon toujours avec impartialité ; enfin, le troisième, que j'appelle groupe secondaire et qui comprend surtout FARIBAULT, LEMOINE, L’ABBE LAVERDIERE, BIBAUD, FILS, L'ABBE CAs'..:7#, L'ABBE TANGUAY, BEDARD, TURCOTTE, T'AssE et SULTE.
Ces écrivains, et plusieurs autres, méritent une mention spéciale, Ils ont perpétué parmi nous le goût de la saine littérature et des travaux sérieux ; ils ont continué l’enchainement qui nous lie aux écrivains de la domination française,
Depuis la cession du Canada à la couronne anglaise plusieurs écrivains étrangers ont laissé des ouvrages historiques sur notre pays. C’est pourquoi il me parait opportun de mentionner ces travaux afin de compléter, par là, ce côté si fécond de notre littérature.
C'est de 1840 à 1850 que RoBErtr MonNTGoMERy MARTIN entreprit la publication de plusieurs ouvrages se rapportant aux colonies anglaises en Amérique et dans les Indes. Son long séjour dans ces différents endroits, ses voyages nombreux, la position officielle qu’il avait occupée, toutes ces circonstances le mirent en mesure de recueillir une foule de renseignements précieux sur l’histoire des colonies, leur étendue, condition et ressources. Ses trois principaux ouvrages sont intitulés: 10. Statistics of the colonies of the British empire on the West Indies, North and South America, Asia, Australasia, Africa and Europe ; with map, chart and seals for each colony, London; 1840, pp. 916, R. 8vo. 20. History of the colonies of the British empire in North America ete, from the Official Records of the Colonial Ofiice, London ; 1843, pp. 350. R. 8vo. 30. The Hudson Bay Territories and Vancouver’s Island; with An exposition of the chartered Right, Conduct and Policy of the Hudsons Bay Company; do, 1849, R, 8vo.
Comme of le voit, ce cadre embrasse toute l’histoire des colonies anglaises; il est vaste et offre des développements
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considérables. Inutile d'ajouter que Montgomery Martin n'a pas rempli ce vaste cadre, ou du moins qu'il ne l’a rempli qu'à demi. La partie historique est nulle ou à peu près. Il ne retrace pas l’histoire des colonies, il ne fait que mentionner la valeur qu’elles avaient acquise à l'époque où il écrivait. Il emprunte aux documents publics de l'Etat la plupart de ses données. La statistique joue le plus grand rôle,
Le deuxième volume se rattache plus spécialement au Canada. L'auteur décrit, non pas toujours avec exactitude, mais dans un fort bon style, la topographie du pays, nos forêts, la religion, les mœurs des habitants, etc; le tout avec assez de vérité, sans trop de fanatisme. En certains endroits ilse montre bon prince à notreégard; nous ne sommes point, à l'instar de plusieurs de ses compatriotes, des cannibales arriérés et barbares, des ignorants et des cuistres. [la même un petit éloge très flatteur pour le beau sexe.
L'auteur cite beaucoup le rapport de Lord Durham, publié après le retour de son expédition au Canada ; mais j'ajouterai qu'il semble modifier l'impression mauvaise que laisse certaines parties du rapport en ne citant que les passages qui se rattachent à la statistique et ceux qui sont moins entachés de partialité. L'auteur parle ensuite du commerce canadien, de notre marine marchande, nos dépenses et revenus. De là, il passe à la Nouvelle-Ecosse qu’il étudie par les mêmes côtés,
On le voit, ce travail a pu être très précieux à l’époque où il a été publié; il devait être très intéressant même, mais comme œuvre historique, je repête qu'il n’a que peu de valeur, Ce qu' s’y trouve est incomplet ou inexact, Comme tous les travaux de statistiques, ça n’a qu’un temps et leur mérite s’envole avec les années. Toutefois, je n’entends pas dire qu'il n’y a ni talent, ni travail, ni utilité dans ces volumes. Il y à énormement de recherches et l'auteur écrit avec une facilité, une richesse, une abondance, une clarté vraiment remarquables. Je ne doute pas qu'il a beaucoup contribué à faire connaitre le Canada dans sa patrie.
M. Montgomery Martin fonda le Colonial Magazine and Commercial Maritime Journal, qu'il rédigea de 1840 à 1842.
Huan Murray a publié deux ouvrages qui se rapportent aux colonies Anglaises et par conséquent au Canada, lo Historical account of Discoveries and travels in North America, including the United States, Canada, the shores of the Polar sea and the voyages in search of a North West passage; Londres, 1829, 2, vol. 8vo ; 20. An Historical and description account of British America, comprehending Canada, (Upper and Lower) Nova Scotia, New Brunswick, New Founland, Prince Edward Island, the Bermudas, and the Far Countries ; their history from the earliest settlement ; the statistice and topography of each district ; their commerce, agriculture and fisheries ; their social and political condition and also and account of the manners and present state of the aboriginal tribes ; to which is added a full detail of the principles and best modes of emigration. With illustration of the natural History ; Londres, 1839. 3 vols. 12 mo.
C’est ce dernier ouvrage qui se rapporte aux colonies anglaises, Le premier volume parle plus particuliérement du Canada. Cependant il ne faudrait pas rechercher dans cet ouvrage la partie historique qui est incomplète et insuffisante, quoique plus étendue et beaucoup mieux traitée que l'a fait Montgomery Martin qui s'est surtout attaché à la partie descriptive. Une idée semble avoir dominé l’auteur en écrivant son travail, c'est que l'exposé des ressources et des besoins des colonies anglaises devait nécessairement intéresser le public anglais, Tout bon anglais doit considérer les colonies comme autant de comptoirs où le producteur, le marchand, l'industriel exporte ses produits. De là, source de bénéfices pour l'habitant de la métropole. De là, nécessité de bien convaître ces colonies au point de vue de leur valeur relative. C’est aussi l’idée que Montgomery Martin fait prévaloir dans sa préface. C’est pourquoi Murray, Martin et Gourlay ont écrit au point de vue pratique, chiffres en mains, mais il s'en suit que leurs travaux ne pourront durer attendu que, de nos jours, la nature de ces besoins et la condition de ces richesses ont changé. En veillissant les colonies sont arri-
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vées à un nouvel état de choses qui laisse loin derrière lui ce qui existait ‘" y a trente ans. La base des évaluations et l'échelle de. statistiques ne sont plus les mêmes : elles se sont modifiées avec les années, en sorte que ce qui faisait le premier mérite de ces ouvrages à l'époque de leur apparition n’en est plus que le dernier.
Un autre point de vue important, qui a été bien développé par Murray, est la question de l'émigration anglaise aux colonies. Il va sans dire que cette émigration est fortement encouragée, L'auteur termine après avoir étudié toutes les colonies de l'Amérique Britanniques du Nord, depuis T'erreneuve jusqu'à la Baie d'Hudson, depuis le pôle Nord jusqu’ aux Bermudes, en donnant des notions sur les animaux qui peuplent les forèts de ces territoires, la nature des plantes qui composent ces forêts et des esquisses géologiques sur la composition du sol, C'est, en définitive, un beau travail rempli de connaissances pratiques, utiles et excellentes aux yeux surtout d’un européen. Car, pour les canadiens, j'ajouterai qu'ils peuvent faire des études plus complètes dans les écrits de leurs propres historiens infiniment supérieurs à Murray et à Martin.
La partie qui se rapporte au Canada est de beaucoup.la plus développée. L'opinion de l’auteur sur les mœurs de notre pays, nos coutumes, nos institutions ete, est assez juste et a ‘?z vraie. J’ajouterai même que ces données sont minutieuses et que l’auteur, s'il n’est jamais venu en Canada, n'a pas été trop malheureux dans le choix de ses sources historiques. Cependant, il faut bien admettre que le tableau qu'il fait de notre société n'est plus le même de nos jours. Bien des coutumes ont disparu depuis un demi siècle, Le trait caractéristique de lhabitant du Canada n'est plus sa tuque bleue et son capot d'étoffe grise, son fouet et sa pipe. C'est maintenant un homme comme les autres, et si Murray vivait il pourrait s’apereevoir que l'esprit d'entreprise est devenu un peu notre partage. Ah!, ous n'avons pas encore le 40 à head américain, mais la génération qui pousse semble peu éloignée du tie yankee. On tourne de plus en plus à la
nouveauté, encore une décade et nous serons méconnaissables à ceux qui nons ont connus il y a cinquante ans. Dans cette transformation journalière des choses qui passent et des choses qui arrivent, il serait téméraire peut-être de dire si nous y avons gagné ou si nous y avons perdu. Mais on a beau s'enthousiasmer de la poésie qui s'échappe par les pores du passé on ne convaincra jamais les esprits sérieux et positifs que l’engourdissement social vaut le réveil national d’un peuple à la veille de prendre possession de lui-même, après avoir pendant si longtemps appartenu à d’autres !
J'aime à rappeler ici le nom d’un écrivain remarquable, FRANCIS PARKMAN, de Boston, qui a beaucoup étudié le Canada. Ses écrits historiques, qui se rapportent à notre hic. toire, sont intitulés: Aistoire de la Conspiration de Pontiar, (1851); Pioneers of France in the New- Worid (1865) ; The Jesuits in North America (1867) ; The Discovery of the great West (1369.)
L'Histoire :'e la conspiration de Pontiac embrasse la période qui suivit immédiatement la conquête du Canada. On aime à voir la grande figure de ce sauvage célôbre, qu’on peut appeler le Vercingétorix américain, soulever les tribus barbares par son éloquence, son audace, son esprit d'entreprise ses talents extraordinaires qui ne firent que retarder pendant quelques années la ruine de sa race. Cette conspiration avait pour but de repousser les conquérants anglais. On trouve dans cet écrit le génie du poète joint au talent de l’historien. Les peintures de la vie sauvage sont excellentes.
Dans ses autres ouvrages, M. Parkman raconte l’origine de la colonisation française en Amérique, la coopération du missiounaire dans cette œuvre gigantesque, les découvertes des français sur les différents points du continent.
L'auteur n'en restera pas là; il est actuellement occupé à écrire l'Histoire de la féodalité en Canada, en deux volumes. Viendra plus tard unc étude sur les exploits militaires d'Iberville.
M. Parkman appartient à l’école romantique ; il colore son récit, lui donne de la vie et du mouvement, ce qui rend ses œuvres agréables autant qu'utiles.
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L. Dussreux, professeur d'histoire à l’école impériale militaire de St. Cyr, a écrit un livre intitulé: Le Canada sous la domination française, in-12, 1862, pp. 470. On voit à une simple lecture qu’il a été écrit par un homme convaincu de la perte qu'éprouva la France par le fameux traité de 1763. Ce n’est pas un gros volume, mais c’est un ouvrage précieux, en France surtout où l’on ne peut consacrer à l'étude de notre passé un long temps. C’est un résumé fidèle et exact, sinon très complet des événements canadiens jusqu'à l’époque de la cession en 1763. L'auteur se guide d’après Champlain et Charlevoix.
Le dernier chapitre, qui contient la relation de la guerre de 1755, forme la partie principale du volume. Il à été rédigé en partie d’après certains documents inédits qui sont publiés en appendice. L'auteur a contribué pour sa bonne part à faire la lumière dans notre passé.
La grande figure qui domine toutes les autres lorsqu'on étudie les derniers événements qui précédèrent la cession du Canada à l'Angleterre, c'est bien celle de Montcalm. Il fut un des principaux acteurs de cette dernière lutte qui décida du sort des canadiens. Cette figure mérite d’être connue. C'est le désir qui anime l’auteur de l'ouvrage intitulé : De Montcalm en Canada ou les dernières années de la domination française (1756-1760), par un ancien missionnaire, le père FELIX MARTIN, in-octavo, pp. 350.
L'auteur a emprunté le fond de son travail à Dussieux, à Garneau, et au Mercure français de 1760 qui contient un bel éloge du marquis de Montcalm, attribué à M. Dareil, commissaire général de la guerre en Canada.
L'auteur n'accepte pas le jugement de Garneau sur le marquis de Montcalm. Il ne veut pas laisser peser sur un homme honorable des soupçons d'intentions basses, d'intriques, d'ambition, ou de potriotisme équivoque, “en présence d’une vie publique où se révèle à chaque pas une âme noble et élevée, un esprit droit et judicieux, et un cœur animé d’un héroïque dévouement.”
+ È a , Une carte du Canada accompagne l'ouvrage. Elle permet
de suivre les opérations de la trop fameuse guerre de sept ans.
À la suite de l’esquisse historique de Montréal se trouve un fragment d'un mémoire anglais inédit, traduit pour la première fois, par un écrivain qui faisait partie de l’armée française, On attribue ce travail à M, JonNSTONE, major
dans l’armée et aide-de-camp de M. de Lévis. Cet écrit est
sous forme de dialogue. Ta été publié en anglais par la société historique de Québec, en 1856,
Les pièces justificatives qui se trouvent à la fin du volume se rapportent au tarif des denrées, à l’appointement des officiers envoyé: en Canada, au procès-verbal du Conseil de guerre de Québec, aux articles de Ia capitulation.
I n'y a pas de doute que ce livre renferme les renseignements les plus complets qui aient été publiés jusqu’à ce jour sur le hürns de 1759.
Le Re:.J. Martin est un nom bien connu en Canada, à Montréal surtout. Parmi les ouvrages que nous lui devons encore, il faut mentionner, Manuel du pélerin à N.-D. de Bonsecours ; les Relations des Missions de BRESSIANI ; les .Wissions du Canada.
Le Canada par FrourT pe FONTPERTUTS, Paris 1867, pp. 264, est un petit in-douze qui n'a pas fait de bruit. L'auteur n'a évidemment qu'une connaissance superficielle du Canada et de ses grands historiens ; Ffrland, Grarneau, Faillon lui sont mêmeinconnus. Îl puise ses renseignements dans l’Æistoire des Etats-Unis de Bancroft, et l'Histoire de la Nauvelle-France de Charlevoix, les annales et relations de quelques missionnaires. Au reste, rien de saillant n'éveille l’intérèt dans ce livre, ni le style, ni l'originalité du fond, ni la narration; ilne cite aucun fait nouveau de notre histoire, Il s'efforce surtout de peindre le dévouement de nos missionnaires et le courage héroïque de nos soldats, il se rend jusqu'à l'époque de la cession. L'auteur termine par quelques mots sur les ‘institutions du Canada sous la domination française. Il espère que l'Indépendance du Canada sera la réalisation de notre
destinée sociale avant un long temps.