‹ Histoire de la littérature canadienne [microforme]Chapitre 44 sur 52 · L'abbé · texte numérisé non relu

L'abbé

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decine :— —L'Union Larue.—J.

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Résumé.

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enfonçaient avec un bras d'acier la hache dans la cime des arbres, n’ont pu cultiver que les bons sentiments de leur cœur, Grands dans leur ignorance parcequ'ils se sont trouvés dans des circonstances difficiles, ils doivent regarder d'un œil d'envie, du séjours bienheureux qu'ils habitent, leurs descendants qui, tout en se préservant dos écarts de l'esprit, se sont instruits pour mieux connaitre Dieu et l'aimer davantage !

Le Canada n'est pas précisément ce qu'on peut appeler un pays instruit. L'éducation n’est pas encore assez généralisée, la classe pauvre est ignorante, ou l'éducation qu’elle reçoit est insuffisante. Mais ceux qui ne savent pas lire et écrire font exception, tandisque c'était tout le contraire autrefois, Je puis ajouter que la génération qui pousse rendra des points à celle qui s’en va.

Ici les véritables savants peuvent se compter. Cela se comprend. Bien peu de personnes, joignant au goût de l'étude une position indépendante et les aptitudes nécessaires, ont pu se livrer entièrement à la découverte des secrets que recèlent les sciences abstraites. Le plus souvent ces savants ont consacré leur vie aux devoirs pénibles du professorat, C’est là qu'ils se sont formés. Absorbés par cette tâche, il n'ont pu trouver de loisirs pour produire. Aussi, leur réputation est elle, en général, toute de tradition. On parle des talents transcendants de M. A. des connaissances de M. B., des facultés rares de M. C., mais où sont leurs œuvres ? Que laissent-ils derrière eux ? Comment la postérité les connaîtra-t-elle ? La plupart du temps ces louanges sont méritées : il y à tel homme qui dans sa profession se place légal de Bichat, Toullier, Say ou Storry ; ses conseils sont des oracles, ses avis des axiomes de sagesse, ses succès de pratique une gloire véritable. Mais encore, qui l? saura, qui l’affirmera dix ans après sa mort? La postérité ne recueille que ce qui prend une forme sensible : le livre est l'expression «ss idées de l’homme, le canal au moyen duquel li communique avec les générations. L'auteur vit avec son œuvre et le succès du livre rejaillit sur l'écrivain ; tous deux

ne forme plus qu’un seul tout inséparable, comme deux mor. ceaux de cire fondus dans un même moule,

C'est pourquoi le devoir du critique est de ne s'attacher qu'à ce qui a une forme, un corps. Un livre est une création. Le critique oublie l’homme et juge l'écrivain qui se personnifie dans sa création. Toute provenance littéraire ou scientifique est à l'écrivain ce qu'est le fruit à l'arbre ; c'est la marque qui fait aimer l’un ou méestimer l’autre,

Sans aller plus loin je rends donc hommage à tous ces noms illustres dans l’enseignement, à ces citoyens distingués qui se sont dévorés pour l'avancement intellectuel de la jeunesse canadienne, La plupart ont droit à un juste tribut d'éloges. S'il n’ont pas dépensé des flots d’encre pour con. fier leurs connaissances au papier, ils ont fait mieux à une époque où l'ignorance avait besoin d’être combattue jusque dans ses plus grossiers retranchements., Ils ont communiqué leurs connaissances de vive voix à leurs élèves. Le loisir d'écrire n’a pû venir que dans un temps où la parole ne restait pas sans écho, ni ne manquait de sujets habiles pour s’en servir.

Si nous n'avons pas de savants dont les noms aient eu beau. coup de retentissement à l'étranger, il ne faut pas en conclure que notre littérature est veuve de ces graves personnages, Non, l'époque qui commence nous en fournira plusieurs, plus qu'on le croit généralement. J’aperçois dans chaque branche de l’arbre social des boutures qui promettent de belles fleurs et d'excellents fruits. Advienne le temps de la floraison et celui de la maturité, et en cela comme en beaucoup d’autres choses notre pays ne restera pas en arrière des autres nations.

Toutefois, ne soyons pas pessimistes, recueillons ce que nous avons, Nous en formerons un bouquet qui ne déparera pas le jardin littéraire de notre jeune pays. Tous ceux qui S’occupent de sciences naturelles ou exactes, dans la médecine, dans l’enseignement, dans l’éducation, dans l’agronomie, dans la religion, trouveront ici une place.

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la science en Canada. La Flore Canadienne, Le Traité élémentaire de botanique et Le Naturaliste Canadien sont des ouvrages qui le placent au nombre des savants et des littérateurs de notre pays. Ces œuvres sont de nature à attirer les regards de l’Europe savante sur le Canada.

Dire ce qu’il a fallu de travail, de patience et d'énergie à l'auteur de la Ælore Canadienne pour parfaire cette œuvre que je peux appeler colossale, est chose qui se conçoit facilement lorsque nous jetons les yeux sur ces deux volumes remplis de mots techniques et de considérations savantes, Cet ouvrage, qui est de beaucoup le chef-d'œuvre du savant abbé, contient la description de toutes les plantes des forêts, champs, jardins et eaux du Canada, Et qui aurait songé avant l'apparition de ce livre que notre pays put offrir à l'œil du naturaliste plus de 800 spécimens de plantes différentes, originaires à notre sol ? Chaque plante est classée à la place que lui indique lu science, avec son nom botanique, ses noms vulgaires, français et anglais; indiquant son parcours géographique, les propriétés qui la distinguent, le mode de culture qui lui convient, etc.

Plus de 400 gravures ornent l'ouvrage et en font un livre irréprochable. A la fin du second volume se trouve un vocabulaire des termes techniques et une table analytique résumant en quelques pages tout le travail de l’auteur, et offrant au lecteur une grande abréviation à ses recherches,

La Flore fait suite au Traité élémentaire de botanique, publié en 1858. Dans ce dernier ouvrage l’auteur pose les principes et dans les premiers il les metfen pratique. La brièveté et la concision avec lesquels les principes de la science y sont énoncés, mettent ce petit traité au premier rang parmi les ouvrages élémentaires dans cette branche. L'auteur divise son sujet en trois parties principales, se rattachant à la structure organique, aux propriétés physiques, aux lois de la végétation, à la classification et à la nomenclature des plantes. L'auteur a rempli cette tâche avec soin et méthode. La connaissance profonde qu'il avait de son sujet a contribué à rendre ce traité précieux.

Dans le Verger Canadien il s'agiv surtout des arbres frui- ”

tiers, de leur culture, de leur perfectionnement, de leur pr'o- li

pagatioh, enfin de la conservation de leurs fruits, L'objet de bi

l'auteur, qui est un amateur pratique du jardinage, est de L£

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succès dans notre climat. Sa longue expérience de ces ques- et

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les meilleurs ouvrages français, anglais et américains. C’est

donc un manuel pratique, spécialement adapté au Canada, ch

que M. l'abbé Prorancher a écrit avec un soin tout particu- a

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Le savant floriste continue sa tâche dans le MNaturaliste Canadien, publication mensuelle, fondée en 1868, qui forme vit ñ déjà cinq volumes. Cette revue scientifique s ee soutenue, des grâce à l'éncrgie et à l'esprit large, éclairé et entreprenant Cu de l’auteur. Espérons que ses généreux eftorts seront récom- Lo, pensés, que les sciences naturelles se vulgariseront ici. M. y Î Provancher est considéré comme le véritable promoteur de (x

cette belle étude de ia nature. Il est devenu l'oracle du pays l'é NX, chaque fois qu'il s'agit dc trouver une solution à ces ques- pou “tions insolubles à la plupart d'entre nous. Un phénomène de (

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inaccoutumé vient-il nous embarrasser, que la presse est unanime à en appeler directement au savoir du modeste abbé cb qui, avec la meilleure grâce du monde, se hâte de l'expliquer. 899

C'est un témoignage aussi flatteur que mérité, Le Naturaliste I

Canadien, je l'espère, continuera encore à répandre parmi les géo rangs de la société canadienne, le goût des études sérieuies les et des travaux d'histoire naturelle et des sciences abs- syl traites. fleu Nous avons encore de cet auteur un Æssai sur les insectes per

et les maladies qui affectent le blé. 1857, pp. 38, et Tableau Vic chronologique et synoptique des principaux faits de l'histoire du t'a Canada, tout civile et politique que religieuse, depuis sa découverte con: jusqu'à nos jours, avec les synchronismes de l'histoire de France, san d'Angleterre et de l'Eglise, 1859, pp 100. à | Sir WizziAm Epmonp Loan a dirigé l'exploration géo- geu œuy

logique dn Canada depuis 1842. La réputation qu'il s'est

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acquise dans cette étude, ses connaissances variées, la facilité avec laquelle il écrit sur des sujets scientifiques, l’amabilité de ses manières, la simplicité de ses goûts et les services qu'il a rendus au pays lui donnentun rang distingué parmi nos célébrités contemporaines. Tandis que Garneau et Ferland inauguraient chez nous les fortes études historiques, ce savant infatiguable ouvrait un champ vaste et nouveau à l'étude de la géologie, Avant lui les MM. Bouchette s'étaient signalés par leurs travaux géographiques, mais la science géologique proprement dite ne comptait que peu ou point d'adeptes en Canada.

Le père de Sir W. Logan, un loyaliste de vieille roche, vint se fixer en Canada lors de la déclaration d’'Indépendance des Etats-Unis, en 1776. Son fils, qu'on peut surnommer le Cuvier du Canada, naquit à Montréal en 1798. Le jeune Logan fut envoyé en Ecosse à l'Université d'Edimboure pour y faire ses études, Après quelques années employées dans le commerce, Sir Wiliam se livra à ses travaux favoris, l'étude du globe. Nommé en 1829 gérant d'une compagnie pour l'exploitation des mines de cuivre, dans la Province de Galles, il publia peu après un mémoire très érudit sur les mines de charbon du Pays de Galles, ouvrage qui lui valut une mention honorable de Sir Henry de la Bèche, un des géologues les plus distingués de FAngleterre.

Il revint en Canada en 1871 où il utilisa ses connaissances géologiques en publiant des mémoires remarquables sur les richesses minérales de la Nouvelle-Ecosse et de la Pennsylvanie. Son étude sur l'accumulation de la glace dans le fleuve St. Laurent mérita les éloges les plus flatteurs de la part de G.orge Stephenson, l’immortel ingénieur du Pont Victoria, qui se plaisait à redire qu'il avait trouvé dans ce travail des données précieuses par lui utilisées pour la construction des piliers qui soutiennent ce viaduc imposant,

Nous devons à Sir W. Logan la fondation de l'exploration gévivyique. C’est son œuvre capitale, et c'est pour nous une œuvre éminemment nationale. Le résultat des travaux de

cette association sont savamment exposés dans les rapports de la commission depuis 1847 jusqu'à 1870.

M. Logan a fait faire un pas immense aux sciences géologiques en Canada. Ses théories, souvent combattues par les académies des sciences de Londres et de Paris, ont fini par l'emporter, et le nom du savant canadien se place à côté des Murchison, des Lyell, des Agassiz, des Humboldt, ete.

Les principaux ouvrages du savant géologue sont d'abord les Æapports géologiques (Reports of the Canadian Geologi- «1! Survey) au nombre d’une vingtaine de volumes ; Geology of Cunada, embracing the result of all explorations, between 1858 and 1863; pp, XX VII-983, in-8,; Canadian organic Remains ; 1865, pp. 157 in-8; Atlas and map to accompany the geology of Canada, 1863, pp. 42, in-8 ; Palæozoic fossils, by E. Billings. F. G. $S., Palæwontologist to the survey, 1865, pp 426, in-8. Esquisse géologique du Canada. Pour servir à l'intelligence de la carte géologic'ue et de la collection des minéraux envoyés à l'Exposition Universelle de Paris, 1855, par MM. Logan et Sterry Hunt, pp 100, in-12; un semblable ouvrage pour l'Exposi tion Universelle de Londres ; 1862, pp 88. Ajoutons à cela un nombre considérable d'articles scientifiques écrits dans le Canadian Journal, le Canadian Naturalist et les Transactions of the Geological Society, de Londres.

Parmi les hommes de mérite qui, en Canada, continuent la tâche de Sir W. Logan, il faut mentionner MM. Murray, Sterry Hunt, Billings, Michel et Selwyn.

JoHN WILLIAM Dawson, naquit en 1820. Principal de l’Université McGill. Est connu comme médecin et comme géologue ; il jouit d’une réputation américaine et ses opinions font loi sur la plupart des sujets qu'il a écrit. Le nombre et l'importance de ses travaux scientifiques nous donnent une haute idée de ses talents etde son amour du travail ; aussi M. le Principal est-il, aux yeux d’un grand nombre de ses admirateurs, l’homme le plus versé dans les connaissances géologiques et d'histoire naturelle que nous ayons en Canada. La Nouvell:-Ecosse, lieu de sa naissance et séjours de ses

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plus belles années, lui doit une étude approfondie de son 8ol, de ses richesses minières, de ses plantes, etc. ; il l’a étudiée sur toutes ses faces : aussi, parmi les Néo-Ecossais, sa célébrité est-elle égale à celle dé Sir GEORGE DuNncaAN, (1821) un des écrivains les plus féconds et les plus savants de la Nouvelle-Ecosse.

Ce n’est pas en quelques pages que la vie laborieuse et les travaux immenses du M. Dawson peuvent être appréciés à leur juste valeur ; pour que l’analyse fut complète il faudrait un livre. Nous ne ferons que citer les titres de ses principaux ouvrages, laissant à d’autres le soin d'en apprécier le mérite intrinsèque : 1o Handbook of Ceography ; and Natural History of Nova Scotia (1858) pp. 95. 20 Reports on schools of Nova Scotia (1860-1-2.) 30 Acadian Geology ; an account of the geological structure and mineral ressources of Nova Scotia (1855) pp. 458 ; 40 Inaugural discourse on the course of collegiate Education in British North America 1855 pp. 29 ; 5o Contributions toward the improvement of agriculture in Nova

Scotia (1856) pp. 280 ; 6o Archaïa ; or studies of the cosmogony and Natural History of the Hebrew scriptures (1860) pp. 400 ; 70 Air—Breathers of the coal period : a descriptive account of the remains of land animals found in the coal formation of Nova Scotia ; with remarks on their bearing on theories of the formation of coal and of the origin of species, with illustrations (1863) pp. 81; 80 First lessons in scientific agriculture for schools and privite intruction (1864) pp. 208 ; 90 On some points în the History and Prospects of Protestant Education in Lower Canada (1864)pp.20; 100 Duties of educated young men in British America (1865); 110 Geological excursion in Prince Edward Island So 120 On the moulder formation and superficial Drift of

Nova Scotia (1847) ; 130 On the mode of occurrence of gypsum in Nova Scotia (1847) ; 140 On the mersones and arvicola of

Nova Scotia (1856) : 150 On the Lower Corboniferous or gypstferous formation of Nova Scotia (1844) ; 160 On the Newer coal formation of the eastern part of Nova Scotia (1844) 170 Notice of some Fossils found in coal formation of Nova Scotia (1846) 180 On the new red sandstone of Nova Scotia (1847) ;

190 Of the coloring matter of Red sandstone, and the white Beds associated with them (1848) ; 200 Notice of the gypsum and Plaster cove (1848) ; 210 Notes on the red sandstone of Nova Scotia (1852) ; 220 On the remains of a reptile and a land shell in an erect Fossil tree in the coal measures of Nova Scotia (1851) : 230 Onthe Albert mine, New Brunswick (1852) ; 240 ; On the coal measures of the south Joggins (1853) ; 250 On the structure of the coal fields of Pictou (1853) ; 250 Notice of the discovery of a reptilian skull in the coal of Pictou (1854) ; 260 On a modern submerged Forest at Fort Lawrencein Nova Scotia (1854) 270 On the Lower carboniferous coul measures of British America (1858) ; 280 On the vegetable structures in coal (1860) The story of the earth and man (1872) pp. 420.

Plusieurs de ces écrits parurent dans les Proceedings and Journal of the geological society of London, dans le New Philosophical Journal (Edinburgh) et dans les Proceedings of the Royal society of Edimburgh et dans le Haszard's Gazette.

Une tête carée, un front haut et large, de longues mèches de cheveux blanchis par l’âge, l'étude, la méditation, le travail de la pensée, mais rembrunis par les artifices magiques de la chimie; une moustache à la Rubens, de grands yeux fatigués par les veilles et l'examen microscopique de l’infiniment petit; des épaules larges, bien assises sur un large estomac et une corpulence obèse; un certain négligédans la tenue, beaucoup de bonhomie ; causant géologie, astronomie: physique, sciences naturelles avec les petits enfants; aimant la nature qu’il a étudiée depuis trente ans sous ses diverses modifications minérales, animales et végétales ; une mémoire prodigieuse, un coup d'œil des plus sûrs, une pénétration des plus subtiles, une ardeur infatiguable pour le travail, un désir insat «ble de savoir et de comprendre surtout par l'analyse ; à la fois peintre et musicien, forgeron et mécanicien, médecin et menuisier, microscopiste et géologiste, paléontologiste et malacrologiste, astronome, chimistfe, minéralogiste : tel est le Dr. JoSEPH ALEXANDRE CREVIER.

T1 naquit au Cap de la Magdeleine le 26 février 1824; fit ses études classiques au Collége Chambly et partie au Collége

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St. Hyacinthe, et ses études médicales au Collége canadien de Montréal; fut admis à la pratique de la médecine le 8 mai 1849; pratiqua pendant douze années à St. Hyacinthe et dix années à St. Césaire; vint se fixer à Montréal en 1872; de 1852 à 1871, fut professeur privé de médecine et de sciences naturelles.

Le Dr. Crevier n’a pas encore beaucoup écrit, mais sa réputation de savant est si bien établie qu’elle est devenue américaine.

Il a été admis membre de la Société Scientifique des Etats- Unis et membre de la Société d'Histoire Naturelle de Québec. Pendant trente ans il a voué tout le temps que la pratique de sa profession lui laissait pour sonder les secrets des sciences abstraites : géologie, astronomis, botanique, zoologie, physique, chimie; etil a, pendant cetespace de temps, réussi à former un musée renfermant plus de 16,000 spécimens d’histoire naturelle, dont 15,500 appartenant au Canada. Il a collectionné lui-même cette masse énorme de coquillages, de spécimens géologiques, zoologiques, botaniques, etc., qu'il vous désigne et exhibe avec tant de satisfaction. Ce n’est pas tout : il a étudié et dessiné d’après nature 450 zoophites infusoires microscopiques appartenant à la faune canadienne, représentés sur une dimension de 500 kilomètres ; plus de 100 plantes microscopiques appartenant à la famille des algues et champignons; exploré et étudié la formation géologique des lits de nos grandes rivières et de nos petits ruisseaux, plus particulièrement la Rivière des Hurons, l’Yamaska, le Richelieu, desquels il a extrait plus de 200 fossiles. Il a interrogé et sondé les flancs des montagnes de Bélæil, fouillé les entrailles des monts Rougemont, Yamaska, Johnson, Montréal et mème les carrières de St. Dominique. C’est dans ce dernier endroit qu’il a découvert le nouveau fossile “ Pleurotomaria Crevieri,” inconnu aux géologues et que M: Billings, l’'éminent paléontologiste du gouvernement, a dédié à l’auteur de la découverte. Ajoutons à cela des observations météorologiques et des recherches astronomiques par le secours du télescope. Les spécimens dont je viens de par-

ler seront décriteau long dans un ouvrage que l’auteur est Jo sur le point de publier, intitulé : Le Microscopique.” thé

Tout le monde connait le fameux spéfique du Dr. Crevier : ci Lo 4 l'anticholérique.”’ Il a décrit la cause du choléra asiatique col dans un pamphlet publié en 1854. Ja science r'a pas encore dit son dernier mot sur ce spécifique. Advienne une voi nouvelle épidémie! s’il réussit à la déjouer, le nom de l'in- y venteur passera à la postérité à côté de ceux des plus grands tio bienfaiteurs de l'humanité. Or

Voici la liste des principaux travaux de M. Crevier, pu- Ge bliés dans le ‘ Naturaliste Canadien: lo. Etudes sur la 2% mort apparente et la mort réelle; 20: Etudes sur les Zoo- 30 phytes infusoires du Canada; 30. Etudes sur les propriétés foo du venin du Crapaud canadien, Bufo Américana ; 40. Ana- cha lyse chimique du venin du Crapaud canadien; 50. Tableau Bo ( de météorologie pour le comté de Rouville; 60. Etudes sur wit les éclipses et les tremblements de terre. Sil

J'espère que des circonstances heureuses permettront au hist savant docteur de publier prochainement tous les travaux the qu'il a actuellement dans ses cartons ; je lui conseille seule- do : ment de soigner son style afin que l'écrivain soit à la hauteur con

du savant. Il ne me reste plus qu’un mot à ajouter: je ne prétends pas porter un jugement, ni condamner ici l'école à laquelle appartient le savant docteur. Pour cela il me faudrait discuter de science et ce n’est pas mon droit dele faire. Qu'il me suffise de dire que je n’admets point les conclusions de l’école mstérialiste. Elles sont froides comme le marbre, tristes comme la mort, vagues comme le néant. Ma raison les rejette comme mon cœur. Hélas! la matière a cela de dangereux que les plus belles intelligences se souillent à son contact,

ELKANAH BILLINGS, écrivain paléontologique et géologique distingué, fonda en 1856 le Cunadian naturalist and geologist. Ce journal a été longtemps le véritable arsenal des sciences naturelles dans ce pays. On y trouve un grand nombre d'articles marqués au coin dela plus grande érudition. M. Billings prit une part active dans la rédaction du Canadian

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