CHAPITRE VIII
POlêSIE POPULAIRE. — KOLTSOF
La littérature commençait à descendre de la haute sphère où elle avait été reléguée jusqu'alors et à s'identifier avec la réalité et avec la vie. Elle perdait de plus en plus de son caractère aristocratique pour se rapprocher du peuple et s'intéresser à lui. Nous avons constaté tous les symptômes de cette nouvelle tendance dans Gogol ; nous les retrouvons une fois de plus dans Koltsof (1809-1842).
Ce dernier naquit à Voronège. Son éducation fut incomplète ; mais il en remplit les lacunes en s'adonnant passionnément à la lecture. C'était alors Theureuse époque où Ton croyait sincèrement à la poésie, à son influence sur le développement moral de l'individu et de la société. Koltsof éprouva, comme tout le monde, un goût très-vif pour les vers. Ses débuts furent cependant pénibles. Il sentait en lui le sentiment poétique, mais la rime était rétive et venait difficilement.
La jeunesse du poêle fut assez triste. Il la passa dans les steppes, où il aidait son père dans son né-
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goce. Une passion malheureuse qu'il éprouva à cette époque vînt jeter un peu de vie et de coloris sur ses occupations vulgaires qui n'avaient rien de bien poétique. Koltsof devint éperdument amoureux d'une jeune set'vante qui était entrée au service de sa famille. a Ce n'était, >» dit Biélinsky, en parlant de cet épisode — (( ni un amusement, ni l'expression d'un sentiment inconscient, produit par les premiers besoins d'un jeune sang tout bouillant. Non, c'était une passion profonde et forte, qui fit sentir son influence sur la vie entière de Koltsof. Non-seulement il aima, mais il respecta, il vénéra l'objet de son amour... » Malheureusement ce lien qui était la vie et le bonheur du jeune poëte déplut à sa famille Jl fallait le briser coûte que coûte. On profita, pour le faire, d'un voyage de Koltsof dans les steppes; et, lorsqu'il revint, il ne la trouva plus. Il en fut tellement atterré, qu'il tomba malade, en proie à une fièvre brûlante. Lorsqu'il fut guéri, il partit comme un fou dans les steppes, à la recherche de la malheureuse.... Il finit par apprendre qu'elle était morte.... Cet amour, malgré son étrangeté, eut une immense influence sur le talent poétique de Koltsof. Il le rendit plus productif, plus naturel, et donna à ses vers un cachet de tristesse et de rêverie qui était tout à fait nouveau. C'est vers cette époque qu'ayant fait un voyage à Moscou, il se lia avec Stankiévitch et ses amis. Son séjour dans les deux capitales lui fut profitable à tous les points de vue. Il étendit le cercle de ses relations, fut présenté à Pouchkine, à Joukovsky, au prince Viazemsky, à une foule d'écrivains et de journalistes. Il se retrempa au contact de ce milieu d'élite, et commença en même temps à faîre parier
de lui. Lorsqu'il revint à la maison paternelle, lorsqu'il se retrouva en face de la vie prosaïque qu'il avait menée autrefois, il se sentit tout autre. — « La chaleur et la tranquillité régnent dans mon âme, » écrivait-il vers cette époque à un de ses amis. — « L'été délicieux, le temps superbe, le ciel bleu, le jour splendide, le soir calme — tout cela est beau, merveilleux, enchanteur ; je sens la vie, et je noie
toute mon âme dans les charmes de notre été. »
ce La steppe m'a de nouveau fasciné; et le diable sait si je l'ai aimée à la folie. Comme elle était belle, et avec quel enthousiasme je chantais : Le temps de Pamour. Cette chanson lui allait très-bien. Mais plus tard la steppe m'ennuya. Elle plaît par moments, tout à coup, mais pas pour longtemps. Je venais la voir, puis je retournais en ville, dans le tourbillon de la vie, dans la lutte des passions! Car la steppe par elle-même est trop uniforme, trop silencieuse. »
« Ces deux derniers mois valent plus que cinq
ans passés à Voronège. Quand je m'étudie, je ne me reconnais plus. Je m'occupe peu de littérature, je ne lis pas beaucoup — je n'ai pas le temps; ma tête est remplie d'absurdités; c'est un matérialisme laid, dégoûtant, et cependant nécessaire. Nage dans les eaux où t'entraînent les nécessités de la vie; plongetoi dans la vase, courbe-toi en arc, et tiens-toi roide et droit en même temps. Et je fais tout cela
avec plaisir. » « Tous ceux qui me voient, me
regardent avec curiosité, comme si j'étais un monstre d'outre-mer. Je m'en suis d'abord formalisé, mais j'ai réfléchi que j'avais tort. Il ne faut pas se mettre en colère contre les hommes, ni leur demander beaucoup ; il est impossible de redresser un arbre tordu.
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et dans les bois il y en a plus de tordas que de droits. Le monde estvrài : il jugé d'après lui-même.»
Cette période d'apaisement, de tolérance et dMndulgence vis-à-vis des autres ne dura pas longtemps. Koltsof s'était laissé influencer parles idées du cercle de Biélinsky, où il comptait de nombreux amis. Il eut le tort de vouloir appliquer à la réalité des théories qui, excellentes dans la sphère littéraire, étaient impraticables dans là vie pratique. Il essaya de les propager dans son milieu. Il ne tarda pas à s'apercevoir que non-seulement il n'avait aucun succès, mais qu'il était en désaccord avec tous ceux qui l'entouraient et qui ne pouvaient le comprendre. Cette situation anormale lui pesa beaucoup. La vie de province, la société, ses occupations, tout lui devint à charge.
« Je voudrais vous écrire, — dit-il dans une lettre à un de ses amis de Moscou (1838) — mais mon esprit ne peut rien produire. Depuis que je suis à Voronège, je me suis abêti sans savoir pourquoi! soit par suite de mes affaires commerciales, soit par suite du changement de vie. Je m'étais si bien habitué h vivre avec vous; j'avais si vite oublié tout le resie! Ici il faut faire tout le contraire, car le commerce exige une grande application. Je suis décrépit et lourd , je crains de devenir purement matérialiste. Que Dieu m'en préserve, ce serait commencer un peu tôt »
Des idées semblables et l'impossibilité morale où il se trouvait de se réconcilier avec un milieu qui lui semblait inférieur, rirritèrent de plus en plus contre le genre de vie qu'il menait.
« Le cercle de mes amis est étroit, dit-il, dans une autre lettre — le monde qui m'entoure est dé-
goûtant, il m'est pénible. d*y vivre, et je ne sais pas comment je ne m'y suis pas encore perdu ! Une force bienfaisante me protège invisiblement. Mais si je ne me transforme pas bien vile, je tomberai sûrement, aussi vrai que deux fois deux font quatre... » — «Tout autour de moi je ne vois que Tatars sur Tatars, Juifs sur Juifs, et un tas d'affaires! Je construis deux maisons; ajoutez à cela des procès, des services à rendre, des domestiques, des réceptions, des visites, des comptes, des payements, des querelles, des disputes! Comment puis-je encore écrire? Et pourquoi écrire? pour vous, pour vous seuls ! »
Il y avait cependant beaucoup d'exagération dans les plaintes du poëte. Rien n'avait changé autour de lui. Lui seul s'était transformé depuis son retour de Moscou. S'étant approprié de nouvelles idées, de nouvelles théories, il ne pouvait plus voir ce qui l'entourait avec les mêmes yeux. Son cœur, ses pensées étaient à Moscou, au milieu de ses amis. A Voronège, il était comme en pays étranger, et complètement dévoyé. Ces nouvelles dispositions morales devaient tôt ou tard amener un conflit entre le poëte et ceux qui l'entouraient. Des témoignages contemporains nous afiirment quMl eut beaucoup à souffrir de sa famille et de ses anciens amis.
Koltsof alla se retremper à Moscou et à Pétersbourg, où il passa trois mois avec Biélinsky. De retour à Yoronège, il éprouve plus que jamais de l'antipalhie pour le genre de vie et la société qui lui étaient imposés. Cette lutte mesquine de chaque jour, qui irritait toutes les fibres de son Ame, altéra insensiblement sa saçté. Une violente secousse morale qu'il éprouva à ^'.eite époque vint encore empirer
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sa situation. Roltsof tomba amoureux d'une femme qui, à en croire Biélinsky, < était ce qu'il lui fallait : belle, spirituelle, instruite, d'un caractère s'harmoniant parfaitement avec la nature ardente du poëte.» Le besoin la força à se séparer de liii.
Succombant à une lutte qui avait fini par épuiser ses forces morales et physiques, le pauvre poëte nourrissait encore l'espoir de quitter Voronège. Voici ce qu'il disait à ce sujet dans plusieurs de ses dernières lettres à ses amis : « Quel avis me donnerezvous? Dois-je rester à Voronège ou tout quitter et aller àPétersbourg? Si je reste, la vie est trop dure. Mais, quoi qu'on dise, on ne me chassera pas.
a Il y a encore un moyen de tout arranger,
c'est de me marier. Mais il faudrait prendre ce qui plairait aux autres. Ce serait me sacrifier, me perdre et perdre ma femme. Aller à Piter ' I on ne me donnera pas un sou. Mais, supposons que j'aie de quoi payer mon voyage!... Une fois arrivé là-bas, qu'y ferai-je? Me placer comme commis? je ne le peux pas; travailler seul? c'est la même chose. Compter sur mes vers? que m'en donnera-t-on? J'aurai à peine de quoi acheter des bottes et du thé, et voilà tout. Mon talent, à dire vrai, ne vaut pas grand'chose. Écrire quelques chansons par an — c'est une folie ; on ne me les payerait pas cher. Écrire en prose? je ne sais pas, et j'ai trente-trois ans. Voilà ma situation. »
C'est ainsi qu'il passa les dernières années dé sa vie, placé entre la triste et dure nécessité de vivre dans un milieu qui lui était étranger et antipathique, et le désir immense d'aller retrouver des amis qui
i . Nom TÎiigalre donné à Pétersbourg, parce ^ttfi PïwtB I^, éon foiidftietir, ël^alt louvent «M léttrel PUit,
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avaient toutes ses pensées. Six mois après avoir écrit la dernière lettre que nous venons de citer, Koltsof n'était plus. Il mourut jeune et sans avoir donné tout ce qu'il faisait espérer, comme beaucoup de ses amis, comme la majorité des grands écrivains de cette époque. Les uns furent enlevés par une mort subite, dans toute la force de leur talent. Les fatigues incessantes d'une lutte inégale, d'un travail acharné tuèrent les autres. La littérature alors était fatale à tous ceux qui en faisaient un culte, un sacerdoce.
Koltsof fut le premier poëte-chansonnier de la Russie. Mais ses productions, sous leur apparence populaire, cachaient des sentiments vifs et profonds. La vie du peuple, ses joies et ses souffrances, — voilà quel fut son thème favori. Sa muse aimait à chanter l'amour de la jeune fille ou du paysan, comme dans : le Temps de Vamour^; le Faucheur^ etc. Il pouvait bien en parler, lui qui avait tant souffert, toutes les fois qu'il avait donné son cœur. Dans d'autres chansons, comme : la Fuite; la Chanson du brigand^ sa muse prend un ton plus fier, parfois môme plus sauvage. Il y a là-dedans un vague écho des chansons cosaques. Mais lé ton dominant de son lyrisme est celui des doumas du centre de la Russie, c'est-à-dire un ton triste et parfois élégiaque. Dans ces rêveries, Tamour, le bonheur, les aspirations idéales, tout cela est écrasé par la réalité, — sentiment que Koltsof avait été plus qu'un autre à même de connaître. Voyez, par exemple, le Sort du pauvre,
« Le pain blanc, chez les étrangers, — est amer ; — c'est une boisson peu délayée — qui grise. — La parole libre — >
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est comme enchaînée : — les sentiments ardents — meurent sans écho. — Si parfois la joie — s'échappe de Tâme^ — elle est aussitôt empoisonnée — par les méchants sarcasmes. — Le jour pur et clair — s'assombrit ; — le monde se voile *- sous une noire tristesse. — Tu écoutes, tu regardes — en souriant ; — et dans ton cœur tu maudis — ton amère destinée. »
DEUXIEME PERIODE
«•«• * to atgre «e CMmée.
La période qui s'étend de 1840 à la gaerre de Grimée fat, avant tout, nne période de transition. Tont en reflétant les traits principaux de Tépoque précédente, elle fut en même temps Taurore d'une ère nouvelle. Et pourtant, jamais littérature ne se trouva dans une situation plus défavorable.
L'empereur Nicolas, arrivé à Fapogée de sa gloire, se regardait comme le défenseur du principe du droit divin. Conformément à cette mission qu'il s'était adjugée, il se montrait fort mal disposé pour le gouvernement de Louis-Philippe, et envoyait ses troupes étouffer la révolte de Hongrie. A l'intérieur, la politique despotique et centralisatrice des souverains avait tellement multiplié les rouages administratifs, que le mécanisme gouvernemental par trop compliqué était condamné à l'impuissance. Le mouvement communiqué aux rouages supérieurs devait se transmettre à tant de pièces, que, malgré la force du choc initial, les petits ressorts placés aux extrémités ne ressentaient rien et restaient immobiles. La Russie ressemblait ^ un corps immense que la léthargie a^
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privé de tout mouvement. Dans les couches supérieures seulement, on remarquait iin semblant de vie et d'agitation. Cet état d'impuissance était évident, palpable, mais ne paraissait effrayer personne. Cela avait duré ainsi pendant bien des siècles. Et puis, à quoi bon le mouvement? Où étaient les besoins à étudier, les questions puissantes à résoudre? On sentait vaguement que cet état de choses ne pouvait pas se prolonger, qu'une société ne petit pas ôlre éternellement condamnée à riûertie, mais où aller quand l'horizon qui nous entoure est femlé I
La vie était donc reléguée dans les couches supérieures, mais là encore, il y avait plus d'agitation que d'action. La polémique deBiéIinsky,les écrits de Guizot, la théorie du parlementarisme anglais et français, les idées philosophiques de Hegel et de ses disciples — tout cela mêlé et confondu avait contribué à la formation, en Russie, d'un parti qui se donnait le hom de parti libéral. Gardons -nous cependant de lui attribuer plus d'importance qu'il n'en avait en réalité. Les libéraux russes passaient leur temps â parler de la politique étrangère , à discuter la supériorité de tel ou tel système constitutionnel ou social, à parler philanthropie, théories humanitaires, etc. En réalité, tout leiir travail se bornait à émettre des pia àesideria. Nouveaux Répétilofs, ils discutaient beaucoup, criaient encore plus, et auraient pu trouver place dans la comédie de Shakespeare : « Much ado about nothing. »
En dehors de ce libéralisme de salon, il y avait aussi quelques velléités de socialisme. Les uns avaient pris dans des ouvrages français et dans les romans de Georges Sapd des plans de réformes à appli(|uer à h
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situation des classes inférieures et à celle des femmes. D'autres voyaient dans la commune telle qu'elle avait existé en Russie, à Forigine, une ressemblance intime avec l'organisation sociale de l'Europe. Mais les uns et les autres ignoraient les premiers mots des sciences sociales, et tombaient dans des exagérations que justifiait pleinement leur ignorance. Toute cette agitation se produisait dans un cercle restreint, inaccessible aux masses. Et puis , quel fruit toutes ces belles théories humanitaires pouvaient-^Ues apporter à un pays, où les deux tiers de la nation étaient condamnés au serrage?
En outre, une main de fer pesait Sur toute expression de la pensée humaine. La censure était encore plus oppressive que du temps de Pouchkine. Son ciseau se livrait aux caprices les plus fantaisistes ; et on raconte sur cette époque les anecdotes les plus étranges. Il faut lire dans les mémoires du temps le récit des di£9cultés que les écrivains rencontraient à chaque pas pour sauver l'intégrité de leurs œuvres. Voici ce que nous dit à ce sujet Tourguénief : « La vie était bien pénible à cette époque, et la jeune génération d'aujourd'hui n'a rien éprouvé de pareil. Le matin, la censure vous retournait vos épreuves pleines de ratures , couvertes de mois écrits à l'encre rouge et comme ensanglantées. Quelquefois il fallait aller trouver le censeur , lui présenter des explications inutiles ou humiliantes , se justifier, écouter ses arrêts sans appel et souvent ironiques. Dans la rue on rencontrait un général ou un chef qui vous accablait de sottises ou vous faisait des compliments, ce qui était encore pis. Quand on regardait autour de soi, on voyait la vénalité en pleine vogue, le servage peser sur le
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peuple comme un rocher, les casernes se dresser partout; il n'y avait pas de justice, on parlait de fermer les universités , les voyages à l'étranger étaient impossibles, on ne pouvait faire venir un livre sérieux, un sombre nuage pesait sur ce qu'on appelait alors V administration des lettres et des sciences; la dénonciation se glissait partout ; entre les jeunes gens, il n'y avait ni lien commun ni intérêts généraux; c'était partout la peur et l'adulation ^ »
Ce sombre tableau n'avait rien d'exagéré, et il fallait que les jeunes écrivains eussent l'esprit fortement trempé pour résister à un. pareil régime. Leur seule ressource était de se réunir en petit cercle chez Biélinsky ou chez Pletnéef , où ils lisaient leurs écrits, discutaient les nouvelles questions littéraires, et s'encourageaient mutuellement.
Le romantisme avait fait son temps. Gogol avait indiqué à la jeune génération littéraire de nouvelles sources d'inspiration. Biélinsky, qui était alors dans toute sa renommée, formulait les règles nouvelles de la critique, en montrant que l'art doit être Texpression fidèle de la vie. Les théories de Hegel étaient ardemment discutées par les étudiants des universités. Les romans de Dickens et de Thackeray étaient très en vogue. A Lamartine et à Victor Hugo avait succédé Georges Sand. C'est à ces diverses influences, tant extérieures qu'intérieures, qu'il faut attribuer la naissance d'une nouvelle école littéraire, à laquelle les Russes donnent le nom S!école naturelle. Dès le début, elle compta dans son sein, des jeunes talents qui devaient plus tard arriver à la célébrité, comme : Tour-