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CHAPITRE III

HISTOIRE DE LA PRESSE EN RUSSIE. — CRITIQUE. — REVUES. — JOURNAUX SATIRIQUES. — JOURNAUX QUOTIDIENS.

C'est SOUS Catherine II, dont le règne fut si fécond pour la Russie, que nous voyons apparaître les premiers essais de publicité sous la forme de recueils littéraires et satiriques. Le roman était encore inconnu à cette époque ; la critique, enveloppée dans ses langes, ne s'attachait qu'au côté grammatical et à la forme. Il ne restait que la poésie et la litlérature proprement dite. Cela semblerait bien maigre aujourd'hui; et cependant la haute société russe du dixhuitième siècle s'intéressait vivement à ces recueils, et quelques-uns de ses membres ne dédaignèrent pas d'y collaborer. La première tentative fut faite par l'historien Miller. Il publia un recueil littéraire sous le titre de : Œuvres mensuelles servant à l'agréable et à l'utile (1755), qui contenait des articles d'histoire et de géographie dus à la plume de cet écrivain luimême, et des vers de Lomonossof, de Soumarokof, de Trédiakovsky, des contes moraux et allégoriques. Un peu plus tard, en 1759, Soumarokof fonda l'^^eiV/e laboi'ieuse^ qui donnait des traductions du Spectator

ddison, et où nous voyons pour la première fois .^ essais de critique littéraire ; — essais encore bien timides, et qui portaient plutôt sur les mots que sur le fond. Citons en outre les Délassements utiles deKkéraskof, où Von Vizine fit paraître ses fables du baron Golberg ; un recueil de Reichel dont le titre était 'aussi long q^e prétentieux ; le Messager de Saint-Pétersbourg (1799) de Braïko, où Derjavinefit ses premiers débuts poétiques.

Un autre genre qui eut beaucoup plus de succès h cette époque fut la satire, très en usage dans cette cour alors tout à fait française. L'impératrice s'y complaisait et mettait tout en œuvre pour l'acclimater en Russie. Les célèbres soirées de l'Ermitage, et les jeux d'esprit qui en formaient le principal délassement, en sont la preuve. On s'attaquait alors de préférence aux ridicules et aux travers du temps ; peu ou point de personnalités; c'eût été dangereux. Le plus en vogue des recueils satiriques était : De choses et i autres (4769), publié sous le voile de l'anonyme. Le principal collaborateur était Catherine II elle-même; dans ses tableaux de mœurs, elle s'en prenait surtout aux vices de Tépoque. Ce journal, sans doute parce qu'on devinait l'origine de ses articles, fut vivement attaqué par ses confrères. Le Bourdon de Novikof, qui était rédigé, parait-il, sous l'inspiration de la princesse Daschkof et de Vorontzof, se distingua surtout dans celte guerre d'épigrammes. La vivacité de la polémique entraîna un peu trop loin Catherine IL Les grands se dépouillent difficilement de leur personnalité. Elle oublia sa situation d'écrivain militant pour se souvenir qu'elle était impératrice. C'est sans doute à cette irritation qu'il faut attribuer la dispari-

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