DONA ISABELLE
Que c'est un sort fâcheux et triste que le nôtre
De ne pouvoir régner que sous les lois d'un autre;
Et qu'un sceptre soit cru d'un si grand poids pour nous
Que, pour le soutenir, il nous faille un époux !
A peine ai-je porté deux mois le diadème,
Que de tous les côtés j'entends dire qu'on m'aime;
Si toutefois sans crime, et sans m'en indigner.
Je puis nommer amour une ardeur de régner.
L'ambition des grands à cet espoir ouverte.
Semble, pour m'acquérir, s'apprêter à ma perle;
Et, pour trancher le cours de leurs dissensions,
Il faut fermer la porte à leurs prétentions.
11 m'en faut choisir un, eux-mêmes m'en convient...
Voilà ce qui s'appelle écrire la tragédie en grand politique !
En effet, sur un geste de la reine, toute la cour est introduite à l'instant même, et puisque c'est le vœu de son peuple, la reine va se choisir un époux. Ce moment est solennel, et Voltaire qui pre» nuit son hien^ même là où il ne devait pas le rencontrer, l'a imité ou plutôt l'a copié, sans y rien changer, dans Sémiramis,