LE TRADUCTEUR AU LECTEUR
Différentes causes, indépendantes de ma volonté, ont retardé la publication du deuxième volume de la traduction de V Histoire de la littérature espagnole , par O. Ticknor. Ce retard regrettable sera, je l’espère, compensé aux yeux des personnes qui s'intéressent à mon travail, par l’apparition très-prochaine du troisième volume.
11 m'a été impossible de suivre exactement le plan que j’avais annoncé. Chaque volume devait contenir une des trois périodes qui composent l’ouvrage. Le premier renferme effectivement tout ce qui, dans l’œuvre originale, se rapporte à la première période : depuis les origines de la littérature espagnole, jusqu’à Charles- Quint. Ce second volume aurait dû comprendre toute la seconde partie, c’est-à-dire, depuis l’avénement de la Maison d’Autriche jusqu’à l’avénement de la Maison de' Bourbon. Mais les quarante chapitres qui constituent cette période et auxquels seraient venus se joindre les appendices, les notes et additions des commentateurs espagnols, en auraient fait un volume énorme. Nous avons rattaché les quatorze derniers chapitres à la troisième période, dont la traduction est aujourd'hui terminée et déjà imprimée en grande partie.
Dans les vingt-six chapitres de la belle époque littéraire de l’Espagne que renferme ce volume-ci, nous assistons au développement intellectuel d’une nation arrivant à l’apogée de sa gloire, par l’unité monarchique dans la Péninsule, après la prise de Grenade; au plus haut point de son influence militaire, par les conquêtes de Naples, de la Sicile, des Pays-Bas; au plus complet épanouissement de sa puissance européenne, par la découverte des Indes et par la possession de l’empire d’Allemagne avec Charles-Quint. Au milieu de cette prospérité politique qui donnait des rêves de monarchie universelle, il n’était pas difficile d’apercevoir des causes de soucis et d’inquiétude, et même de décadence. En Espagne, c’étaient la jalousie des divers royaumes confondus dans la suprématie de la Castille; la