Verso. — (Couplets de disparates). El conde ParUnu
plés^ etc. (Imprimés dans ce volume.) Le reste du manuscrit contient des poésies d'une époque encore plus mo* deme.
eî8 HISTOIRE DE LA LlTl'ÉRATURB ESPAGmLC
Canclonerot nuuiwscrlto de la biblloiliè^me de la
La publication du Gancionero de Juan Alfonso de Baena nous a foorni PoecMOB d'examiner et de reconnaître divers manuscrits de la Bibliothè<iue de sa imesié, que M. le marquis de Pidal^ notre ami^ est autorisé à conserrer momentanéinenl chez lui. Deux d'entre eux sont si curieux que nous n'aTons pu résister i h tentation de donner un résumé de leur contenu^ puisque l'étendue des notes «t h nature même de la publication du marquis de Pidal nous empêchent d'eo publier des extraits, selon nos désirs. Le premier, portant les marques VU^ A 3, est im volume petit in-folio de 163 feuilles pleines et semble compcrâé de divers fhigiiienlB d'anciens cancioneros. On peut s'en convaincre par l'écriture, qui est de divenei époques, du dernier tiers et de la fin du quinzième siècle et du premier tiers do seizième. Il appartenait à la bibliothèque du Colegio mayor de Cuença, et il contient les œuvres de trente poètes différents : Alvarez de îllescas (Alonso), aotrenwrt Alfonso Alvarez de Yillasandino ; Agraz (Juan), marquis d*Astorga; Baeoa (Joan), sans doute le même que Juan Alfonso de Baena, compilateur du Cancionero publié sous son nom; Burgos (Diego de), secrétaire du marquis de Santillane; Cartagéoa, Colon (D. Hernando), Cordoba (Gonzalez de), Duenas (Juan de), Estoniga (Lope de) Garcia (Alonso), Guillen (Pero), Jaen (Alunso Sanchezde), Manrique (Goiiiei),llarmolejo (Juan),Mena(Juande), Mendoza (Pedro de), Moxica, Pedro de la Cal Traviett, Pena, Palomeque (Diego), Rodriguez del Padron (Juan), Rey deCastilla (D. JoanlQ, Sanchez de Badajoz (Garci), Santillana (marquis de),Torre (Fernando de la),Tom (Juan de la), Valera (Mosen Diego de), Yalencia (Diego de), Viana (Juan de).
L'autre, plus ancien et aussi in-folio, se compose de 178 feuilles pleines et porte à la marge quelques dessins à la plume qui sont grossièrement flùts et n'ont rien de commun avec le sujet des vers. Le papier en est fort et gris; Técritare est da dernier tiers du quinzième siècle. Il contient des œuvres de soizante-dix-hiiit poètes, dont quelques-uns sont peu connus et dont nous allons donner les avec l'indication du nombre de compositions attribuées à chacun.
Agraz (Juan), 6; Agmar (Garcia de), 1 ; Alvarez (Alonso), c'est Villaaandfaio, i; Arguello (Gutierre de), 1; Barrientos (Alonso de), i; Bocanegra (FraDeisco),4; Boijs (Garcia de), 1 ; Campo (Mendo de), 1 ; Canizales, 4 : c'est Alvaro ou Diego de CêM' zares, dont on conserve des poésies; (^rrillo (Gomez), 3; Cardenaa (Pero), 1; Ctt^ denas (Rodrigo), 1 ; Chamilo (D. Mendo), 1 ; Contreras, 2; Cordoba (Alfonso de], 1 ; Cucllo (sic) (Pero), 2; Duenyas (Juan de), i 1 ; Deza (Alonso de), i; Dnqoe (d),^ Enriquez (Alomo), 10 ; Enriquez (Juan), 6; Enriquez, le fils de l'Almnwite,!; ! cena, i ; Estamarin, 8; Estuniga (Lope de). 1 ; Fadrique (el duque D.),i D. Fadrique, duc de (^tro, 1 ; Fradrique (el conde D.), qui semble être le i quele duc, puisqu'il fut aussi comte de Transtamare, 1 ; Fajardo (Diego), 1 ; Goevara (Fernando de), 12; Impérial (Micer Francisco), i; Luna(D. Alvaro de), 11^ Macias, 5; Marmolcjo (Juan), i ; Martin (elTanedor), 1 ; son frère, 7; Médina (Garcia de), 3; Messia, 5; Mendoza (Diego de llurtado), 6; Mendoza (Inego Lopes de), 20; Merlo (Juan de), 1 ; Moncayo (Mosen), 3; Montoro, 8; Montoro (Alonso de), 4; Montoro (Juan), 1 ; Ortiz de Calderon (Francisco), 1; Ortizde Calderon \
1 ; Padllla (Juan de), 5 ; Pedro de la Cal Traviesa^ 1 ; Pedraza (Garcift de), i 4 ; Penalosa, i ; Pimentel (Juan), 2; Portugal (el infante D. Pedro de), 1; Quadros (Gonzalo de), 2; Quinones (Suero de), 1 ; Quinones (Pedro de), 1 ; Rey de Castillà, 4; RiTera (Suero de), i5; Rodriguez del Padron (Juan), 1 ; Rojas (Fernando de), 1; Santafé, 39; Santafé de Masniya, 1; Samés, 3; Sesé (Mosen Juan de), 3; SiWa (Juan de), 4; Segara (le commandeur), 1 ; Tapia (Juan de), 6; Torquemada (Gonzalo de), 3; Terres (Rodrigo de), 7; Torres (Diego de), 1 ; Torres (Juan de), 34; Valtierra, 10 ; Villalpando (Juan de), 2; Villalpando (Mosen Francisco), 7; Vizconde(el), 4; Urrea (Pedro de), 1 ; Urries (Mosen Ugo dO, 1.
CuAP. XXIII, notei, pag. 392. — « Dont quelques-uns vécurent sous le règne de Henri 111. » Ticknor aurait dû dire « de Henri H, appelé le Vieux. » C'est en effet sous le règne de ce monarque que fleurit Alfonso Alvarez de Villasandino, originaire ou habitant d'IUescas et dont les poésies forment le tiers du Cancionero de Baena. Dans ce nombre il y en a d'adressées à ce Roi ou à ses filles dona Juana de Sosa et dona Maria de Carcamo.
La proposition de l'auteur sur les poésies contenues dans leCancionero de Baena, lorsqu'il dit qu'à l'exception d'un petit nombre de compositions assez courtes de Ferrand Manuel de Lando, Alvarez Gato et Fernan Perez de Guzman, on ne trouve pas dans tout le Cancionero des morceaux de véritable poésie, nous parait un peu hasardée. Les courts extraits publiés par (Castro, Llaguno etCerda sont insuffisants pour se former un jugement sur une œuvre qui, selon notre manière de voir, contient les plus beaux morceaux de poésie populaire, au milieu d'une multitude d'autres où règne le goût affecté et maniéré des deux écoles provençale et italienne.
I/auteur met Juan Alvarez Gato, natif et habitant de Madrid, au nombre des poètes du Cancionero de Baena, mais c'est une erreur. Gato florissait sous le règne de Henri IV, et dans la collection de Baena on ne trouve pas de ses poésies.
Chap. XXIII, note 2, page 394. — Quoique le P.Mendez (Typog. espag.^ p. 36 et 39) soutienne que les deux premiers livres imprimés, en Espagne, sont le Certamen poetich et le Comprehensorium, tous deux à Valence, Tun en i474, l'antre, en 1475, il est constant, d'après des documents irréfragables, que le premier livre sorti des presses espagnoles est l'opuscule gikmmatical de Bartholomé Mates, imprimé, à Barcelone, par Juan Gherling, Allemand, le 9 octobre de l'année 1468. (Voyez la dissertation publiée à Vich par D. Jaime RipoU, Vilamajor, 1833, in-4°.)
Chap. XXIII, note 1, page iOo. — Dans le Clancionero manuscrit appartenant à S. M., on peut lire plusieurs compositions de D. Alvaro de Luna et plusieurs aussi du roi don Juan IL (Voyez la préface et l'introduction au Cancionero de Baena.)
Chap. XXIV, note 1, page 4l3.^Llorente publia d'autres ouvrages qui prouvent rétendue de ses connaissances dans l'histoire civile et littéraire de sa patrie, tels que : Noticias histéricas de las provincias f^ascongadaSy en que se procura investigar el estado civil antiguo de AUioa, Guipuzcoay Fizcaya, y el origen de sus fueros con un àpéndice ô coleccion diplomdiica que contiene esçritU" ras de los siglos VIIJ ai IX. Madrid, 1806-7, 5 vol. in-4.
«ao mSTOIRE DE LA UTTËRATURE ESPAGNOLE.
Diseursos sobh una constitucion religiosa^ eontlderada amo parte de la civil national : San Sébastian (Burdeos), 1821, in-^
Apologia Caîôlica del proyecto de constitucion reUgiota : San Sébastin (Burdea<)),1821, in-8.
Observaciones criticas sobre el romance de Gil Blas de Santillaiia, en las quales se hace vergue M. Le Sage h desmembrô del de El BachiUer de Salamanca, y se satisface d hs argutnentos del conde de Neufèhdleau : Madrid, 1822, in-8.
Appendice A, page 417. — Sur l'origine de la langue castillane. Nous n'aTons rien ou presque rien à ajouter à la lumineuse et érudite dissertatioii que notre auteur consacre aux origines de notre langue castillane, tiependant noos ne aompas entièrement d'accord sur la division ou la classification des mots faite parla P. Sarmiento et adoptée par Ticknor. Les mots ecclésiastiques ou grecs ne sont pas si nombreux qu'il le suppose, et le nombre de ceux qui appartiennent ao nord est plus grand, si l'on considère comme du nord tous ceux qui ont une origine teutonique, soit qu'ils aient été importés en Espagne par les Goths, soit qu'ils l'aient été par l'intermédiaire du français et du protençaL Nous pensons en même temps que l'élément oriental ne peut être suffisamment apprécié ni calculé, tant qu'on n'aura pas fait une étude formelle et soutenue de la langue castillane dans ses premières périodes. Âu seizième siècle, proprement appelé « le siècle d'or de notre littérature, » il s'est opéré une Téritable révolntion dans notre langue, qui s'est latinisée plus qu'elle ne l'était déjà, grâce aux efforts de nos meilleurs écrivains pour modeler leur pbrase et leur diction sur celles des classiques latins. Le dictionnaire des autorités de la langue castillane se fonna pins tard d'après les œuvres d'écrivains considérés comme classiques et dont le travail principal consistait à écarter tous les mots qui avaient un goftt aralWi fl dut natnrellementen résulter que les expressions qu'il contenait ne représentaient pai^ tant s'en faut, l'état de la langue dans ses périodes diverses. Chaque jour n'^joolet-on pas des mots d'origine éUrangère, en leur donnant, pour ainsi dire, dea lettres de naturalisation et en les rattachant au capital de la langue? Pourquoi done la priver d'une infinité d'expressions employées par les écrivains des quatonièina et quinzième siècles et qu'on trouve encore dans quelques provinces à l'usage do peuple? Selon nous, le Dictionnaire de l'Académie devrait être un vaste répertoire de tout mot parlé ou écrit, qui appartient ou a appartenu à la langue, quoique le signe de mot ancien nous indique qu'il n'est plus usité, il n^airivcnît paa alors ce qui arrive aujourd'hui : à chaque ouvrage ancien, il Haut ment ajouter son glossaire correspondant, si l'on veut que les leetenia le prennent.
L'élément oriental, réduit donc à la partie qu'il occupe aujourd'hui dans le Dictionnaire de r Académie espagnole^ cet élément, on ne peut en douter^ m forme pas, tant s'en faut, la dixième partie des mots de la langue. Mais si on j igoute les expressions infinies qui étaient en usage, avant le seiiième siècle^ et qû ont été postérieurement bannies de l'espagnol, il faudra bien contenir fae leur nombre est certainement plus grand. Nous ne venons pas dire pour eûa, roniM l'ont prétendu certains écrivains, que la langue arabe a contribué bsaueoup à la foroution du roman castillan. C'est là une assertion qui, répétée à satiéléy n'en est pas moins erronée et sans fondement. En effet, une langue d'une i
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plétement opposée, qui n*a donné à la nôtre que très-peu de terbes, une seule pré* position et quelques interjections, ne peut être regardée, sans commettre un sole» cisme philologique, comme ayant servi à la formation du castillan. La vérité est que, nos maîtres en civilisation et en culture, comme dans les arts et le commerce, les Arabes introduisirent, en Espagne, une infinité de mots relatifs à l'agriculture, à l'industrie, au commerce, aux arts, et que les sciences mômes, la médecine, la botanique, la chimie, Tastronomie, Tarchitecture et même les métiers mécaniques eurent jusqu'au milieu du quinzième siède une nomenclature exdusivement arabe, à laquelle s'est substituée depuis la nomenclature latine.
AppBfiDicE B, page 451 .— D'accord avec Ticknor sur la doctrine et les opinions qu'il émet relativement aux collections de poésie populaire, connues sous le nom de Romanceront nous signalerons ici quelques omissions résultant principalement de ce que notre auteiur n'a pas eu sous les yeux et en même temps les di* verses éditions de ces livres si rares. Nous ne nous flattons pas non plus de les avoir yues toutes ; mais, en ayant quelques-unes dans nos mains, et profitant deç excellents travaux de MM. Duran et Wolf, nous allons augmenter, autant qu'il est en nous, la curieuse et embrouillée biographie de nos Romanoeroi.
En premier lieu, l'opinion que la Siiva de varias romances imprimée à Sarragosse, par Esteban G. de Najera, 1550, est l'édition princeps dudit Uvre, et Tédition qui servit de type à celle que publia, sans date, à Anvers, Martin Nucio, opinion que nous partagions noufr*mèmes avant d'avoir lu les recherches érudites de Ferdinand- Joseph Wolf (Primavera yflor de romances, introduction); cette opinion, disje, doit être abandonnée après la lecture des preuves et arguments présentés par ce littérateur distingué. En effet, quelque naturelle et probable que cette opinion nous paraisse, en raison surtout de la pratique presque constante dans ce genre de publications qui se faisaientd'abord dans laPéninsule^ et se reproduisaient ensuite en Flandre et en Italie, il nous faudra cependant convenir que, pour ce livre remarquable, il arriva tout le contraire, et que la première édition de la Silva se fit hors de l'Espagne. Telle est, nous le répétons, la conviction qu'ont laissée dans notre âme les solides raisons du bibliophile allemand.
Pedro de Flores, éditeur de la sixième partie, et qui, sans aucun doute, est le même qui plus tard réunit les neuf parties en un seul volume, avait imprimé auparavant, à Lisbonne, un petit volume in-i2, sous le titre deiRamUlete déflores; cuartŒf quinta y sexta parte de flor de romances nuevos, hasta agora nunca impresos, 1593. C'était, parait-il, la continuation d'un autre volume, ïniïiuié: Primera,segunda y tercera parte delà Pior de romances,eic.tqu'diya\i mise au jour, quelques années auparaTant, le chroniqueur Pedro de Moncayo, natif, nous le croyons, de Borja d'Aragon, et non de Berja, comme on le lit et l'écrit communément. Ce même Moncayo avait auparavant imprimé séparément (Huesca, 1589, in-12) la première partie, plus tard les deux, et enfin les trois, quoiqu'on puisse supposer qu'en agissant ainsi il ne fit que refondre les collections précédemment publiées par les Valenciens Andrés VUlalta et Philippe Mey.
Mais, en même temps que Flores publiait sa continuation, une autre était éditée par Sébastien Vêlez de Guevara sous le titre de Cuarta et quinta partes, tout-àfait difi'érentes, comme on peut facilement le conclure de ce que les deux collections ont été complétées et imprimées sur des points différents, la première à Lisbonne, la seconde à Burgos. Vient ensuite la .Seltma de Francisco Enrique2,Madrid,
1565, etT(»lèdt% i595, in-i2;la Ociava de Luis de Médina, Tolède, 4596» iii-13; et nne JVovena, Madrid^ 1597^ in-12, dont l'auteur est anonyme. La seUma et la ociava réunies se réimprimèrent, à Alcala, 1597, in-12. Enfin c'est des romances de ces neuf parties conservées non entières, mais un peu modifiées, que Pedro de Flores composa plus tard son Romancero gênerai, imprimé, à Madrid, en 1600, iii-4% quoiqu'on ait des motifs de soupçonner qu'il a été imprimé auparatant, en 1599.
Appc?n)icE B, page 460. — A ce que dit notre auteur sur les diverses éditions dn Romancero generaiy nous ajouterons qu'il s'en publia une édition à Medioa del Gampo, en 1602, imprimée par Juan Godinez de Millis, édition nouvelle in«4*, des neuf parties primitives au^entées d'autres quatre, Brunet, dans son Ma^ nuel du libraire, t. IV, p. 17, dit par erreur que le nombre des parties est de seizêy tandiâ qu'il n'est, en réalité, que de treize. Celte seconde édition fût bientiU suivie d'une troisième, faite, à Madrid, par Juan de Guesta, 1604> in-4*. Elle porte bien la note ordinaire, ahadido et aumentado, mais elle ne contient ni plus ni moins que la précédente. Vient enfin l'édition de 16U, reproduction servîle des deux dernières, et où pour la première fois apparaît sur le fh^ntispice le nom de l'auteur Pedro de Flores, libraire ou marchand de livres, qui avait déjà, en 1593, fait imprimer à Lisbonne, par Antonio Alvarez, in-12, la euarta^ quimia et sexta fartes du Ramillette déflores, comme nous l'avons dit antérieurement.
Appendice B, page 400. — De la collection de romances formée par Flores» il existe quatre éditions distinctes, et non cinq, puisque nous sommes fondé i croire, comme nous venons de rétablir, qu'elle s'imprima en 1599. La première que nous connaissons porte le titre de Romancero gênerai,- cm que se oosUienem iodos los romances que andan impresos en Icu nueve partes de romasêceros : aora nuevamente impreso, ahadido y enmendado, Madrid, 1600, ii&-4*, avec licence et taxe du 16 décembre 1599. La seconde est de Médina dd Campo, par Juan Godinez de Millis, 1602, in-4<*. La troisième porte entête : Ramaneero gemmtU em que se coniienentodos los romances que andan impresos. Aora nuevcamaUeaSkt^ dido y enmendado. Afio de 1604. Con licencia. En Madrid^ par Juem de Im Cuesta. Vendese en casa de Francisco Lopez. Un volume in-4*, à deux oolonoes, de 499 feuillets, avec sept autres de table et quatre de préliminaires. Il outre les neuf parties précédentes, quatre autres parties : ce qui porte leur i à treize. Licence à Francisco Lopez, marchand de livres, datée de Madrid, le 16 lévrier 1601. La taxe est datée de Valladolid, le i i septembre 4604. Indication des errata, signée par le licencié Murcia de Uana, à Alcala, le 25 aoât f 604. Avis dn libraire Francisco Lopez au lecteur, Madrid, le 30 septembre i604. Après aveir annoncé que le volume contient, distribuées en treize parties^ les romanœs qui ont été entendues et approuvées généralement en Espagne, il ajoute : c Voilà ce <|ni m'a donné du courage pour les exposer à la censure la plus rigoureuse, qnl est celle de la lecture ; puisqu'elles sont maintenant écrites et dénuées de Vc de la musique, nécessairement elles doivent tirer leur valeur d'elles senles, et < forces de leur mérite. » Une autre quatrième et dernière édition eat Vé connue sous le titre de : Romancero gênerai et akora nwvamaUe dido y enmendado por Pedro Flores. Ano de 1614. En Madrid patr de la Cuesta. A costa de Miguel Martinez. C'est la réimpression de l'édition précédente, page par page, ligne par ligne, et la pwmiiie cl
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Tunique, comme nous l'aYons dit, où le nom de Tauteur parait sur le frontispice.
L'édition de 1604 est généralement accompagnée d'un second volume publié par Miguel de Madri^, et dans lequel sont insérées un assez grand nombre de poésies qui ne sont pas des romances. Son titre intégral est : Segunda parte del Romancero gênerai y flor de diversa poesia, recopUados por fdi" quel de Madrigal. Dirigida d doha Catalina Gomaiez^ mujer del Ucenciado OU Ramirez de Arellano, del Cons^o Supremo de Su Majestad. Armes des Arellanos. Année 1605. Privilège de Valladolid, par Luis Sanchez. Taxe à Yalladolid, le 11 juillet 1605. Approbation d'Antonio de Herrera, du 20 octobre de la même année. Licence pour imprimer^ du 12 novembre. Dédicace sans date; volume in-i"" de 220 feuillets, avec quatre en plus de table, et quatre de préliminaires. Jusqu'au folio 120 inclusivement, ce sont des romances ; le reste du volume, jusqu'à la fin, contient des canciones, des sonnets, des octaves et de grands vers.
Appendice C, page 464. — La question de la légitimité des lettres attribuées au bachelier Cibdaréal a été traitée avec un esprit critique et une érudition profonde par M. le marquis de Pidal dans son article de la RevUta espanola de ambos mundos, tome II, pp. 257-260. Tous les arguments présentés par G. Ticknor pour prouver la complète falsification des lettres ne paraissent pas également acceptables à notre critique. Il admet bien la falsification de la supposée édition de 1 499 , il reconnaît Tinterpolation de divers passages qui se rapportent à la famille et aux ascendants des Vera, persuadant que le comte de la Roca, et non un autre, est le véritable auteur du livre, mais il rejette l'hypothèse que le Centon epistolario tout entier soit l'œuvre de cet écrivain. « Tant qu'on ne découvrira pas, dit-il en substance, le véritable objet qu'a pu avoir le comte de la Roca, à part l'agrandissement et les gloires généalogiques de sa famille, on ne saura concevoir pourquoi il s^est livré à un travail si opiniâtre pour accommoder son style, un peu emphatique et maniéré, au style simple et familier du temps de D. Juan IL En effet, il a bien pu arriver qu'il soit tombé dans ses mains une collection de lettres d'une personne de ladite cour, médecin du roi ou non, appelée on non Cibdaréal, qu'il l'ait altérée de manière à y introduire des détails relatifs à sa famille, détails qui, comparés à ceux des autres généalogistes, sont certainement de tout point faux et gratuits. » Telle est, si nous ne nous trompons, la manière de voir de notre ami M. le marquis de Pidal sur cette question, refusant d'admettre la falsification complète des lettres. De sorte que, si un critique prenait la peine assez grande d'étudier attentivement les tournures et les expressions du Centon, d'analyser sa syntaxe et de la comparer aux autres écrits de la même époque ; si par cette étude il trouvait ces contradictions et ces velléités qui se rencontrent rarement dans un écrivain original, l'argumentation principale du marquis de Pidal croulerait et il resterait prouvé que VEpistolario est exclusivement l'œuvre du comte de la Roca, bien qu'à première vue une pareille entreprise semble au moins impossible. Nous ne le dissimulons point, telle est notre conviction. L'inexactitude de la plus grande partie des faits historiques qui ne sont pas empruntés de la chronique de D. Juan II nous parait prouvée : d'un autre côté, lorsque les lettres sont d'accord avec elle, elles le sont d'une telle manière qu'elles écartent toute supposition qu'elles ont pu être écrites autrement qu'en ayant sous les yeux la chronique de D. Juan : et il ne nous resterait absolument d'autre argument
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pour preuTe de leur authetUicUé parUeile que la grâce partieolière, l\
et la spontanéité avec lesquelles elles sont écrites.
Dans tout ce qui précède il a été trop souvent question de l'ariide de M. la marquis de Pidal, jsur lequel ont argumenté Ticknor, l'auteur américain et Pascal de Gayangos^ le traducteur espagnol, pour que noua n'ayons pas cbereliéà satisfaire les désirs de nos lecteurs, en leur donnant Véinde de l'érndit Utténienr espagnol sur la légitimité du Centofi Epistolario du bachelier Femam Comn de Cibdaréal. Voici donc ce qu'écrivait M. le marquis de Pidal dans la Recitta espanola de ambos mundos.
On connaît peu de collections de lettres plus justement et plus géDénlement vantées que la collection si connue sous le titre de Centon epfsioiaHo dn Bachelier Feman Gomez de Gibdareal. Gomme œuvre littéraire, c'est une des perles de i littérature du quinzième siècle, et elle pourrait Tètre d'une époque plus t 11 y a dans ces lettres un naturel, un abandon, une grâce élégante, une urbanité, qui distingue et embellit la narration des événements les plus eommnnsetles plus arides, qui nous fait toujours voir, à travers eux, la personne dn bon badidier qui les écrivait, personne qui non-seulement parait à nos yeux, mais qne noos connaissons et que nous fréquentons déjà à l'avance, tant il est vrai que le bachelier se peint et se retrace lui-même, sans y prétendre, jusque dans les choses qni le touchent le moins. Ges lettres, en un mot, sont des modèles dn genre laire, modèles méritant surtout d'être lus et imités.
Elles sont en outre un des monuments les plus curieux de notre histoire i nale. Leur auteur, physicien ou médecin du roi de Gastille, D. Juan II, le i presque toujours dans ses voyages et dans ses entreprises; ami et favori de l les grands seigneurs et des prélats de ce temps, il leur écrivait à tous, aoît poor leur faire connaître les événements auxquels il assistait, soit pour leur donner des avis sur ce qu'il leur convenait de faire dans les situations diverses où les ptar çaicnt les révolutions de ce règne agité, soit pour leur donner de judîdenx et prudents conseils sur la conduite qu'ils devaient tenir au milieu des tempêtes oii flottait la monarchie. Sans être affilié à aucun des partis qui ensanglantaient le royaume, conservant toujours la fidélité la plus pure au faiUe monarque qn'il servait, il conseillait à tous l'union, le calme et la modération, tant à ceux d'an parti qu'à ceux du parti opposé et ennemi. 11 se considérait et il était, à ce qu'il semble, considéré par les autres comme un homme bon, impartial, à qui les per. sonnages les plus élevés reconnaissaient, malgré la modestie de sa situation, le droit de les conseiller, de les gourmander avec une autorité presque patemeUe. « Vos, senor, dit-il, dans sa lettre 82, à un des grands du royaume, voce les mas de los grandes que de consuno andais me llamades de padre, ca a loa mas vos crié, é siempre os he acudido en mi arte, é siempre me ha honrado el Bey, é ves otros tamanamente, que bien debo os decir oomo padre que habeis eimdo. » Ainsi le bachelier de Gibdareal n'est pas un simple spectateur des évéoemcots qull raconte, c'est un acteur et parfois un juge; et il est doué d'une raison si sains, il a une si grande connaissance des cours et du monde, que ses conseils el sss leçons, toujours conformes au devoir et à la morale, charment et plaismt par leur bonté et leur indulgence.
Mais ces lettres si vantées sous les deux points de vue que nous venons dTîndiquer, le point de vue littéraire et le point de vue historique, sont a^iourdliui
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regardées par certains critiques comme d'une légitimité douteuse: oiise défie de leur autorité, et M. G. Ticknor^ dans sa savante et érudite Histoire de la UUérature espagnole, appendice C, qu'il a récemment publiée^ en Tient à soutenir qu'elles sont une pure fiction depuis le commencement jusqu'à la fin^ le^^u de$prU d'un écrivain qui, par intérêt ou par caprice, voulut par là surprendre la crédulité de ses contemporains. L'importance de l'ouvrage et le piquant de la question méritent que nous nous y consacrions quelques moments.
L'ouvrage s'est publié la première fois sous le titre : Cenlon epistolario del bachiller Feman Gomez de Cibdareal^fisico del tnuy poderoso é sublimado Rey don Juan el segundo deste nombre^ — Fué estampado é correto por el protocolo del mestno bachiller Feman Ferez (sic) por Juan de Rey é à su Costa en la cibda de Burgos el anno M. CD. XCIX,
La première objection qui se présente relativement à cette impression, c'est que, suivant toutes les apparences, elle est supposée et postérieure à Tannée 1490, où elle se prétend faite. Plusieurs raisons en sont alléguées. La première se tire des signes mêmes que porte ladite impression et qui la rendent fort suspecte. « Le « papier^ dit le second éditeur Uaguno, dans la notice qui précède l*édition de « 1775 et dans celle de 1790, est différent de celui des autres éditions de ce « temps; le nom du lieu et de Timprimeur ne se mettaient pas d'habitude sur « le frontispice; on ne laissait pas de pages en blanc; l'orthographe de certains « mots et la ponctuation diffèrent de l'orthographe et de la ponctuation alors en (( usage ; et surtout la pagination en chiffres était inconnue. L'une ou l'autre de (( ces choses^ ajoute-t-il, pourrait former exception, mais réunies elles concourent « à persuader que l'impression de ces lettres n'est pas si ancienne qu'elle semble le « faire croire, et qu'elle s'est effectuée après l'année 1600, par une personne qui « avait entre ses mains le manuscrit de Feman Gomez, et qui, par extravagance « ou par intérêt, voulut que cette impression parût plus ancienne.»
On pourrait bien en vérité opposer quelque chose aux déductions tirées de ces signes extérieurs de la première impression contre son authenticité (1); ces allégations ne me suffiraient peut-être pas, si des considérations d'un autre genre ne venaient les corroborer. Si l'œuvre du bachelier Cibdareal s'est imprimée vers la fin du quinzième siècle, pourquoi n'en trouve-t-on aucune mention dans les écrivains du seizième siècle et du commencement du dix-septième? Gomment un livre qui n'est pas très-rare et dont on connaît aii^ourdhui encore un assez grand nombre d'exemplaires a-t-il pu se dérober aux continuelles investigations de Garibay, de Mariana, de Zurita, et à la nuée de nos généalogistes? C'estque ces lettres, qui contiennent un si grand nombre de particularités des plus intéressantes sur les événements qu'elles relatent, ne commencent à être citées et connues que vers le milieu du dix-septième siècle où nous les voyons mentionnées par Gil Gonzalez Dâvila et Pellicer. Le premier en parle dans le Teatro de las Iglesias de Espana^ imprimé à Madrid, en 1647, dans la vie de Tarchevèque de Séville D. Gutierre de Tolède, et il les cite purement et simplement comme un ouvrage répandu et
(1) Tous les critiques ne conviendront pas, par exemple, que Id papier du Genton soit très-différent de celui qu'on employait vers la fin du quinzième siècle. LeP.Mendez dit, page 291, qu'il est bien imité; — des pages en blanc, on n'en trouve qu'une seule dans le Genton, c'est le verso du frontispice. La mèpie page se trouve aussi en
connu (1). Pellicer copie certaines de ces lettres dans le Mémorial de ia casa de Segovia, imprimé à Madrid, en 1 649; il les copie, dit-il, parce que le Centon est an livre recherché et peu commun, et en marge il fait connaître rimprimear, rmnnée et le lieu de l'impression de l'ouvrage (2).
Ainsi donc, selon moi, ce n'est pas douteux, ces lettres n'ont été imprimées que bien avant dans le dix-septième siècle, malgré leur caractère gothique, malgré tous leurs autres signes d'antiquité supposée. Cest là ce qu'admettent, cotre les auteurs déjà cités, D. Luis Salazar (3), le P Mendez, Ftoanes et beaoooap d'autres (4).
Mais quel est celui qui s'est livré à cette invention, dans quel but fa-t-il fkite? Nous trouvons à cet égard une assez grande uniformité dans les opinions de nos érudits. Tous supposent que Tauteur de cette fiction fut D. Juan Antonio de la Vera y Zuniga, comte de la Roca, et qu'il le fit pour rehausser son origine en introduisant dans les récits du Bachelier des personnes portant son nom et qui étaient de ses ascendants. Mayans dit expressément que : « D. Antonio de U Yen u y Zuniga, comte de la Roca, altéra désagréablement les lettres historiques do fc Bachelier de Gibdareal, en imitant les caractères anciens et IHmpression de
blanc dans les Doce trabajos de Hercules de D. Enrique de Villena, imprimés dans U même ville deBurgos, la même année de 1499, par Juan de BoiigoSt qui, solvant Dios* dado, pourrait bien être le même que Juan de Rey, Timprimeur do Canton : — Is pagination en chifftes se rencontre dans certains livres de cette époqoe, dans le A»cictt/ta temporum^ imprimé en USi ; j *en possède un autre, £s Coee voigaH di F. F»- Irarca, que Brunet dit avoir été imprimé à Lyon dans les premières années do seizième siècle, et dans lequel la pagination est en chiffres romains, josqo'aa folio imiw et en chiffres arabes de ce folio, jusqu'au 199. Quant à mettre sor le frontispîes les noms du lieu et de l'imprimeur, à disposer la pagination par pages, je ne me sooviens pas d'en avoir vu d'autres exemples dans les impressions du seiiiènie siècle.
(1) Tom. 11, pag. 09 et 70 . • Ce fait, dit-il, nous a été transmis par le hechsiiar Fernan Gomez de Cibdareal, lettre 76, — comme le rapporte son médecin (de don Juan 11), dans sa lettre 90, » etc.
(2) Folio 132. « c*est rapporté, dit-il, par le bachelier F. G. de Cibdareal, dans uns de ses lettres (qui se trouvent dans le Centon epistolario), — y porqoe el libn es ds lo6 esquisitos y no se halla tan manual, juzgamos ponerla à ûletra enten. »Csll^ moire, qui se trouve à la bibliothèque de Salazar, est imprimé jasqo*aa foUo ISS, Is reste est manuscrit.
(3) Advertencias Mstoricas^ Madrid, 1688, pag. 36. Ce oritiqoe soppooe qa'araot l'édition fausse et altérée que nous connaissons et qu'il dit avoir été faite à VeusB,il y en avait une autre antérieure. Mais Llaguno observe que personne n*a vn nnessi blable édition, qu'elle n*existe, que Von sache, nulle part Void le rsmaninabls passage de Salazar, attaquant Pellicer qui avait cité le Centon dans le MemorM de Is casa de Martel^ imprimé en 1629 : ~ « El libre de Fernan Gomes de Cibdarssl, dîlil, no solo esta vicindo en la empression ûltima de Venecia, oomo los doctos saben y lo asegura el guarismo modemocon que estân numeradas sus hojas, sino Ismbifn mtrece la estimacion limitada, oomo una relacion del tiempo en que Homeîd si aolsr.. Pero de lo que hablare en el tiempo antes no mereee credito, ni en de U prahsisn ds un medico intentar otra cosa que escribir à sus amigos lo que veia. •
(4) Tipografia espoiioto, pag. 291.
HISTOIRE DE LA U'ITERATURË ESPAGNOLE. 6;t7
« Burgos de 1499 (1). » Ticknor, qui n'admet pas l'altéralion des lettres, mais leur falsification complète, suppose que Mayans a avancé cette assertion sans aucun fondement, et que Tabbé Diosdado Pavait déjà ouvertement combattue^ en disant que c'était une atroce calomnie, atrocious calumny. Or il n*y a pas là toute l'exactitude voulue. Diosdado ne l'appelle pas une calomnie, ce qui serait déjà manifester une opinion contraire à l'assertion de Mayans, mais bien une accusation, ce qui est entièrement différent fiescio, dit-il, quib%$ argumentis innita4ur tam airox in virum gravissimum accusatio Mayansiana (2). Mayans était une personne très-sensée, très-érudite, et, c'est plus que probable, lorsqu'il avançait et publiait cette accusation si grave, il en avait les preuves. E^un autre côté, il n'est pas le seul à accuser de cette altération Yera y Zuniga. L'inoffensif D. Nicolas Antonio, qui le fait aussi auteur de divers ouvrages publiés pour se rehausser lui et sa race, ouvrages édités sous d'autres noms, comme nous allons le voir en traitant du Genton épistolaire, Nicolas dit que Ton soupçonne qu'il y a quelque fausseté dans sa publication, fausseté commise par une personne qui a voulu grandir ses ascendants, en introduisant quelques-uns d'entre eux dans les lettres du Bachelier, et que, pour simuler l'antiquité, elle se servit de caractères anciens trouvés quelque part ou en fit fondre de nouveaux (3). D. Nicolas Antonio ne nomme pas, comme on le voit, l'auteur du livre supposé, mais son annotateur, l'érudit Ferez Bayer, n'hésite pas à dire qu'il fait allusion à Yera y Zuniga et que telle est l'opinion générale des savants. Nimirum a don Joane de yera et Zuniga^ comité de la Roca, ut vulgus eruditorum putat (4).
Quel est ce D. Antonio de la Yera y Zuniga ainsi inculpé, et sur quels fondements s'a ppuie-t-on pour intenter une accusation pareille?
D. Juan Antonio de la Yera y Zuniga était un gentilhomme distingué et d'illustre origine de la cour de Philippe 111 et de Philippe 1Y, fort adonné aux lettres et aux affaires publiques, deux carrières où il obtint assez de renom et de réputation. C'était un seigneur de divers lieuz, chevalier de l'habit de Santiago, gentilhomme de Sa Majesic, et enfin comte de la Roca, par la grâce de Philippe lY. 11 fut membre du conseil de guerre, ambassadeur ou ministre de la cour d'Espagne à Yenise et dans d'autres États de l'Italie, résidences où il acquit une grande réputation de négociateur et de politique. Il publia divers ouvrages en prose et en vers dont Nicolas Antonio nous fournit le catalogue. Le livre aujourd'hui le plus connu et le plus recherché est celui qu'il donna, en 1620, sons le titre de Bl Embqfador, dans lequel, sous la forme d'un dialogue entre Ludovic et Jules, il expose le caractère et la nature des fonctions d'ambassadeur, ses devoirs, ses obligations et ses qualités. Il composa aussi un opuscule qui a circulé manuscrit, Fida del condeduque de Olivaies, dont il était, à ce qu'il semble, un grand partisan, et dans
(1) Origines de la langue castillane^ tom. I, pag. 203.
(2) De prima Typographix Hisp. «tate^ pag. 74.
(3) BibL vêtus, liv. X, chap. vi, numéro 328. Nihilominus sublesti aliquid iu ea editione ab eo qui intrusis eo familiae sus, alias nobilisimaB, cognomine notatis aliquot vins eam magnificare voluit commissum; atque ut antiquitatem repraosentaret, vêterum characterum alicubi repertorum aut de novo fusorum , habitu eam vetitam fuisse, sunt inter nos equidem qui valde suspicentur.
(4) BibL vêtus, tom. II, p. 250, note I, a.
638 HISTOIRE DE LA UTTÉRATURE ESPAGMOtB.
laquelle on peut voir qu'il n'épargnait pas les louanges aux poissants lonqoe ces louanges convenaient à ses intérêts.
Toutefois ce personnage, poète, historien^ politique et diplomate, était,àoeqaril semble, tourmenté du violent désir de rehausser et d'éleyer sa race, déjà trè»> illustre par elle-même, en la rattachant, par des alliances, à des empereurs, des rois, de grands personnages de son pays ou des nations étrangères, soit par suite d'une faiblesse ou d'une manie naturelle, soit que la chose lui convint réellemeat pour ses nions, ses idées d'avancement, ses prétentions personnelles ou celles des membres de sa famille, dans ce siècle où ce genre de mérite avait tant d'influence. Quoi qu'il en soit, c'est un fait curieux et remarquable tout à la fois que de voir les presses de Lima, de Milan, d'Arras, de Salamanque, de Bnrgos et d'autres villes^ donner ou supposées donner successivement, de 1617 à 1636, une maUitude d'oi»* vrages plus ou moins volumineux, dont Tobjet unique et exdusif était de rehausser D. Juan Antonio de Yera y Zuniga et sa famille, en montrant qu'il descendait des monarques les plus anciens et les plus illustres, qu'il était très-proche parent de Philippe lY, de Tempereur Ferdinand H, des rois de France, de Pologne, de Hoih grie, de la princesse de Transylvanie, de la reine de Danemark, des ducs de Btr viëre, de Lorraine, de Savoie, de Toscane, de Parme, de Mantoue, de Modène, de Glèves, de Neubourg, des Deux-Ponts, etc., et, de plus, de tous les ducs et gnuils seigneurs de Gastille, d'Aragon et de Portugal.
Tous ces ouvrages se répandaient tantôt sous le nom d'auteurs et de généalogistes très-renommés et tantôt sous celui d'écrivains moins connus. Mais soit les auteurs de bibliothèques, Nicolas Antonio et Franckenau, soit notre grand érodît D. Juan Lucas Gortes et les généalogistes Peliicer et Salûar de Castro, tons supposent ou établissent que tous ces livres étaient le produit de la fécondité inventive du même Yera y Zuniga, qui les faisait publier sous des noms supposés posr leur donner plus d'autorité et s'encenser plus à son aise (1).
Avec de pareils antécédents, personne ne regardera comme peu probaUe que si
(1) Gomme preuve de ce que j'avance sur ce point curieux de notre bîUîogn^hie, je vais donner une liste des ouvrages de ce genre que je connais et le t^mnigniff qu*en portent les auteurs qui les mentionnent
1*" Tratado dêl arigen generoso e UiustreUnage dé Figrs, par le IJceôdé YelssqM ds Mena, adressé à D. J. Antonio de la Yera y Zuûiga, conunandeor de la Barra» etc., 1617. Sans indication de lieu : l'épitre dédicatoire est signée en si Burgo, Pranekenan dit: « Yalde vereor ne sab eo nomine (el de Mena) pro moresuo lateat, J. A. de Yen y Zuniga, cornes de la Roca. » BibUoth, heraldica, p. 404.
2^ Primera junta de la sangre impérial de Roma^ Alenumia et CinuUaMÊOfla cm la real de CastUla y algunas sucesiones de ella, par le licencié Silva de Ghaves, à D. J. A de Yera, etc. Sans indication d'année ni de lieu, mais la dédicace est datée de Si» lamanque, 1617. L'objet de cet opuscule est de démontrer que notre Yen descfndiit de Ferdinand et de I> Bcatrix de Souabe, tille de Tempereur Frédéric I. Thmafodi Yargas vit ce livre manuscrit, et c'est à lui que s'en réfèrent Nicolas Antonio et fnoi» kenau, qui n'en ont pas connu l'existence et n'ont jamais su quil ait été imprimé.
3* Parentescas que tiene D. /. A. de Vera.., con los reges eaioUeot y cirmprîntlfm y grandes senores^ par le docteur Pedro Fernandez Gasroso. Auras, par Gnillsams de la Rivière. Année 1627. Nicolas Antonio, Luis Salazar de Castro et Pranekenan disiil que le supposé Gayoso est le même D. J^ A. de Yera. C'est le livre piquant qni Ut
la composition du bachelier de Cibdareal est tombée entre les mains de ce personnage^ il n'y ait introduit les interpolations que lui reprochent Nicolas Antonio^ Mayans, Perez Bayer ; qu'il n'ait cherché à tirer parti de leur publication pour se livrer à sa passion favorite de rehausser, par tous les moyens possibles, ses ascendants et sa famille.
Il ne me restait plus qu'à parcourir les Lettres du Bachelier pour examiner s'il y avait, en effets quelques traces de cette altération^ si les Vera y figuraient de manière à prouver jusqu'à un certain point, les accusations que j'ai rapportées. Je me suis livré à cet examen minutieux et détaillé, et il en résulte que, sur les cent cinq lettres dont se compose le Centon epistolario^ onze font mention de personnages de la famille des Vera et qu'ils figurent dans des érénements d'une assez grande importance, d'après les extraits suivants.
Ruy Martinez de Vera, gouverneur et grand chambellan de l'infant D. Henri, va porter la nouvelle de la prison de l'infant au roi d'Aragon, son frère (lettre 2). Il assiste avec Sanche Stuniga à la remise de l'infant au maréchal Pero Garcia y Herrera (lettre 4). Il entre, la nuit, sous le déguisement d'un chasseur, avec des messages de l'infant, dans la maison du Connétable D. Alvaro de Luna pour établir des rapports entre eux : il se dit l'ami de ce dernier, parce que a D. Juan Martinez « de Luna, aïeul du Connétable du côté de son père, était fils de dona Maria de
Vera proche parent de tous les rois et de tous les grands seigneurs de l'Europe.
4« Tratado brève de la antigiiedad del Hnage de Vera, par D. Francisco de la Puente, adressé à D. Fernando de Vera, fils du comte de la Roca. Lima, l635.Franckenaa, suivant D. José Pellicer, Tattribue à D. Fernando de Vera, archevêque de Cuzco, au Pérou, et frère du comte de la Roca. « In opusculo hoc, ajoute-t-il, auctor celeberrima sus prosapisB origines ex longissima petit antiquitate, qua fide, qua veritate, facilis est conjectura (Bibliot. heraldica, p. 1 1 9). » En effet, dès la première page, on commence par établir que « le nom et la famille de Vera commencent peu de temps après Rome, « et même on peut dire un peu avant. »
ô'' Arbol de los Veras, por Juan Mogrovejo. OUan , 1636. Fran^enau (pag. 233) dit que le véritable père de ce produit littéraire, oonime celui de tous les autres de la même farine, c'est le comte de la Roca.
6° Elogios de los ascendientes de D. Juan A. de la Vera, par Juan Martinet Bahamonde, sans année ni ville, mais, dans le livre des parentés ci-dessus mentionné et imprimé, en 1627, on cite ces éloges, preuve qu'ils étaient déjà imprimés avant cette année. N. Antonio» Luis de Salazar, Franckenau, l'attribuent aussi à D. J. A. de Vera. (Bibl. heraldica, p. 230.)
T" Arbol genealogico de la casa de Vera, par Alphonse Lopes de Haro. Ce livre, je ne l'ai pas vu, ainsi que plusieurs autres sur le même sujet : Franckenau (pag. 206) dit qu'ils sont tous du même Vera : « Verum de proprio stemmate plures in publicam prodiere lucem libelli genealogici sub Alphonsi Lopez de Haro, Pétri Francisci de la Puente, Joannis Martinez a Bahamonde, etc., nominibus in hoc libello a nobis recensiti quos tamen vel intègres, vel maximam partem abipso comité de la Roca elaboratos asserunt Josephus Pellicerius, Nicolaus Antonius, Ludovicus Salazar de Castro. »
S^" Historia de los Veras, par Juan de Mena. Franckenau, qui parie de ce livre ma-* nuscrit pour l'avoir vu cité à la marge de VBistoria de Merida, ne donne ancuno autre indication à sou égard.
640 HJSTOIRE DE LÀ LllTËKATURE ESPAGNOLE.
u Vera, aadixr de l'aïeul de ce Ruy Martinez ; » on lui promet cinquante mille maravédis du droit du roi et deux villas s'il établit ces rapports (lettre 8). Le roi de Navarre se plaint de ce que Tinfant se livre à un commerce secret avecle Connétable par Tentremise de Ruy Martinez de Vera, son gouverneur (lettre 18).
Le comte de Benavente enlève d'Alcuesca^ près de Montanchez, et emmène pri* sonnier à la forteresse de Mérida, sur le soupçon d*une correspondanoe avec l'infant don Henri, dont il avait été le gouverneur, le commandeur Roy Martinei de Vera. — Juan de Vera, fils du commandeur Ruy Martinez, se présente au Gomiétable et lui montre qu'il venait de renoncer entre les mains de Finfant à la solde que son père et lui en retiraient pour avoir été faits, par son ordre, vasBanz du roi de Castille, et dépouillés de la citoyenneté d'Aragon, d'où ils étaient vemis avec rinfont, en vue de quoi le Connétable et le comte de Benavente les dédarferent bons et loyaux (lettre 37). Dans la répartition des États de l'inCuit on donnai Juan de Vera, capitaine général de Merida, la villa de Ravanera (1450) que l'iafant lui avait déjà donnée, « et il la prit, lorsqu'il quitta son service »(lettre 44).
Le commandeur Juan de Vera, capitaine général de Mérida, passe à l'armée da Connétable dans la bataille de la Higueruela (1431). — U se dispute après la bataille avec Femand Ferez de Guzman, le seigneur de Batres, sur la question de savoir qui avait rois en liberté Pero Melendez Valdés; le roi les fiait prendre tons les deux et les met ensuite en liberté sous diverses conditions (lettre 51).
Fray Alonso de Vera, neveu du commandeur de Zalamea, assiste, avec vingtquatre chevaux et quarante fantassins de son oncle, à la prise d'Huesca, en 1434 (lettre 59).
Le commandeur Juan de Vera, vassal du roi, avec seize lances et soixante fin* tassins de la frontière de Mérida, se rend avec beaucoup d'autres seigneois à l'appel que le Connétable D. Alvaro de Luna fait à tous ceux qui touchaient sa solde, eiH438 (lettre 59).
Alonso de Vera conduit cent hommes des gens du maître d'Alcantara à la b^ taille d'Olmedo (1445) et fait prisonnier le fils de Sanche de Londono (lettre 9S^
Le Roi ordonne (1445) au commandeur Jean de Vera de venir immédiatsawiit le joindre avec les gens de sa frontière de Mérida (lettre 97).
Après la mort du Connétable,' le Roi prend ses dispositions et envoie le oonuoaiideur Juan de Vera à Montanchez (lettre 104).
Je ne prétends pas soutenir que ces actes sont faux, mais c'est un fait bien singulier toutefois et qui nous fait grandement soupçonner leur interpolation les lettres de Cibdaréal, de voir que la Chronique de D. Juan U, toi^ours si forme dans la narration des événements au Centon épistolaire, ne parle pas i une seule fois de ces personnages du nom de Vera, dans les années et dans ks passages correspondants à ceux des lettres de Cibdaréal. Cependant le clironiqueiir Fernan Ferez de Guzman, seigneur de Batres, devait les avoir bien présents, par suite de l'altercation sur la mise en liberté de Pero Melendez Vald^ altereatka qu'il eut , suivant le Centon, avec Juan de Vera après la bataille d'Higucmela, cause de sa prison et de son exil de la cour. Le silence de la chronique sur eertaiM faits est surtout très-significatif. La chronique et le Centon, par exemple^ rs^ portent avec une conformité des plus ponctuelles la répartition des États de l'iafint I). Henri, après son emprisonnement, en l'année 1430, et donnent la liste des grands seigneurs et des chevaliers alors récompensés. Or tous les chevaliers q[Qe mentionne le Centon s'élèvent à seize, la chronique les mentionne également toii% à
l'exception d^un seul, et celui-là est précisément Jean de Vera, que le Centon ap pelle capitaine général de Mérida. La même chose arrive, plus ou moins, dans Ténu mération des chevaliers qui, à la bataille d'Higueruela, en 1441, marchaient avec Tarmée du Connétable D. Alvaro de Luna. Le Centon cite parmi eux, comme nous l'avons vu, le commandeur Juan de Vera, capitaine général de Mérida : dans la chronique, malgré une relation presque identique, il n'est pas fait mention de la personne du commandeur. Remarquons qu'il en est de même dans la chronique de D. Alvaro de Luna, où s'énumërent avec les plus grands détails les chevaliers qui suivaient les rangs du Connétable.
Je ne spécifierai pas d'autres faits, mais toutes les indications que nous venons de donner établissent, à mes yeux, un des fondements sur lesquels s'appuyèrent sans doute Nicolas Antonio, Mayans et les autres érudits déjà cités, pour affirmer que le Centon épistolaire avait été altéré afin d'y introduire des noms de la famille du comte de la Roca, D . Juan Antonio de la Vera y Zuniga* Ces écrivains eurent peut-être de ce fait d'autres preuves plus directes, mais ils ne nous ont rien laissé à cet égard, pas plus qu'ils ne nous ont indiqué aucun des motifs qu'ils avaient de croire à cette interpolation, nous laissant le soin et le travail de le rechercher comme je viens de le faire.
Quoi qu*il en soit, et quoiqu'on ait reconnu dès le principe l'interpolation et la falsification de l'impression primitive, personne n'a douté delà légitimité du Centon, [lersonne n'a soupçonné que ses lettres fussent inventées. Loin de là, tous nos écrivains les citaient et les copiaient pour établir leurs assertions et leurs récits ; souvent aussi ils leur accordaient plus de crédit, plus de foi qu'aux chroniques mêmes, comme à une œuvre et au témoignage d'un auteur contemporain, en situation de connaître la sincérité et le secret des faits qu'il racontait.
Telle était la faveur dont jouissait le Centon, lorsque récemment Quintana, en composant la Fida de don Àivaro de Luna et comparant la narration que la lettre i03 fait de la mort du favori avec les documents officiels et contemporains, trouva de puissantes raisons pour douter de la certitude du récit du bachelier Cibdareal, lequel suppose le roi D. Juan II à Valladolid, tandis que les documents cités prouvent qu'il se trouvait à Escalona et à Maqueda. Cette circonstance notable et quelques autres, que je spécifierai bientôt, commencèrent à faire naître chez certains critiques des doutes sur l'authenticité de tout l'ouvrage, et enfin Ticknor soutient, comme nous l'avons indiqué, qu'il n'est qu'invention depuis le commencement jusqu'à la fin, et il passe en revue toutes les raisons qui lui viennent en aide pour défendre résolument celte opinion.
Quant à moi, je crois, pour le moins, cette opinion prématurée et sans fondement. Dans Tctat actuel de la question, il me semble que c'est aller trop loin, et je crois que la critique ne doit pas ainsi écarter, à la légère, les documents historiques généralement reçus comme légitimes, sans s'exposer aux erreurs où nous avons vu tomber plus d'une fois nos historiens et nos critiques. La Cronica iatina du Cid, la Historia compostelana et d'autres documents d'une égale importance et d'un égal intérêt, n'a-t-on pas fait les plus grands efforts pour les faire considérer comme apocryphes, et les découvertes et les raisonnements postérieurs n'ont-ils pas mis leur légitimité hors de doute? Après tout, la question une fois soulevée mérite d'être examinée, et puisque Ticknor a rassemblé tous les arguments contraires avec un certain art et une certaine méthode, nous suivrons son nvdvc dans cet examen.