‹ Histoire de la littérature française au XIXe siècleChapitre 37 sur 106 · ANGELOT · texte numérisé non relu

ANGELOT

Ancelot, après avoir beaucoup écrit pour le théâtre, donna un poème, Marie de Brahant, moins épique que cyclique, c'est-à-dire historique.

Marie de Brabant, fille de Henri III, duc deBrabant, épousa en 1274 Philippe III le Hardi, roi de France. Deux ans après elle fut accusée par Pierre de la Brosse, chambellan et favori du roi, d'avoir fait empoisonner l'aîné des fils que son époux avait eus de Marie d'Aragon, sa première femme. Elle eût été punie de mort, si son frère Jean de Brabant n'eût envoyé un chevalier qui défendit son innocence les armes à la main. L'accusateur ne put soutenir sa calomnie, et, accusé lui-même du crime, fut pendu.

L'auteur du poème de Marie de Brabant, tout en cherchant à inventer des ressorts dramatiques, s'est attaché à reproduire l'histoire avec une scrupuleuse fidélité. C'est encore l'histoire qui lui a fourni le personnage de YInspirée qui domine tout le drame et en amène le dénouement. Ce personnage mystique, qu'il a seulement embelli et dont il a relevé l'origine, n'est autre que la béguine de Nivelles qui a joué un rôle si important dans le procès de Marie de Brabant.

Le plus grand changement que le poète ait fait subir h l'histoire, c'est qu'il n'a parlé que de Louis, fils aîné de Philippe et de Mcurie d'Aragon, qui mourut empoisonné à l'âge de treize ans ; tandis que cette princesse avait encore laissé à Philippe trois garçons, Philippe ' le Bel, qui succéda en i285 à son père ; Charles, comte de Valois, père

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