‹ Histoire de la littérature française au XIXe siècleChapitre 66 sur 106 · M»* DESBORDES-VALMORE · texte numérisé non relu

M»* DESBORDES-VALMORE

Marceline Desbordes naquit à Douai en 1786. Le nom de Valmore, qu*elle ajouta au sien, lui venait de son mari. Elle avait déjà trentedeux ans lorsqu'elle publia son premier volume de poésies sous le titre à'Élégies et Romances, Jusque-là, elle avait suivi non sans succès la carrière d'actrice. Lille, RoueUi Paris, Bruxelles et Lyon furent les théâtres où elle se montra successivement, jusqu'en 1823. A cette époque, elle quitta tout à fait la scène pour la poésie, et salua son public dans des vers d'adieu qui témoignent du peu de goût qu'elle avait pour les planches :

« L'infortune m'ouvrit le temple de Thalie ; L'espoir m*y prodigua ses riantes erreurs! Mais je sentis parfois couler mes pleurs

Sous le bandeau de la folie!...

Charmante muse, objet de mépris et d'amour,

Le soir, on vous honore au temple,

Et Ton vous dédaigne au grand jour.

Je n'ai pu supporter ce bizarre mélange

De triomphe et d'obscurité Où l'orgueil insultant nous punit et se vonge

D'un éclair de célébrité. »

Le premier recueil de ses poésies pleines d'une sentimentalité de convention n'obtint qu'un succès d'estime. La corde sensible, celle qui tient au cœur même du poète, n'avait point vibré : de caractère et d'originalité, point encore. Ce n'est qu'en 1833, à l'apparition du second volume, intitulé PleurSy que le poète d'instinct et de cœur se révèle. De toutes les femmes qui ont écrit des vers depuis un demisiède, M'^^' Desbordes-Yalmore est celle dont la note poétique est la plus juste. « D^autres femmes, a-t-on écrit, ont chanté plus haut et plus fort, mais non pas avec plus de suavité ni de penchant irré-

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