III. - La philosophie et la religion
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TABLEAU GÉNÉRiVL DU* XVIIl* SIÈCLE B55
siècle, SOUS rinfluence de Locke, philosophe anglais, qui avait publié, en 1690 son Essai sur V entendement humain, et sous celle de Bayle, on abandonne la métaphysique et la psychologie pour une philosophie expérimentale et sociale. Sans doute, on croit bien encore qu'il est possible de discuter sur l'existence de Dieu, sur l'immortalité de l'âme, sur les passions... Mais à quoi bon? N'a-t-on pas des sujets et des objets plus présents, et dont la solution immédiate importe davantage, pour le bonheur du genre humain et pour la commodité de la vie? « Occupons-nous un peu moins, dit-on, des attributs de la Divinité, des limites de la prescience divine et de la liberté humaine, de la connaissance et du bon usage de nos passions, — et un peu plus d'améliorer les procédés de la justice dans les tribunaux dont nous relevons immédiatement, de réformer Ibs institutions politiques au milieu desquelles nous vivons, de réparer les inégalités de la fortune par une meilleure répartition de l'impôt, d'acquérir la liberté de conscience, d'assurer à chaque citoyen un peu d'aisance, etc. Quant aux mœurs proprement dites, ce sera afïaire à chacun d'y veiller ; la vraie morale consiste à ne pas nuire à son voisin ».
D'ailleurs, tous ces philosophes, qui ont abandonné avec dédain les spéculations métaphysiques ou psychologiques, n'en sont pas pour cela beaucoup plus pratiques. D'abord, ils s'accommodent parfaitement des abus existants, et ils en profitent. Gentilshommes, ils ne renoncent point à leurs privilèges; financiers, ils contribuent à ruiner le pays. Et puis, comme leur beau zèle de réformateurs ne peut avoir d'effets immédiats, ils donnent à cœur joie dans l'utopie et poussent leurs systèmes jusqu'à l'absurde. Voyez Rousseau et Diderot. Seul Voltaire, et là est le secret de sa poi^ularité, s'attaque à des choses réelles. Il ne se contente pas d'écrire des phrases sur la liberté de conscience : il agit en faveur de Calas et de Sirven ; il lutte contre des abus déterminés, et il indique des remèdes.
Quoi qu'il en soit, leur idéal à tous, ce n'est plus l'amélioration de l'homme intérieur, c'est la marche vers le, progrès. «L'âge d'or que les ancréns ont placé si loin derrière nous, disent-ils, est devant. » Le progrès se réa-
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Et citte"r"eliSor au °" ,f f^^ contemporains, représentants si al?i L i^t nr^'P^I"^ des "parle talent n'est ni, « Hir î ^ P''"' caractère et que par un L'ouveLem'n, S dix-huitième siècle,
les apparences? soumettre, pour sauver
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les classes d riS"es N'.^^I^^^ l'«'-'"e»l noblesse provinciale et A n "'f ^"^"''^ ^« Pctité eu l'impiété et les manu-s d'u'^'E lit' A '"'"^r"
de famille, religieuse, Z^IZj^:^]^^^
TABLEAU GÉNÉRAL DU XVITI*^ SIÈCLE 557
lions et les croyances, est encore celle de la majorité des
Français. Mais cette majorité n'a m écrit m P«^l«
a fini par subir l'impulsion de l'élite intellectuelle et plu-
losopliique.
Rapports entre le seizième et le dix-huitième siècles -
Tous les historiens et tous les critiques ont signale des rapports entre le seizième et le dix-huitieme siècle. Un cou?ant de curiosité hardie et de Philosophie sceptique dont les sources jaillissent à la Renaissance, semble selon l'expression de Sainte-Beuve, se perdre sous tel re pendant le dix-septième siècle, pour reparaître d x-4mitième. La forte discipline religieuse et Pol^t'^-^^ '^u legne de Louis XIV retarde et dissimule un mouvement d idées ?acile d'ailleurs à suivre dans la société f-j-^du dixseptième siècle lui-même, et qui, à partir de 1715, reprend librement son cours.