III. — Buiroîl
Vie. — Né' au château de Montbard, près de Semur, Georges-Louis Leclerc de Buffon était fils d'un conseiller au Parlement de Bourgogne. Il fît, comme Bossuet, ses études çhez les Jésuites de Dijon, et y témoigna surtout j du goût pônr les mathématiques. En 1730, il entreprit de voyager avec un jeune Anglais qu'il avait connu à Dijon, j le duc de Kingston, dont le précepteur, Hinckmann, aimait 1 beaucoup l'histoire naturelle. Après avoir parcouru l'Ouest et le Midi de la France, il visita l'Italie, revint par la j Suisse et gagna l'Angleterre (1738). Il séjourna trois mois à Londres, dont il avait subi le charme particulier, comme , Voltaire et Montesquieu. Dès 1733, il avait été élu, à vingt- : six ans, membre adjoint de l'Académie des sciences. ' En 1735, il publia la traduction de la Statique des végétaux de Haies, et, en 1740, celle du Traité des fluxions de : Newton.
C'est alors que Buffon fut nommé directeur du Jardin • du Boi (Jardin des Plantes). Cette circonstance nous a | valu probablement V Histoire naturette, car Buffon n'aurait f pas trouvé ailleurs les documents elles échantillons dont il avait besoin. De plus, cette haute situation lui attirait des renseignements de toute espèce envoyés par des corres- ^ pondants de tous les pays ; il était comme le centre d'une vaste enquête scientifique, dont il tira le plus heureux profit.
Buffon partage dès lors son temps entre Paris et Mont- j bard. C'est à Montbard surtout qu'il travaille, non pas j en habit brodé et en manches de dentelles, comme une j sotte légende l'a si longtemps représenté, mais simplement vêtu, et en face de la nature. Dès 5 heures du ; matin, il est^lans son cabinet ; il n'en sort que pour se promener dans ses magnifiques jardins ou prendre ses repas en famille. Il aimait peu le monde. S'il fréquente^ : par intermittence quelques salons, il ne s'y plaisait pas'» et la morgue philosophique ne fut jamais de son goût. ; Les encyclopédistes lui en voulurent. D'Alembert le jugeait d'un mot ; il l'appelait : « le grand phrasier ». Marmontel trace de lui dans ses Mémoires un portrait plus que mal-