III. ~ André Chénier
Vie. — André-Marie Chénier était fils de Louis Chénier (d'abord employé dans une maison de commerce de Gonstantmople, puis consul de France au Maroc) et d'une Grecque, originaire de l'île de Chypre, Elisabeth Santi- Lomaca (i).
Né à Constantinople le 30 août 176^, André vint terminer ses études à Paris^ au collège de Navarre. Il fréquenta la société du temps, où on l'appelait M. de Saint-André, et fit beaucoup de vers dans le goût pl-us ou moi irs fade et mythologique du temps. En 1782, il ^lla, comme cadet au régiment d'Angoumois, tenir gai^nison à Strasbourg mais il démissionna six mois plus. tard. En 4783, il voyagea en Suisse et en Italie. Puis il revint à Paris, ou îl passa quelques années ; il y connut Écouchafd-Lebrùn, Beaumarchais, le peintre David, le chimiste Lavoisier, le poète tragique italien Alfîeri. Puis il dévint secrétaire à Fambassade de France, à Londres (1787-1790).
C'est pendant cette période (i783-i790) qu'André Chénier a composé, et le plus souvent ébauché, la plupart de ses poésies: élégies, bucoliques, idylles, poèmes didactiques. Mais il ne publia presque rien ; de son vivant ne paraîtront r,ue le Jeu de paume (dédié à David), et les Suisses de Châleauvieux. En effet, à partir de 1790, André Chénier est surtout journaliste. Il collabore au Journal de Pam. Il est co/2s///w//o/2/ie/. Partisan résolu de la Révolution, il voulait sauver la royauté et la personne du ^^oi (il a aidé Malesherbes à préparer la défense de Louis XVI). Devenu suspect, il dut quitter Paris au lendemain du 10 août 1792, et se réfugier à Rouen et au Havre, où il échappa aux massacres de septembre. Puis il vécut pendant quelques mois à Versailles. Il était en visite, à Pas-
(1) André Chénieravaittrois frères: Constantin-Xavier (i 1837) avocat, et consul ; Louis-Sauveur (f 1823), officier, eiiipHsonné sous la Terreur, et déhvré le 15 thermidor (il eut pour fils Gabriel de Chénier, qui donna la première édition complète des œuvres d'André) ; Marie-Josepu (i 1811), dont nous parlons plus loin. * '