‹ Histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 19 sur 281 · Gestes particulières. — Chansons n n cla^j^i^i^s · texte numérisé non relu

Gestes particulières. — Chansons n n cla^j^i^i^s

La Geste des Loherains, ou Lorrains, se compn o ae plusieurs poèmes dont le plus célèbre est Garin, — qui contient une scène très belle, lû mort de Bégon. — 'Péf>'V,i, lorrain, chasse le sanglier ; il est entraîné par la pourâ\iUb jusque sur les terres de son ennemi, le bordelais Fromonl. Les gardes-chasse et les serfs de Fromont tuent Bégon (I). De là une suite de représailles et de vengeances.

Raoul de Cambrai. — Ce Raoul est le type le plus accompli du féodal primitif, à la fois courageux, brutal, féroce ; et le poème tire sa beauté originale du développement logique et serré de ce caractère. Raoul, pour s'emparer du fief de Vermandois, dévaste le pays et brûle Tabbaye d'Origny. Puis il combat Ernaut de Douai, oncle de son écuyer Dernier. Ici, la situation est particulièrement dramatique et psychologique, parce qu'une sorte de cas de consciene agite et retient le malheureux Bernier : sa mère a été brûlée par Raoul au moutier d'Origny : son oncle Ernaut est blessé et poursuivi par Raoul ; — mais Raoul est son seigneur, et Bernier n'ose défendre Ernaut. Enfin, tous les défenseurs d'Ernaut ayant été taillés en pièces, et l'horrible poursuite reprenant de plus belle, Bernier se décide à tirer l'épée contre Raoul et le tue. Ce passage est une des plus belles descriptions de combat que nous ayons dans notre littérature : on y trouve autant de précision que d'enthousiasme (2).

Ami et Amile. — Ami, frappé de la lèpre, ne peut être guéri que s'il se baigne dans le sang des deux enfants d'Amile. Celuici n'hésite pas à donner cette preuve de dévouement et de reconnaissance à Ami, qui jadis lui a sauvé la vie. Ami est guéri; mais Dieu fait un miracle pour récompenser Amile, qui, rentrant dans la chambre oû il a égorgé ses enfants, les retrouve vivants et jouant sur leur lit avec une pomme d'or(3).

(1) Lire, dans les Récils exlrails des poêles et prosateurs du moyen âge, de G. Paris, la Morî de Bégon, p. 40.

(2) Lire, dans la Ctirestoniatliie, de G. Paris, le Combat de Raoul et d'Ernaut et la mort de Raoul, p. 37.

(3) Lire, dans la Chrestoniathie, de M. Clédat, Ami et Amile se retrouvant et se reconnaissant, p. 122.

LITTÉRATUr5E FÉODALE

Le cycle de la Croisade s'est formé larcUvcment, alors i'âge de la production épique était clos. Les clmn- Sk. de ce c^ '•de ne sont guère que de l'histoire chantée. Leur^sechere'sse prouve que la grandeur des événements ne St/vîfc.p^s à produire de la poésie, mais que la poésie est toute subjective et n'a qu'un moment. On peut citer la GhûP^on de Jérusalem ou (ÏAnlioche, et le Chevalier au .^jne. Toutes ces chansons furent remaniées au quatorzième siècle ('l).

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