I. — Les influences
Au commencement du dix-neuvième siècle, rhistoire se transforme et se renouvelle sous des influences diverses i
io La Révolution marque la fin d'un régime et d'une société, et donne à toute l'histoire antérieure le recul et la perspective. Cette violente rupture avec le passé a des causes lointaines ; elle est une conséquence et un point d'aboutissement. On sera tout naturellement amené à étudier et à critiquer les institutions politiques de la France monarchique. On ne tardera pas à s'apercevoir que les mœurs, tout autant que les lois, expliquent les faits, et que les mouvements qui se trahissent à la surface par des catastrophes soudaines et bruyantes, sont causés par les forces lentes et mystérieuses des masses profondes. Alors, on se portera de plus en plus vers la recherche et l'analyse des « dessous de l'histoire ». Peuple, bourgeoisie, vie municipale, vie privée, mémoires, lettres, documents financiers et administratifs, toute une poussière d' « infiniment petits » sera recueiUie et soumise à des « réactions critiques ». Car, encore une fois, il faut expliquer comment la Révolution a été possible. Et voilà pourquoi nous verrons certains historiens commencer par la politique libérale, et découvrir leurs théories historiques dans des arguments de polémique: tel Augustin Thierry ; et pourquoi d'autres passeront de l'histoire à la poUtique, ou les mèneront de front : telâ Guizot ".t Thiers.
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l'histoire au dix-neuvième siècle
particulières ou officielles, et des revues spéciales accueillent tous les travaux consacrés au moyen âge, à l'Orient, à l'antiquité, etc. (1).
3^ Une troisième influence se fait sentir sur l'histoire. Elle vient compléter et, dans une certaine mesure, contredire les deux précédentes. C'est le romantisme. Le romantisme, en tant qu'il est l'imagination créatrice, la recherche et la divination de la couleur locale, vient au secours de l'érudition et vivifie la critique. Chateaubriand, Mme de Staël, W. Scott ont sur de Barante, A. Thierry, Michelet et Thiers lui-même, une influence profonde et utile. Mais le romantisme est aussi fantaisie artistique et utopie sociale ; il tourne au romanesque et à la déclamation. Sous ce rapport, son influence, très puissante, a gâté certains historiens. Et tandis, par exemple, qu'un Augustin Thierry se dégage de plus en plus des défauts du romantisme, pour n'en conserver que les qualités, un Michelet et un Quinet perdent de plus en plus le sens du réel, pour s'enivrer de leur exaltation.