‹ Histoire de la littérature française (volume 3)Chapitre 186 sur 294 · LAMARTINE · texte numérisé non relu

LAMARTINE

(D’après le portrait par Decaisne, 1839).

C'est le portrait de l’homme de cinquante ans, parvenu au tournant de sa carrière. Il vient de publier dans l'indifférence du public un de ses plus beaux recueils, les Recueillements qui indiquent le changement de ses opinions et sont comme l’adieu du poète à la poésie ; el maintenant il écoute dans le vent Ia voix qui lui promet un grand rôle politique, par des jésuites : il y fit de bonnes études littéraires et y lia de précieuses amitiés. Mais c’est surtout au sortir du collège qu'il se forma par d’abondantes lectures. Un voyage à Naples en 1811, l’initia aux douceurs du ciel

d'Italie, contrastant avec l’aridité de son Milly natal. En 1814, ii entra au service dans les gardes du corps, et-le quitta après les Cent-Jours. Cependant, incertain de son avenir, malade, oisif et ennuyé, il traverse des années de rêverie ardente, qui rappellent celles de Chateaubriand à Combourg, période douloureuse et fé conde où s’élabore son génie. La rencontre, à Aix, de celle qu'il devait immortaliser sous le nom d'Elvire, l1 douleur de sa perte, font jaillir les sources de poésie qui étaient en lui. En 1820, le 13 mars, paraissent les Méditations. Le succès de ce mince volume contenant seulement vingt- -quatre pièces fut immédiat et immense. C’est, à vrai dire, la date de naissance de la moderne poésie française.

Attaché d'ambassade à Naples, puis secrétaire d’ambassade à Florence, Lamartine, diplomate, va connaître les dix années les plus riantes de sa vie. Deux vers de son Pèlerinage de Childe-Harold :

Je viens chercher, pardonne ombre romaine !

Des hommes el non pas de la poussière humaine ;

lui valent un duel avec le colonel Pepe, d’où il se tira galamiment en se faisant blesser par son adversaire et qui ne nuisit pas à sa popularité. Un charmant mariage lui vaut l’heureuse paix de l'âme dont on trouve le reflet dans les Nouvelles Méditalions (1823) et dans les Harmonies (1830) 1. Reçu à l’Académie française en 1830, il partit, deux années après, pour visiter la Grèce, ja Syrie, la Palestine, triste voyage où il eut la douleur de perdre sa fille Julia, et qui ne lui apporta pas les émotions qu'il y allait chercher, mais d’où il revint avec la conviction d’avoir, comme le lui avait prédit - Esther Stanhope, un grand rôle à jouer.

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