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Voici la liste des principales œuvres de Lamartine

Méditalions poétiques (1820) ; — Nouvelles médilations (1823) ; — Le Chant du Sucre (1825) ; — Harmonies (1830); — Voyage en Orient (1835); — Jocelyn (1830) à — Lu Chute d'un ange (1838) ; — Recueillements poétiques (1839); — Histoire des Girondins (1847) ; — Confidences (1849) ; — Raphaël (1849); — Toussuint-Louverture (1850); — Nouvelles Confidences (1851); — Geneviève (1851) ; — Le tailleur de pierres de Suint-Point (ISSL); — Graziella (ASG2) ; — Histoire de la Restauration (AS51- 1865); — Cours J'umilier de lilléruture (1856-1869).

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À vrai dire, depuis la révolution de 1830, qui lui

avait causé un fort ébranlement moral, les idées politiques germaient dans sa tête, le goût de l’action s’éveillait en lui. Il avait appris en Orient son élection de député pour la ville de Bergues (Nord). Il ne renonce pas encore à la poésie. Il publie Jocelyn en 1836, la Chute d'un Ange en 1838, les Recueillements en 1839. Mais de plus en plus il est absorbé par la vie parlementaire, où son éloquence très noble et son don d’improvisation lui valent des succès dont il s’enivre. Poète, l’idéal démocratique, humanitaire, pacifiste, l’a séduit. Il écrit dans la Marseillaise de la paix (1841) :

Nations, mot pompeux pour dire barbarie Je suis concitoyen de loute âme qui pense;

el continue par l’apostrophe enthousiaste Vivent les nobles fils de la grave Allemagne !.…

Et dans son fameux discours sur les chemins de fer, qu'on à qualifié de prophétique, il ne craint pas de se

porter garant que leur développement amènera « la fin.

de la guerre dans le monde, la communauté des idées et des langues ».:Passé définitivement à l’opposition, il publia en 1847 son Histoire des Girondins dont le retentissement fut énorme et qui, en réconciliant les esprils avec les souvenirs, jusqu'alors détestés, de la Révolution, contribua puissamment à la chute de la monarchie de Juillet. Nommé membre du gouvernement provisoire, le 24 février 1848, il eut le courage de tenir tête à l’émeute, et, le 25 février, du haut des marches de l'Hôtel: de Ville, il repoussait le drapeau rouge par cette improvisation enflammée : « Je repousserai jusqu'à la mort ce drapeau de sang... Le drapeau rouge... n’a jamais fait que le tour du Champ de Mars, traîné dans le sang du peuple, en 91 et 93, et le

drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom,

la gloire et la liberté de la patrie. »

Mais sa popularité devait être éphémère. Il renira

Jar

dans la vie privée après les événements de 1851. Sa vicillesse fut triste, pressée de besoins d'argent. Ruiné par son imprudente générosité et par des opérations ialheureuses où son goût pour la terre entraînait ce paysan bourguignon, il dut se consacrer à des travaux de librairie indignes de son génie. Il est mort le 28 février 1869.

Nature aristocratique, chez qui on sent toujours la race, ce qui caractérise Lamartine, c’est la noblesse dont ses sentiments et ses actes sont empreints aussi bien que son œuvre. Poète, il n’a chanté que les plus pures émotions du cœur ; homme politique, l’ardeur de ses convictions n’a eu d’égale que leur sincérité, et c'est son oplimisme naturel qui l’a mené droit à l'utopie. Aussi bien, on se trompe quand on se représente l’homme qu'il a été, sous les traits affadis d’un rêveur mélancolique : comme l’a justement remarqué Jules Lemaïitre, contemplant le profil d’aigle du poète vieilli, le « grand diable de Bourgogne » qui devait un jour renverser un trône était fait pour l’action.

Le génie de Lamartine ap- Des « Méditations » paraît tout formé dans les aux Méditalions. On serait lenté « Recueillements ». de croire à un soudain et magnifique jaillissement. En fait, depuis la sertie du collège, Lamartine n'avait cessé d'écrire en vers, d’abord à la manière de Vollaire et de Parny, puis sous l'influence de Chênedollé et de Fontanes : même il avait composé et brûlé quatre livres d’élégies. Toutefois l’immédiat et universel succès qui accueillit les premières Médilations, est très significatif : il nous montre qu’elles répondaient à l’attente générale, en réalisant le genre de poésie qui se préparait depuis les premières années du siècle. Cette poésie attendue, désirée, est ‘celle qui trouvait son expression géniale dans quelques-unes des pièces du précieux petit livre l'Isolement, le Soir, le Vallon, le Lac, le Chrélien mourant, l’Automne.

La première, l'Isolement, est vraiment la préface du recueil, dont elle reflète l'atmosphère et donne la teinte vénérale. C’est d’abord le paysage propre à la rêverie mélancolique

Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne, Au coucher du soleil, tristement je m'assieds.

Je promène au hasard mes regards sur la plaine Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds...

LA MAISON DE MILLY (D'après une aquarelle du marquis de Courval).

La rustique demeure, presque de paysan, où se passa l’enfance de Lamartine dans l’atmosphère de tendresse familiale et de nature dont s’imprégna pour toujours sa se"sihilité de poète.

Puis l’état de l’âme du poète devenu indifférent à toutes choses

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente N’éprouve devant eux ni charme ni transports... Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières, Vains objets dont pour moi le charme est envolé ? Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,

Un seul être vous manque el tout est dépeuplé….

Une dernière partie est comme un coup d'’aile de l’âme qui se redresse et aspire à l’infini :

Que ne puis-je, porté sur le char de lAurore, Vague objet de mes vœux, m’élancer jusqu’à toi ? Sur la terre d’exil pourquoi resté-je encore ? I n’est rien de commun entre la terre et moi.

Dans cette chaude pénombre, on peut suivre, à sa ligne imprécise, à son contour voilé, un roman d'amour, Le poète a rencontré une jeune femme à qui il a voué un amour idéal et passionné (Invocation, Le Temple). Une année à peine écoulée, il revient seul aux lieux témoins de leur félicité d'antan (Le Lac), Désespéré, devenu indifférent aux choses de la terre, il aspire aux joies qui ne trompent pas et tourne ses regards vers le ciel (Le Vallon, L'Isolement). Ainsi Lamartine réintégrait dans la poésie française les grands thèmes du lyrisme : l'amour sous sa forme la plus éthérée, la mort qui plane sur nos joies, le sentiment de la nature et celui de l'infini, — enveloppés du voile de la tristesse où se complaisaient alors les âmes.

Les Nouvelles Méditations (1823) ne soulevèrent pas le même enthousiasme que les premières, Lamartine explique cette froideur relative par ce fait que ce second recueil était le second et. ne pouvait donc plus bénéficier de l’effet de surprise. La véritable raison était tout autre. En réalité, le public fut déconcerté : il avait communié avec la mélancolie des Méditalions ; il ne retrouvait pas le même accent dans les Nouvelles Méditations. Certes la note élégiaque y reparaît dans l’admirable Crucifix. Mais ce n’est plus elle qui domine. Les souvenirs d'un amour brisé par la mort cèdent la place aux joies d’un nouvel amour. Le poète s’est marié. Il connaît près de sa jeune femme, sous le ciel d'Italie dont il subit l’enchantement, un bonheur qui lui fait bénir la vie. Et comme l'amour en deuil avait évoqué un décor de brumes et de vapeurs, l'amour heureux s’entoure d'une tiède et lumineuse atmosphère (Ischia, Chant d'amour). — Nous en jugeons aujourd'hui autrement que les contemporains. Aux pièces déjà citées joignez les Préludes avec leurs délicieux souvenirs d'enfance et l’âpre réquisitoire contre

Bonaparte : par l'ampleur, la variété, là inaitrise de la forme, les Nouvelles Méditations sont très différentes mais très dignes des premières.

Les Harmonies poétiques et religieuses (1830) sont nées dans la même heureuse atmosphère. La source de poésie que Lamartine devait à sa première éducation a jailli dans le calme de son âme apaisée : c’est un chris-tianisme fait d'émotion et d'amour. Commentaire du Cœli enarrant gloriam Dei, c'est la poésie du christianisme selon Chateaubriand s’épanchant en larges nappes, en une sorte de flot continu. Peut-être une foi plus tourmentée éveillerait-elle aujourd’hui plus d’échos dans nos cœurs ; il reste que les Harmonies sont notre seul recueil Iyrique de pure inspiration religieuse.

Lamartine ne reviendra plus à la poésie lyrique que dans les Recueillements (1839) qui, au lendemain de l'échec de la Chute d'un ange, passèrent inaperçus. L'inspiration du poète s’y ressent de l'évolution qui s’est faite dans l'esprit de l’homme. Mêlé à la vie politique, Lamartine renonce à faire de ses tristesses ou de ses joies la trame de ses vers, et s'oriente vers une poésie plus impersonnelle.

Bornons-nous à rappeler la Mort de Socrate (1823) où Lamartine paie sa dette d'admiration à son maître Platon et le Dernier pèlerinage d'Harold (1825), écrit sous l'influence de Lord Byron. Ce qu'il importe de savoir, c’est que Lamartine avait conçu, dès son premier séjour en Italie, le plan d'une vaste épopée, qui aurait été l’histoire poétique de l'âme humaine à travers les siècles. Dans ce vaste plan, destiné à n'être jamais réalisé en son ensemble, s’inscrivent deux poèmes : Jocelyn et la Chute d'un ange.

Jocelyn (1836) est une ïidylle épique inspirée à. Lamartine par une aventure romanesque dont l'abbé Dumont passe pour avoir été le héros pendant la Révolution. La première partie en est un hymne d’amour, à vrai dire un peu trouble, dans le paysage alpestre

« Jocelyn »

«La Chute d’un ange ».

El n

admirablement décrit par Lamartine. La deuxième partie est un essai de poésie domestique et familière, évoquant le type et la mission du curé de campagne. À signaler notamment le Prologue d’une simplicité si émouvante, les funérailles de Laurence où Lamartine se souvient de celles de sa propre mère, et surtout l’admirable épisode des Laboureurs, qui magnifie la loi du travail, en vers d’une majesté égale au sujet.

La Chute d’un ange (1838) est elle aussi une idylle, mais antédiluvienne. Cédar qui est un ange, s'éprend de Daidha qui est une mortelle. Une première partie nous montre ce couple primitif menant la vie pastorale sur les bords de l’Oronte. La seconde nous transporte chez les Titans, hôtes monstrueux et cruels de la fantastique cité de Babel. L’insuccès fut complet et l'échec retentissant. L'auteur fut le premier à confesser son erreur : le sujet ne convenait pas à son génie, impuissant à peindre le mal. Toutefois il faut sauver du naufrage la Huitième vision qui contient le Livre primitif, que nous admirons comme génial essai de poésie philosophique, non sans noter ce qu’a d’hybride ce mélange du sentiment chrétien avec l’humanitarisme du xvin® siècle. Ajoutons que le poète inaugurait une versification moins flottante, plus précise, qui devait plus lard lui valoir les éloges des Parnassiens, et que la Chute d’un ange a mis Victor Hugo sur la route de la Légende des siècles.

Comme Chateaubriand

avait publié ses notes de

Les œuvres en prose. voyage dans l’Itinéraire, Lamartine au retour du

triste voyage d’où il rame-

nait sa fille morte, publia son Voyage en Orient (1835). Mais désormais la politique l’absorbe de plus én plus. De poète devenu orateur, il est un des maîtres de l’éloquence à forme littéraire. Dans ses discours, dont quelques-uns sont fameux, et qui peuvent aujourd’hui se relire, il a la période qui se déroule avec ampleur, un jaillissement d’images superbes, des trouvailles de

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formules saisissantes : « La France s'ennuie », « Île Parti des bornes ».

C'est par l'éloquence qu'il a été amené à l’histoire, Son Histoire des Girondins (1847) n’est qu'une continualion de son action oratoire. Joignez le lyrisme de l'historien-poète qui tour à tour se mire dans Mirabeau

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