‹ Histoire de la littérature française (volume 3)Chapitre 204 sur 294 · L . . A SL · texte numérisé non relu

L . . A SL

ct qui semble parfois une transposition caricaturale de

la comédie bourgeoise d'Emile Augier.

Deux écrivains de beaucoup d'esprit, Meilhac (1832- 1897) et Halévy (1834-1908) ont commencé par la parodie, La Belle Hélène (1865), et l’opérette, La Grande

Duchesse de (Gerolstein (1867), Les Brigands (1870),

et ils y ont réalisé un savoureux mélange de bouffonnerie énorme, de fine observation et de satire,

790 LE XIXe SIÈCLE.

Ce sont ces mêmes éléments dont ils ont composé un genre nouveau, appelé à une brillante fortune : la « comédie de genre parisien ». Spirituelle et ironique, cette comédie vit de la satire indulgente et amusée des travers, des modes, des manies dont est faite, À la date

HENRY MEILHAC (D'après l’eau-forte de Paul Rajon).

Celui qui apporta ses dons d’invéntion jaillissants el de verve un peu tumultueuse dans une collaboration si étroite que de deux noms on tira ce seul Verbe: meilhachalévyser.

du jour, notre vie parisienne. Superficielle et nonchalante, elle se moque des règles du théâtre et fait bon marché de la vraisemblance. Elle ne s’astreint presque pas à suivre une intrigue. Il lui suffit de faire mouvoir devant nous des fantoches en qui s'incarnent les ridicules du mornent, de juxtaposer des scènes qui amusent

LE HÉATRE. 791

par la fantaisie et parfois émeuvent par une sensibilité à fleur de peau, cela à travers un dialogue du tour d'’es-

Cliché Bulloz

EDOUARD PAILLERON (D'après le portrait de John Sargent).

L’heureux auteur du Monde où l’on s'ennuie, qui, en raïllant la frivolité des salons liltéraires et les engouements féminins, a rencontré la tendance traditionnelle de l’esprit français et son goût dé toujours pour la simplicilé et 16 naturel.

prit le plus actuel : La Pelile Marquise (1874), La Cigale (1877), etc.

Edouard Pailleron (1834-1888) a donné dans {e Monde où l’on s'ennuie (1881), une satire des salons Httéraires qui a réjoui le spectateur français toujours prêt à s'égayer de toutes Tes forniés de Ia préciosité.

792 LE XIXe SIÈCLE.

RÉSUMÉ

281. C’est au théâtre.que se livre la grande bataille romantique. Dans la « Préface de Cromwell » (1827), Victor Hugo donne la théorie du drame, caractérisé par le mélange des genres, la suppression des trois unités et l’emploi de la couleur locale.

282. Entre la batailie de « Hernani » (1830) et l'échec de; « Burgraves » (1843) Victor Hugo fait représenter des drames en prose qui ne sont que des mélodrames, et des drames en vers qui valent par la beauté de la forme.

283. Alfred de Vigny, dans « Chatterton » (1835) porte à la scène l’idée romantique de l'isolement du poèle et donne un drame qui a la rapidité d’une tragédie en prose.

284. Alfred de Musset, dont le drame de «Lorenzaccio » (1834) est le seul qu’on puisse qualifier de shakespearien, a donné dans ses « Comédies et Proverbes » (1833-1836), menus chefs-d'œuvre où la fantaisie se mêle à la vérité humaine, un des plus purs joyaux de notre théâtre.

285. C’est dans la seconde partie du xix° siècle que s'est constitué le genre de la moderne comédie de mœurs. Procédant du roman de Balzac pour l'étude des mœurs, et de la comédie de Scribe pour l'intrigue, elle met à la scène les questions relatives à la condition sociale, à l’argent, à la famille.

286. C’est Alexandre Dumas fils (1824-1896) qui en a été Vlinitiateur. Observateur pénétrant et moraliste aventureux, il s’est servi des moyens du théâtre pour exprimer des idées généreuses et hardies sous une

forme souvent paradoxale, éclatante de verve et d’esprit.

287. Émile Augier (1820-1889), homme de bon sens, écrivain bourgeois, renoue la tradition de notre comédie classique.

288. Victorien Sardou (1831-1908) aborde tous les genres, comédie de mœurs, drame historique, comédie historique, et doit son succès à sa merveilleuse entente de la scène.

289. Labiche (1815-1888) élève le genre du vaudeville en y mêlant certains traits d’observation et donne un théâtre de ia gaieté la plus saine.

290. Meïlhac (1831-1897) et Halévy (1834-1908) après lavoir débuté par la parodie et l’opérette, créent le genre fantaisiste et léger de la comédie parisienne qui note avec une complaisance amusée les travers et les ridicules de la vie de Paris.

291. Edouard Pailleron (1834-1899) a raillé dans le « Monde où l’on s’ennuie » (1881), la préciosité des salons littéraires.

LECTURES RECOMMANDÉES

Th. Gautier, Cours de littérature dramalique. Histoire du romantisme. — Brunetière, Les époques du théâtre français. — Jules Lemaitre, Impressions de théâtre. — Fr. Sarcey, Quarante ans de théâtre. — E. Faguet, Propos de théâtre. — R. Doumic, De Scribe à Ibsen. Portraits d'écrivains. Essais sur le théâtre contemporain. — Parigot, Le drame d'Alexandre Dumas. — Le Breton, Le théâtre romantique.

TEXTES A CONSULTER

Victor Hugo (Ed. ne varietur). À. de Musset (Ed. Jouaust avec préface de J. Lemaitre), Alexandre Dumas père, A. Dumas fils, Emile Augier, Labiche, Meilhac et Halévy, Pailleron (Calmann Lévy). — Victorien Sardou, pièces séparées (Calmann Lévy) théâtre complet (Albin Michel).

on

Page 1