VIII. — FUSTEL DE COULANGES
La vie de Fustel de Cou-
: F langes (1830-1889), de même
Sa vie. L'étude des que celle de Taine, appartextes. tient tout entière à la science.
Il professa l’histoire à la Fa-
culté de Strasbourg et à la Sorbonne, et fut directeur
de l'Ecole normale. Son œuvre tient dans deux ouvrages
essentiels : la Cité antique (1864), l’essai d'explication le plus complet et le plus solide des sociétés anti ques, et l'Histoire des institutions poliliques de l'ancienne France (1875-1889) qui fut l'œuvre capitale de sa vie et qu'il n’eut pas le temps d'achever.
Etudier directement et uniquement les textes dans le plus minutieux détail, ne tenir pour vrai que ce qui est établi par eux, écarter de l'étude du passé les idées modernes qu'on est tenté d'y transporter indüment, tels sont les points essentiels de sa méthode. Pour lui, l’enquête historique se réduit donc à l’analyse des textes.
Quelle conception Fustel de Coulanges se fait-il de l'histoire ? D'après lui, deux lois dominent toute l’histoire de l'humanité : la première est celle de sa continuité, la seconde celle de ses lentes transformations. Les sciences historiques doivent donc à la fois retrouver ce qui à été, et dans ce qui à élé découvrir les germes de ce qui devait être. Elle est la science des origines, des enchaînements, des transforrations, du « devenir ».
Les deux lois de l’histoire.
Pour Fustel de Coulanges l’histoire est une mé-
canique universelle, où vienrent se perdre les influences personnelles du génie et des passions, les accidents du hasard, Lui-même a appliqué cette méthode en étudiant les deux grandes révolutions qui ont préparé le monde moderne : la transformation des croyances antiques, la genèse de la société féodale. I] croyait que l’histoire enferme une philosophie et que celte philosophie est nécessaire à l’action. «Elle ne dira pas sans doute ce qu'il faut faire, mais elle aidera peut-être à le trouver. »
Fustel de Coulanges ne pense pas que l’histoire soit autre chose qu’une science exacte ; aussi n’a-t-il cherché dans le style d’autre qualité que « le mérite de bien écrire ». Entendez par là qu'il rejette tout ce qui est
vame parure el ornement. Son style vaut par les qualités classiques : concision, sobriété, Simplicité.
Archives photographiques
FUSTEL DE CGOULANGES (D’après le buste de Legrand 1906).
L’historien qui a poussé au plus haut degré la probité du savant, Tandis que dans la vie courante les scrupules d’une conscience toujours en éveil, lui donnaient une attitude de limidité hfsitante, nul ne fut dans l’ordre de la pensée plus déterminé et plus hardi. De son enseignement est sortie une école qui prend son principe dans l'interprétation rigoureuse des textes.
Nombreux sont, dans cette