‹ Histoire de la littérature française (volume 3)Chapitre 233 sur 294 · CHAPITRE XLU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLU

LE ROMAN La réaction contre le Naturalisme, — Le Roman d'analyse : Paul Bourget. — Le Roman d’idées : Anatole France, Maurice Barrès. — Les héritiers du Naturalisme. — La peinture de la sociélé contemporaine. — La peinture de la vie provinciale. — Le Roman exotique : Pierre Loti. — Le Roman historique. — Le Roman lyrique. — L'humour dans le roman.

Le roman dans la dernière partie du xix° siècle, ne cesse d'augmenter sa diffusion et, par un mouvewent parallèle, d'accroître ses prétentions ; il s'adresse à un public de plus en plus étendu, et il tend à absorber cu [ui presque tous les autres genres.

À époque même où le courant réaliste semble tout puissant, le romantisme se survit dans l’œuvre de Barbey d’Aurevilly (1808-1889), écrivain normand à prétentions de gentilhomme, qui fait figure de dandy et se répand en sarcasmes amers sur la société et la littérature de son temps. A l’observalion « d’une époque sans grandeur » il oppose en des romans d’une outrance voulue, la peinture d’âmes ravagées par de violentes passions (le Chevalier des Touches, 1864 ; les Diaboliques, 1874). — Les contes et les drames philosophiques de Villiers de l’Isle-Adam (1838-1889), où la pensée arrive rarement à percer la brume des rêves (Contes cruels, 1883 ; Axel, 1890), maintiennent, en face des succès de Maupassant, les droits d'un art attentif à pénétrer les mystères de l'âme.

Mais, c'est surtout aux environs de 1885 que se des-

La réaction contre le Naturalisme.

sine avec nellelé un mouvement de réaction contre l’étroitesse et la vulgarité des conceptions naturalistes. La lutte est menée par F. Brunetière dans son livre vigoureux et courageux sur Le Roman naturaliste.

Page 1