‹ Histoire de la littérature française (volume 3)Chapitre 240 sur 294 · EUGÈNE BRIEUX · texte numérisé non relu

EUGÈNE BRIEUX

Le contentement que respire célle figure n’est aucunément celui de la vanité satisfaite, mais celui d’une nature généreuse et d’une conscience Sûre d’elle-même. En portant authéâtrela discussion des problèmes actuels, l’auteur de Blanchette et de La Robe rouge a eu

pour but de dénoncer certaines injustices sociales afin de diminuer la part du mal dans le monde.

C'est du théâtre d'Emile Augier que procède celui de Brieux (1856-1932). Venu du journalisme à la scène; Bricux y transporte l'ambition sinon de diriger l’opinion, du moins de l'éveiller et de signaler à son attention tes lacunes ou les erreurs de l'état de société où nous vivons.

La comédie à tendances sociales, tel est le genre auquel il s’est consacré. Chaque pièce de ce dramaturge aux convictions ardentes, qui écrit comme il pense, avec sincérité et franchise, sans raffiner, s'attaque à une forme de l'hypocrisie sociale : Blanchette (1892), le Berceau (1899), la Robe rouge (1900), les Remplaçantes (1901). Une grande générosité d’intentions, une sorte de passion du bien, fait à ce théâtre sa noble atmosphère. Le dialogue sans apprêt, qui met les personnages aux prises. frappe par son allure directe. Brieux ne prétend pas apporter ia Solution aux problèmes que posent ses pièces : il se borne à montrer cominent ils se posent, avec une impartialité qui en souligne tour à tour les divers aspects.

Ce n’est pas seulement aux questions sociales. du moment que s'attaque François de Curel (1854-1928), mais à des problèmes d'ordre général intéressant la marche de lhuinanité. Celui-ci est une des figures les plus curieusés de la littérature centemporaine. Misanthrope au rire sarcastique, qui vit dans la solitude de sa forêt lorraine et dans la familiarité de ses hôtes sauvages, il se donne, par une survivance du préjugé aristocratique, pour un chasseur de profession qui ne voit dans la littérature qu'une distraction et un amusement. Son originalité réside dans le concours de deux traits, qui forment contrastée : d’une part il se rattache au romantisme par le tour lyrique d’une imagination souvent débordante ; d’autre part il est obsédé par les lueurs que les plus récentes découvertes de diverses sciences projettent dans les ténèbies de notre nature.

Dans l’Envers d'une Sainte (1892), il pénètre jusqu’au fond d’une âme à qui a manqué ce contact du monde qui atténue les rancunes et amortit les haines. Dans les Fossiles (1892), il montre le souci nobiliaire de la perpétuité de la race poussé jusqu’à la monstruosité. Le Repas du Lion (1897) oppose l'aristocratie que symbolise la forêt fière de ses cimes hautaines et la démocratie que figurent les vagues de la mer. La Nouvelle idole (1899) nous fait assister à un nouveau fanatisme,

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celui de la science, La Fille sauvage (1902) présente un audacieux raccourci de l’histoire de la civilisation. Dans toutes ces pièces et dans celles qui ont suivi

Cliché Manuel frères.

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