‹ Histoire de la littérature française (volume 3)Chapitre 241 sur 294 · FRANÇOIS DE CUREL · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE CUREL

lien de l’homme de lettres chez cet arislocrale qui compose

dans la solitude de ses bois, des drames d’une Superbe sauvagerie.

Le]

jusqu'à l’Ame en folie (1925), François de Curel, pas plus que Brieux, ne se hasarde à conclure. 1] lui suffit de donner à penser. Ecrivain de théâtre avant tout,

St méditation prend une forme dramatique caractérisée

par une sorte d’emportement qui lui est propre. La langue qu'il fait parler à ses personnages, savoureuse et drue, jamais médiocre, a des brusqueries qui déconcertent et des trouvailles qui illuminent le dialogue. Sur la trame se détachent des morceaux d’une superbe allure, et surtout des images qui se développent en de larges comparaisons et attestent chez ce dramaturge-né un don poétique.

Peindre les mœurs d’un lemps a toujours été el res- La Comédie de mœurs. tera toujours l’objet de la haute comédie. Aussi la comédie d'observation et de satire n’a-{-elle jamais dit son dernier mot.

Henri Lavedan a commencé par présenter en des pièces de l'esprit le plus mordant, une satire des oisifs, habitués de la vie de plaisir. Puis, étudiant le conflit des classes dans la société moderne, il donne, dans le Prince d'Aurec (1894), une réplique au Gendre de M. Poirier. I s'élève enfin jusqu'à la comédie de caractère avec le Marquis de Priola (1902). Cette comédie est celle du Don Juan moderne, tel qu’on peut le rencontrer dans notre société ; le Duel (1905) et Servir (1913) offrent, en des sujets plus sévères, un pathétique plein de noblesse.

Une philosophie indulgente et narquoise inspire les légers croquis dessinés par Alfred Capus (1858-1922) dans la Veine (1901) : les Deux Ecoles (1902) ; Notre Jeunesse (1904) ; l’Aventurier (1910). Des personnages qui ne recherchent dans la vie que le plaisir et l’argent, se tirent comme ils peuvent de situations scabreuses : leur devise, restée fameuse, est que « toul s'arrange » — à vrai dire, bien ou mal.

Une jolie gaîté émane des comédies légères et fines de Robert de Flers (1872-1927) et Gaston de Caillavel (1869-1915). Un dialogue spirituel el aisé, des caractères esquissés d’un trait rapide, une philosophie souriante qui n'exclut pas l'émotion à fleur de peau, font li

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séduction de ces pièces éminemment parisiennes, le Roi,.en collaboration avec Emmanuel Arène (1908) ; le Bois sacré (1910) ; l'Habit vert (1913), qui rappellent le théâtre de Meilhac et Halévy.

C'est par la vigueur d’un art brutal que vaut le théâtre d'Henry Bernstein. Le litre d’une de ses pièces, la Rafale (1905), pourrait servir à les caractériser toutes. Un coup de vent inattendu bouleverse une deslinée jusqu'alors solidement assise ; sous sa violence,

Cliché I, Manuel.

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